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    L’assaut Final : Première Partie : La tactique de la terre piétinée

     lundi 22 janvier 2007   

    Nous marchons sur la terre matin et soir, jour et nuit. Nous la creusons pour en sortir ou pour y planter toutes sortes de choses servant à notre subsistance. Bien plus, nous médisons d’elle : quand quelqu’un est sale, nous disons qu’il est sale comme la terre. Au fil du temps, cependant, la terre finit par avoir raison de nous. Calmement, elle finit par engloutir tout ce qui est sur elle. Quand nos jours s’épuisent, elle nous réclame et fait de nous ce qu’elle veut. Oui ! Elle finit par triompher de tous.

    Mais qu’a donc la terre pour avoir le dernier mot ? Sa tactique se résume en un mot : la patience.

    C’est exactement la même tactique qu’ont adoptée les leaders syndicaux et le peuple du Neiguë, un royaume insulaire dans le nord l’océan pacifique, pour aboutir à leur objectif. Car enfin, ils sont bel et bien sur le point d’aboutir, depuis qu’ils sont assis par terre, patients comme la terre, autour des locaux de l’Assemblée Populaire, exigeant des dirigeants la solution définitive au problème qui a gangrené tous les secteurs vitaux du royaume.

    Le président de l’AP lisait la lettre des syndicats quand il fut informé de ce qui se passait :

    « Monsieur le Président, qu’est ce qu’il faut faire ? lui dit le premier garde du corps.

    — Que faire à propos de quoi ? répondit il nerveusement.
    — Vous n’avez donc pas remarqué la foule autour de nous ? »

    En effet, contrairement au passé, les préparatifs de cette opération avaient été gardés secrets. Il n’y a eu aucun écrit là-dessus. L’information a circulé de bouche à oreille. Quand la nouvelle a enfin éclaté, une masse considérable était déjà au rendez-vous. Un véritable coup d’Etat, aurait on dit s’il s’était agit de militaires, et pourquoi pas un « coup de Peuple » dans ce cas-ci ?

    Découvert en 1958, le Neiguë pouvait être un vrai paradis sur terre, de par ses richesses naturelles. Mais les deux régimes qu’il a connus l’ont dupé exactement de la même manière : un départ admirable mais une arrivée misérable. Le premier roi mourut soudainement et un changement fut accompli de fait. Le deuxième roi est devenu si malade qu’il ne peut plus gouverner. Le peuple veut donc en finir avec lui, et du coup transformer du royaume en république, par définition un état dans lequel la souveraineté appartient entièrement au peuple par l'intermédiaire de représentants élus.

    Ayant adopté la politique de la terre, le peuple ne se presse pas. Il veut suivre la procédure normale édictée par les textes de loi en vigueur : pour changer de roi il faut que le président de l’AP saisisse le président de la Cour Suprême, auquel revient le constat officiel de la vacance du pouvoir. C’est cette requête que les leaders syndicaux ont faite dans la lettre d’une page au président de l’AP.

    Seulement, voilà : Si la vacance du pouvoir est perceptible par tous, il y une difficulté réelle à la constater de manière officielle, car ceux qui en ont la tâche sont attachés pieds et mains par le roi. Il leur est impossible de faire quoi que soit à l’encontre de la volonté du roi. Il faut passer par tous les moyens, trouver toute autre solution, mais il faut garder le roi.

    Plusieurs séances de consultations ont déjà eu lieu. Mais aucune n’a porté fruits, puisque chaque partie s’arc-boute dans position. C’est pourquoi les syndicats ont décidé de refuser tout dialogue désormais et de procéder à l’assaut final, c’est-à-dire au sit-in jusqu'au jour du changement.

