dimanche 21 janvier 2007
La réunion de la CEDEAO à Ouagadougou au Burkina Faso qui devrait discuter des problèmes de la Cote d’Ivoire a tourné plutôt au constat des faits en Guinée où un président dictature qui n’a jamais été élu par le peuple, devenu autocrate, incompétent mentalement et physiquement, refuse de quitter le pouvoir malgré les cris de tout un peuple en détresse et les dizaines de morts, civils sauvagement tués par les escadrons de la mort qu service du plus grand criminel de l’histoire de la sous région et surtout devant l’embrasement de tout un pays avec des conséquence pour toute la région.
La seule et unique contribution que la CEDEAO peut faire c’est de dire au général criminel de laisser le pourvoir et d’arrêter le massacre d’innocents qui n’ont que pour seule faute de réclamer la bonne gouvernance.
Le peuple de Guinée dans son ensemble a parlé d’une seule voix. Le peuple réclame le départ de Lansana Conte du pouvoir. Il n’y a pas de doute sur ce que réclame le peuple. Toute démarche contraire à l’expression de la volonté populaire est une pure hypocrisie politique, ne solutionnera pas le problème et ne fera que remettre à plus tard l’anarchie.
Sans être pessimiste, je vois mal comment la CEDEAO pourra réussir en Guinée alors que cette organisation sous régionale a toujours échoué dans le même scénario de conflits dans la sous région.
S’il faut juger quelqu’un à travers son passé, son histoire, ses accomplissements et ses échecs, la CEDEAO se déplacera à Conakry pour rien si ce n’est que pour prolonger l’agonie du peuple de Guinée.
La CEDEAO a toujours donné aux peuples en détresse « un faux sens de sécurité ».
Les exemples ne manquent pas :
1- Le Liberia : La présence de la CEDEAO au Liberia a prolongé la guerre de plusieurs années, jouant le jeu des fractions en conflit qui a culminé par l’exécution de Samuel Doe sans pouvoir arrêter l’hémorragie et les souffrances d’un peuple qui ne jamais plus à quel diable se vouer. En plus, cette présence Ouest-Africaine a permis à Charles Taylor de gagner la bataille mais pas la guerre, qu’il exportera en Sierra Leone.
2-La Sierra Leone : Même scénario comme au Liberia. Le pourrissement de la situation et les exactions sur une population désemparée. Personne ne peut oublier ces images de barbarie et d’amputations de mains (manche courte ou manche longue) et de mutilation de tout genre.
La situation ne s’est stabilisée que quand les forces britanniques se sont déployées pour rétablir l’ordre républicain.
3-La Cote d’Ivoire : Depuis maintenant 4-6 ans, la CEDEAO est impuissante face au conflit ivoirien et rien d’entrevoit qu’un progrès sensible sera accompli sous l’égide de la CEDEAO ou l’UA (organisation panafricaine).
La CEDEAO joue au pourrissement et au concours de la puissance divine pour calmer les braises dans ce pays jadis connu comme un havre de la paix et poumons économiques de l’Afrique de l’Ouest.
Aujourd’hui, le Général Lansana Conte est coincé au mur face à ses responsabilités historiques devant son refus pendant 22 ans de prendre des mesures concrètes pour alléger le poids de la misère et des épreuves endurées par les populations guinéennes victimes d’une crise multiforme imputée à l’inertie, à la faillite du gouvernement et des pouvoirs publics.
Aux Guinéens et Guinéennes vivant en dehors des frontières de la Guinée, la souffrance de vos compatriotes au pays est aussi votre souffrance.
Les Guinéens vivant en dehors de la Guinée ne doivent pas se tenir à l’écart du pays et ont un rôle déterminant à jouer pour mettre fin à cette dictature de honte nationale. La défense de la Guinée est le devoir de tous les Guinéens partout où ils se trouvent.
Ceux qui oublient les leçons de l’histoire sont contraints à répéter les mêmes erreurs. Si les Guinéens ne prennent pas garde, le pays risque de plonger de nouveau dans le chaos total. Pour éviter cela, il faut ensemble œuvrer pour le départ inconditionnel du Général Lansana Conte du pouvoir.
La politique de fonctionnement de la deuxième République sous la dictature ferme et sanguinaire du Général Lansana Conte s’est soldée par la destruction des infrastructures économiques et l’instabilité politique que le pays est en train de traverser aujourd’hui.
À l’heure actuelle, les Guinéens sont unanimes pour pointer le doigt vers le Général Lansana Conte et sa clique militaro-mafieuse pour ce dérapage et le chaos actuel avec tous ses corollaires (assassinat d’innocent civils, les blessures des centaines de Guinéens a travers le pays, le désordre général dans l’administration, la pagaille, la corruption, détournement de biens publics, la destruction de l’écosystème du pays, etc.…).
Comment se fait-il qu’avec toutes les potentialités et ressources humaines l’économie de la Guinée ne décolle pas ?
Comment expliquer dignement qu’un pays avec plus de 1200 rivières et fleuves n’arrive pas à se rafraîchir avec de l’eau potable ?
Comment justifier qu’en Guinée, connue autrefois comme étant le grenier de la sous-région, avec des potentialités agro-pastorales énormes, une pluviométrie abondante, des terrains trop fertiles, le taux de malnutritions est des plus élevés du continent et la faim tue les enfants de façon alarmante ?
Ne pas manger à sa faim dans un pays que les spécialistes agricoles qualifient de « le Grenier de l'Afrique » n'est pas seulement une tragédie, mais c'est bien un crime contre l'humanité.
Il n'y a aucune raison pour que les Guinéens ne mangent pas à leur faim.
