lundi 22 janvier 2007
A Mr Lansana Conté
Président de République de Guinée
Et Commandant En Chèf des Forces Armées de Guinée
Monsieur le président,
Mes convictions et engagements politiques, ma participation assidue aux initiatives pour le respect de la Démocratie et des droits de l'homme, et la protection des militants de cette cause, me conduisent aujourd'hui en ce moment très pénible que traverse notre Guinée, à vous écrire cette lettre dans le cadre du respect de la Démocratie et la justice dans notre pays.
Monsieur le Président, les syndicats depuis douze jours soutenus par CNOSCG et votre peuple, vous demandent de rendre le pouvoir. Quel souvenir voulez-vous que votre peuple garde de vous?
Ne voulez-vous écouter le cri de votre peuple? Et depuis 1984, quel est votre rôle, ou si je me fais comprendre, qu’est-ce que vous avez fait pour la Démocratisation de notre chère Guinée?
Je pense que le peuple vous l'explique depuis le 10 Janvier 2007.
Aujourd'hui Monsieur le Président, le peuple de Guinée manifeste, cri son mécontentement envers vous, cela s'explique par la grève générale en vigueur depuis le 10 janvier et qui prend un tour de plus en plus violent dans le pays.
Depuis le début du mouvement, nous avons perdu des vies humaines, dix personnes ont trouvé la mort dans des violences et les manifestants réclament désormais ouvertement votre départ de la présidence de la République. Les guinéens vous jugent incapable de gouverner ce pays et déclarent que vous êtes le responsable N°1 de la corruption et de la misère qui rongent le pays.
Malgré nos richesses minières (bauxite, or, diamant, fer,…), la Guinée traverse une grave crise économique et sociale.
Le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 30 % entre 1998 à 2003. En 2006, la Guinée a été classée au 160e rang du développement humain (sur 177). Et cela se démontre car les Guinéens n'arrivent plus à payer de quoi se nourrir.
Monsieur, au moment où je vous écris cette lettre, la vie économique est complètement paralysée par la grève. L'industrie minière, qui rapporte 10 millions de dollars par mois, est à l'arrêt. La production de la plus grande mine de bauxite du pays est interrompue. Les denrées alimentaires de base manquent car tous les marchés du pays restent fermés. Et surtout l'insécurité gagne le terrain.
Mais le plus grave monsieur le président, vous qui dévriez proteger le peuple, reste le prémier a prendre les armes contre lui. Monsieur le Commandant des Forces Armées de guinée, votre armée a toujours ouvert le feu sur les manifestants, tuant plusieurs personnes et faisant des blessés.
Au cours des cinq derniers jours, une femme a été abattue à bout portant dans la capitale et son enfant grièvement blessé a été transporté au CHU- Ignace Deen. Le 17 janvier 2007, une autre femme, Mme Kadiatou CAMARA, a été tuée par des agents armés de la police nationale lors de la manifestation dans la commune de Kaloum. Un jeune homme de 17 ans a été tué par la police dans la localité de Labé, sans oublier les 3 personnes qui ont péri le 20 janvier à Kissidougou. Un autre jeune homme a aussi été tué par balles par les forces de sécurité dans le quartier de Simdaya dans la commune de Ratona.
Monsieur le président, vous êtes aujourd'hui âgé de 72 ans, affaibli par la maladie, vous n'avez jamais été en mesure de diriger la Guinée. Pour que le pays vit une paix durable après votre départ, la solution se trouve dans vos mains. Alors, je vous pries Monsieur le président de faire preuve de courage politique bien que vous vous déclarez souvent étant non politique mais entouré des politiques, d'écouter le cri de votre pauvre population qui n'arrive plus à supporter la souffrance, la faim, la misère que vous leurs avez imposées par la force.
Je vous pries de bien vouloir réfléchir et rendre le pouvoir au peuple de Guinée pour mettre fin à cette vie de misère, de crise politique et économique.
Allemagne, le 22 Janvier 2007
Par Mr Mamadou Bobo Barry
Chef de la rédaction Ecrg/ Allemagne
"Espoir pour le Changement en République de Guinée"
Email: dr_ecrg@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com