    Dans le premier bulletin qui a circulé après les premières heures du sit-in, le peuple a été rappelé que la démarche est absolument pacifique. On lisait ce qui suit :

    « Nous nous asseyons autour de l’AP, mais nous ne prenons pas les occupants en otage : Ils sont libres de leur mouvements. En nous joignant ici, vous aussi évitez tout accrochage avec les forces de l’ordre. Si on vous barre le chemin, soyez patients. Mais venez dès que vous aurez un passage. Une fois sur place, nous ne bougerons qu’après l’annonce officielle du changement. Prenez donc des dispositions pour un long séjour par terre. Armez-vous de patience. »

    Une fois avisé, le président de l’AP jeta un coup d’œil et fut surpris de voir une si grande foule assise par terre, depuis le hall de l’AP, jusqu'à des centaines de mètres et ce, dans toutes les directions. Il comprit immédiatement que le changement est désormais inévitable. Ainsi, pour la première fois, au lieu de contacter le roi, il fit appel au quatre autres dignitaires du régime.

    À 12 h 15, le bureau du président de l’AP était donc le siège de la plus grande consultation du siècle pour le royaume du Neiguë. Autour de la table on comptait les cinq personnalités suivantes :

    - M. Arnaud Collet, président de l'Assemblée Populaire
    - Me Laurent Soufflet, président de la Cour Suprême
    - Général Xavier Mollet, chef d'Etat Major Interarmes
    - M. Mellick Ballet, président du Conseil religieux
    - M. Pierre Ourlet, Premier ministre

    Les débats commencent par un silence de cimetière. Pendant 14 minutes personne n’ouvre la bouche. On lit et relit la lettre, puis on la passe au voisin, sans mot dire.

    En toute évidence la tactique de la terre a produit tout l’effet escompté : Tu me piétines aujourd’hui mais je te dévore demain. Tu craches sur moi aujourd’hui, je te fais pourrir demain. Tu médis de moi aujourd’hui et demain je te transforme en poussière !

    À 12h30 précises, Collet prit la parole. Après tout, c’est lui qui a fait venir les autres. « Vous avez vu ce qu’ils demandent », entame-t-il. « Nous n’avons plus de choix. Mais comment procéder ? … Je ne veux surtout pas qu'on dise que j'ai dit une chose que n’ai pas dite …. Dites-moi ce qu’il faut faire».

    Comme réponse, il reçoit le même silence de mort.

    Avoir le pouvoir est vraiment bon. Mais il est des fois où ne pas l’avoir soit nettement meilleur. Être forcé de prendre une décision allant à l’encontre de sa propre personne est une pilule bien amère.

    Après 9 autres minutes de silence, Ballet veut simplement se retirer :

    « Ils vous demandent de constater la vacance du pouvoir et de saisir la Cour suprême en vue de changer le royaume en république … Je ne vois pas en quoi je suis concerné. Je ne suis qu’un chef religieux. Je crois que vous pouvez m’excuser.

    — Non ! Nous avons besoin de vos conseils, répond Collet. Dites-nous ce que vous pensez….
    — Ce que je pense ? Bien ! Après la mort du roi, le Neiguë a bien redémarré en république. C’est par la suite qu’on est revenu au system royal. Ceux qui ont procédé à ce changement sont les vrais responsables de la crise que nous traversons.
    — Monsieur Ballet, intervient Soufflet, je crois que nous devons plutôt centrer nos efforts pour trouver une solution à la crise et non pas tuer le temps sur le passé ».

    Ballet a raison. Après la mort du premier roi, le pays avait redémarré en république, avec un président élu pour deux mandats au maximum. Mais vers la fin du deuxième mandat, le président, encouragé par ses acolytes, a trouvé le moyen de réviser la constitution pour changer la république en royaume.
    Ballet fut l’un des plus grands opposants de la tractation, qu’il dénonça de toutes ses forces, en la qualifiant d’acte satanique et en prévenant les coupables qu’ils devraient se préparer pour de sérieux comptes à rendre à tous les Neiguëns, hommes et femmes, le jour du Jugement dernier. N’eût été ce changement, donc, la crise actuelle n’aurait pas eu lieu. C’est une vérité incontestable. Ceux qui ont contribué, de près ou de loin, au changement en royaume, sont les plus grands ennemis du pays.

