dimanche 21 janvier 2007
Il ne se passe plus de jour, depuis le 10 janvier 2007, où le peuple n’affiche pas sa détermination à déboulonner le système Lansana Conté pour faire la place à un véritable Etat de droit dans lequel la République respectera ses citoyens lesquels accompagneront d’actes productifs son rayonnement en tant que Nation libre, indépendante et moderne.
Les Guinéens ont longtemps attendu, en vain, un signe apaisant leur douleur et effaçant leur souffrance lequel serait venu de Lansana Conté. C’est la misère noire généralisée qu’il a plutôt servie dans un emballage d’humiliation et de total mépris.
Alors depuis le 10 janvier 2007, les syndicalistes ont bravé la machine à tuer de son régime. Ils ont cassé le Rubicon construit de peur et par la barbarie des deux régimes successifs. Et puisque « Lorsque l’Etat ne tient plus débout, le peuple vacille », les populations guinéennes n’ont pas vacillé, mais elles ont fait trembler telle une secousse tellurique la citadelle de l’impunité et de la malgouvernance. Et la larve s’est répandue sur toute l’étendue du territoire national. La voilà consumant désormais le pouvoir criminel qui a mis à plat ventre la République et a enfoncé, au regard des richesses du pays, le peuple dans l’inexplicable misère.
Et c’est dans cette misère que les travailleurs de Guinée ont puisé la bravoure, la témérité, pour en faire le cortège du patriotisme exprimé actuellement.
Les Guinéens expatriés de France sont venus en foule nombreuse de tous les coins de la terre de la déclaration des droits universels de l’Homme pour proclamer avec leurs compatriotes de l’intérieur : ça suffit ! Lansana Conté doit partir ! Le changement pour que plus jamais aucun régime futur ne ressemble sur le sol guinéen aux précédents !
Les Guinéens de Rouen, de Nantes, de Lyon, de Lille, de Paris et de la Région parisienne, des associations (CIC, CRAC, COTRADEG, ODYSSEE 2010, ARGE, APG, ARGE, ...) et les partis politiques (DYAMA, UFR, UPG, RPG, UFD, UFDG, DLG...) sont sortis très tôt ce samedi, dans le froid et sous la pluie, pour faire un seul corps et dire d’une seule voix avec un seul mot : non à Lansana Conté. Celui-ci était contenu dans une phrase simple, mais ferme : le système Lansana Conté doit disparaître !
Il faut noter que l'organisation et la réussite de cette manifestation est à porter à l'action conjuguée des Forces vives et de la Plate-forme composées des membres des organisations politiques et associatives ci-dessus mentionnées
La manifestation s’est faite en deux temps. Le premier peut être considéré comme celui du réchauffement avant d’entrer dans le vif du sujet. Il s’est accompli par une sorte de regroupement derrière les garde-fous bordant la rue, mais très vite l’espace s’est rétrécit parce que la foule était nombreuse et la température est aussi vite montée brûlant à vif la détermination des manifestations à mieux se faire entendre au symbole du système Lansana Conté ; c’est-à-dire l’ambassadeur.
L’on passa sans transition au second moment. Des cris, des bousculades, secouant timidement les positions, finirent par mettre en branle une jeunesse volontaire, courageuse, dynamique et prête au sacrifice si cela peut précipiter le départ du bourreau des Guinéens. Alors la foule s’est mise en marche défiant le cordon de sécurité qui ne s’attendait pas à un tel sursaut d’orgueil et à une aussi forte affirmation de l’aspiration profonde des Guinéens de France au changement, donc au départ inconditionnel de Lansana Conté.
Le ciel a compati à la souffrance des Guinéens en déversant ses larmes bénies sur la foule qui marchait déjà sur la route de la victoire restauratrice de la République bafouée.
Guinéennes et Guinéens,
La grève doit se poursuivre jusqu’à la chute du régime dictatorial et du gouvernement de crimes. Ni compromis, ni négociation autre que le départ inconditionnel de Lansana Conté.
La marche se fera avec des sacrifices. Ce samedi, la neuvième voire la dixième victime officielle de la barbarie est tombée à N’Zérékoré. Ici, ce sont quatre à cinq citoyens qui ont été abattus froidement et lâchement par la milice privée du représentant de Lansana Conté parmi lesquels un enfant de 10 ans.
Avançons tout en récupérant nos morts, ils doivent être l’agneau offert pour la Liberté. Lorsqu’elle sera recouvrée, la République devra les élever en héros. Alors que le combat continue !
Jacques Kourouma
kourouma@tamsirnews.com
Pour www.nlsguinee.com