La Guinée est devenue le symbole même de la mauvaise gouvernance et du pillage des ressources naturelles. L'émergence de la contestation populaire en Guinée, n'est pas un fait du hasard. L’abcès guinéen a commencé il y a longtemps, les douleurs masquées alors que l’infection continue à la fois en profondeur et en surface menant au stade de l’intolérance : l’éclatement de l’abcès.
Tout au long des 22 années de contrôle de main de fer sur la Guinée par le Général Lansana Conte et ses clans mafieux, les Guinéens ont été témoins au fil du temps de l’effondrement de la vie politique, économique et sociale dans toute la Guinée jusqu’au point où rien ne fonctionnait, rien ne marche.
La part de responsabilité du peuple demeure dans son silence, son inaction face au défilé devant ses yeux, des abus du régime, les arrestations arbitraires, la dégradation des valeurs morales, du tribalisme, des relégations, et de l’appropriation des biens publics par une minorité arrogante et égoïste.
Maintenant que l'œil du peuple est grandement ouvert, il faut avoir toujours en tête que la paix ne se négocie pas, mais elle s'arrache et qu'il ne suffit pas de mettre fin à la guerre pour gagner la paix.
Depuis 22 années sous le régime despotique de Lansana Conte « -Être fonctionnaire en Guinée » signifie :
-Accepter et/ou se condamner à vivre dans la pauvreté absolue ou
-Voler ou se prostituer pour survivre.
L’encouragement et la propagation des anti-valeurs dans l’administration transformée en une « administration de copinage », bon gré mal gré, aident certain fonctionnaires à survivre mais en même temps, diminuant la capacité de l'État Guinéens à effectivement mobiliser les recettes, contribuant ainsi au déficit chronique du budget de l'État, ce qui a transformé ainsi la Guinée en un État mendiant, incapable de promouvoir et de consolider l’indépendance politique et économique ouvrant ainsi grandement la porte de la corruption.
C'est là l'origine même du cercle vicieux de la pauvreté et du lourd endettement extérieur de la Guinée qui, en dépit de ces innombrables potentialités naturelles, est classée parmi les pays les plus pauvres du globe et couronnée du titre de pays le plus corrompu du continent Africain selon Transparency International 2006.
Le Général Lansana Conte et ses collaborateurs se sont clandestinement accaparés du pouvoir en corrompant toutes les institutions gouvernementales. Pendant 22 ans de régime incompétent, inconséquent et inconscient, les Guinéens se sont laissés manipuler par les mensonges et maintenant, le peuple réalise la face cachée de ce régime qui n’a apporté que malheur, misère, incertitudes et interrogations au peuple qui pourtant mérite mieux.
Ils (Général Lansana Conte et ses collaborateurs) ont transformé l’Etat Guinéen en des propriétés personnelles en mettant à sac le trésor public pour leurs propres bénéfices et les bénéfices des membres de leurs clans.
Ils (Général Lansana Conte et ses collaborateurs) ont ouvertement saccagé le trésor public sans peur d’être tenus responsables pour leurs actions.
Ils (Général Lansana Conte et ses collaborateurs) ont exercé un contrôle absolu sur les ressources de l’Etat Guinéens, sans aucune distinction entre leurs intérêts publics et personnels.
Ils (Général Lansana Conte et ses collaborateurs) ne se sont sentis sous aucune obligation politique ou morale de distribuer les biens et services publics d’une façon équitable.
Ils (Général Lansana Conte et ses collaborateurs) ont approuvé des projets non pas dans l’intérêt de la nation, mais parce qu’ils présentent une opportunité pour encaisser des pots-de-vin et pour ensuite bâcler les projets pour encaisser la dividende.
Ils (Général Lansana Conte et ses collaborateurs) ont utilisé la violence pour brimer, traumatiser, intimider et réduire le peuple de Guinée au silence pour transformer le pays en une proie facile à ceux qui veulent piller les ressources de la Guinée pour leurs intérêts personnels.
C’est maintenant ou jamais pour les Guinéens de se donner les mains et les cœurs pour affronter et ouvrir cet abcès qui torture la nation : La malédiction de la Guinée, c’est Lansana Conte. Il faut se battre pour sortir la Guinée de cette période noire de pillage, d’assassinats, chômage et de destruction de l’outil de production.
L'heure est venue pour que les Guinéens et Guinéennes prennent conscience de ne pas et de ne plus accepter du n’importe quoi. Il faut avoir la dignité et la force de dire non, assez, assez, rien ne sera comme avant, pour obtenir le respect.
Il faut soutenir la lutte syndicale par tous les moyens à la disposition du peuple. De ce soutien en dépend le salut du pays.
Le Général Lansana est prêt pour l’exile. Il est prêt à fuir. Il tente juste de voir combien de jours il peut encore tenir.
Il faut resserrer l’étau autour du régime. N’écoutez pas la Radio et la Télévision qui sont des organes de mensonges à la solde du pouvoir. Leur propagande augmente au fur et à mesure que l’épaisseur du fil sur le lequel le gouvernement s’accroche s’amenuise et risque de se couper.
Peuple de Guinée, ce combat que tu mènes, n’est pas un combat de la CEDEAO mais ton propre combat et personne ne le fera à ta place.
Il faut suivre l’Inter-Syndicale et les informations diffusées sur les sites Internet
Que Dieu accompagne le Peuple de Guinée dans la voie du changement positif pour le sang des dizaines de morts ne soit pas versé en vain (inutilement).
Amen !
Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD et Guinea-Forum
Partenaire de www.nlsguinee.com