    Mais, Soufflet n’a pas tort. L’important à présent, c’est comment trouver la solution au problème posé.

    II est maintenant 13 heure 20 minutes. La réunion a déjà duré plus d’une heure. Peu de choses ont été dites. Deux des cinq présents n’ont rien dit encore.

    Ainsi, Collet se tourne vers le Premier ministre.
    « Que pensez-vous, Monsieur Ourlet ? Vous êtes le plus jeune de l’équipe … Au fond, je dois vous féliciter de votre récente nomination au poste de Premier ministre. C’est notre première rencontre depuis votre nomination. Qu’en pensez-vous donc ?

    — Honorable Président, ils vous demandent de constater la vacance du pouvoir, alors que le roi vit et se porte bien, à part, euh … quelques problèmes de santé, comme chacun de nous en a. Il fait des décrets, ce qui prouve qu’il est toujours capable de diriger le pays. D’ailleurs les syndicats l’ont rencontré à plusieurs reprises...
    — Justement, martèle Ballet, parlons de ces rencontres avec les syndicats. Il a dit en public qu’il les tuerait. N’a-t-on pas raison de questionner sa santé mentale.

    La situation devient de plus en plus tendue. Collet demande l’avis du général, qui coupe court :

    « En tout cas il faut exclure la solution de coup d’État militaire ».

    En sa qualité de président de l’AP, Collet décide de trancher :

    « Comme personne ne veut se prononcer directement, nous allons prendre la responsabilité tous les cinq ensemble, dans l'anonymat absolu. Chacun de nous prend la machine et écrit en trois mots sa proposition de démarche pour la constatation de la vacance du pouvoir. Après avoir fini, il imprime la page et la laisse intacte. Quand nous aurons tous terminé, nous lisons les propositions ensemble. Je mets un rideau entre l’ordinateur et l’imprimante pour que personne ne voie rien avant la fin. Bon, je commence ! »

    Quand vous avez peur que l’on vous accuse à tort d’avoir dit quelque chose, il va de soi que vous avez encore plus peur si vous dites vraiment quelque chose. Même si le patron doit taper le texte au rythme d’un mot par minute, il le fera lui-même, sans le concours de secrétaires, dans de telles circonstances.

    Ça y est. Les cinq feuilles sont superposées sur l’imprimante. Collet passe derrière le rideau et prend les feuilles. « Nom de Dieu, s’écrie-t-il ! »

    Les autres accourent. Collet est en train de froisser les feuilles dans une panique indescriptible. Les autres, effrayés, le laissent faire. Il déchire toutes les feuilles en petits morceaux et les fait couler dans les toilettes. Alors, il déclare : « Nous devons recommencer. Par erreur l’ordinateur a imprimé ma feuille en cinq exemplaires ! Vos feuilles ne sont pas sorties…

    — Mais vous devriez nous faire voir les feuilles, intervient Ballet …
    — Puisse que je vous dis que les vôtres ne sont pas sorties ! Allez. On recommence. Maintenant j’enlève le rideau. Quand je finis, j’imprime ma feuille, je vérifie le contenu et jette la feuille dans ce carton. Puis j’éteints l’ordinateur. Vous faites de même. Chacun vérifie le contenu de sa proposition avant de la glisser dans le carton. Ensuite vous éteignez et l’ordinateur et l’imprimante, pour qu’il n’y ait pas le moindre risque d’erreur, avant de céder la place au suivant. Par la suite nous secouons le carton avant de le renverser sur la table. »

    Nous voilà prêts de nouveau. Cette fois-ci chacun des cinq s’exclame, mais ils se ressaisissent vite. Si les trois mots imprimés sur les cinq feuilles sont exactement les mêmes, ce n’est point une erreur de la part des machines. La raison est simple : tous les cinq avaient exactement la même idée derrière la tête.
    En fait, même la première fois il n’y avait donc pas eu d’erreur.

    On lit et relit la proposition couchée sur les cinq feuilles mais seulement des yeux, sans proférer un mot, car les murs ont des oreilles. Ensuite on déchire les feuilles pour les faire disparaître de la même manière.

    Comme ils n’ont pas lu la proposition à haute voix, nous n’en saurons rien exactement. Mais à en juger par les dispositions y afférente dont ils ont parlé, à savoir « dire à son médecin de se préparer pour l’accompagner, informer l’hôpital d’accueil, apprêter un avion, aviser l’ambassade », etc. nous pouvons comprendre de quoi il s’agit.

    Le silence retombe. Pourtant la réunion doit continuer, car ce n’est qu’une partie du problème qui est résolue. En plus de constater la vacance du pouvoir, il faut désigner un nouveau Premier ministre, chef de gouvernement pour diriger la transition.

    L’usage de l’ordinateur ayant prouvé son efficacité pour protéger l’anonymat, Soufflet suggère de procéder pareillement pour trouver le nouveau Premier ministre. Mais le Général Mollet dit que ce n’était pas la peine. En toute apparence, s’était déjà préparé à ce sujet. Il avait une solution savamment calculée, admirable aussi bien par ses vertus que ses vices. Elle fut admise à l’unanimité. Personne ne l’interrompit dans son discours :

    « C’est le syndicat qui est responsable de cette situation. Demandons leurs de former leur propre gouvernement, à commencer par le Premier ministre. Donnons-leur toutes la latitude : Ils peuvent choisir entre eux ou nommer n’importe quel Neiguën qu’ils estiment valable. Mais le gouvernement sera entièrement sous leur responsabilité, jusqu'à la fin de la transition. Ils en assureront les succès et payeront le pot cassé en cas d’échec.

    Ils se plaignent du vol, de corruption, de mauvaise gouvernance, de manque de démocratie. Donnons- leur tous les pouvoirs d’agir et observons-les. Ils disent " À bas les voleurs !" Eh bien, donnons-leur les clés des coffres et observons-les. Ils disent "Vivent la démocratie !" Maintenant nous leur donnons tous les pouvoirs et nous les regardons faire. Ils ont le soutien de tous, y compris l’armée. Mais en même temps ils sont sous nos loupes.

    Comptez sur moi. Ils ne feront pas trois mois au pouvoir. Ils se feront tous attraper. Ce sera très facile. Aujourd’hui ils ont le soutien du peuple, parce que le peuple décrie le gouvernement actuel. S’ils deviennent eux-mêmes voleurs, il sera très facile de les prendre. Comptez sur moi. Ils se feront tous attraper dans les trois ou six premier mois. Ils agiront comme la fourmi qui veut boire tant de miel qu’elle se noie et meurt dans de miel. Avant la fin de l’année ils seront tous pris. Tant qu’ils sont !

    C’est ce qu’on va faire. On dit : "Monsieur et Mesdames les syndicalistes, vous dites À bas les voleurs ! D’accord, À bas les voleurs ! Désormais voici la clé du coffre. S’il vous plaît, gardez-la pour nous contre les voleurs ! Nous vous faisons confiance. Voilà ! »

    Voilà donc la proposition du général. Qu’il est intelligent, le général ! D’ailleurs y a-t-il de général bête ? Il peut être gentil ou méchant, en bonne santé ou bien malade, mais tout général est intelligent. Seulement réfléchissons un peu : Même sans une grande intelligence est il difficile de tendre un piège à quelqu’un si l’on est, soi-même, déjà tombé dans le même piège ?

    Quoi qu’il en soit, qu’en sera-t-il du cadeau empoisonné du général Mollet au nouveau gouvernement syndicaliste du Neiguë ?

    Rendez-vous pour la deuxième partie du « l’Assaut Final ».

    Mahmoud Ben Saïd, Matsue Japon
    AML Languages,
    Contact : bensaid@eiemel.com
    Pour www.nlsguinee.com


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