vendredi 19 janvier 2007
Affaibli par les turbulences, le fil à coton qui accrochait la précieuse glace vient de lâcher.
Très cher(e)s compatriotes, la petite « Paix relative » qui était la seule voie par laquelle la deuxième république pouvait négocier sa sortie, vient de s’écraser. Elle vient de s’écraser, telle cette précieuse glace, sur un rocher très rocailleux.
Plus la peine de parler de sauvegarde du risque pays, de réformes économiques, d’amélioration des conditions de vie des travailleurs ni de développement durable, car la stabilité politique s’est envolée. Les Généraux de l’armée ont fait leur choix : « rompre le pacte de stabilité politique, défier la volonté du peuple de Guinée, confisquer les pouvoirs et régner par la terreur ».
Désormais, le peuple de Guinée est conscient et convaincu que ses multiples aspirations à la liberté, à la démocratie, à la paix, à la prospérité et au développement durable, passe inéluctablement par « le soulèvement et la marche vers le salut » .
Guinéennes et guinéens, qu’on le sache et qu’on s’y prépare, la marche qui vient d’être amorcée sera longue, très longue et périlleuse.
• Elle sera longue telle « la Longue Marche Historique de 12 000 km entreprise par les troupes chinoises d'octobre 1934 à octobre 1935 » ;
• Elle sera périlleuse telle « l’ascension de l’Himalaya asiatique ».
Guinéennes et guinéens, avec la volonté du Tout Puissant Guide nous y arriverons. Mais il est évident que désormais nous sommes condamné à œuvrer tous ensemble, nous sommes obligé de nous confondre les uns aux autres pour pouvoir arriver au bout de cette marche.
• « Peuple de Guinée, ne vois-tu pas un grand signe en cette dégradation évidente de ta condition de vie ;
• Peuple de Guinée, ne vois-tu pas un grand signe en cette escalade sans précédent de la violence et de la haine sur tes terres ;
• Peuple de Guinée, tu n’as pas su t’unir pour préserver ta paix relative, tu viens de commettre le pêché de la « politico-politique » ;
• Peuple de Guinée, ta repentance te coûtera ton sang et tes braves fils ;
• Peuple de Guinée, ton salut ne viendra que de l’UNION ».
Très cher(e)s compatriotes, certes le régime militaire Guinéen ne partira que par la rue, mais, en cette époque critique, nous ai-t-il arrivé de nous poser la question à savoir : Pourquoi en sommes-nous arrivé au point où nous sommes obligé d’écrire toute une page de notre histoire avec le sang de nos propres fils ?
Aujourd’hui, ça m’étonnerait que nous nous posons cette question tellement nos âmes, comme au crépuscule de la première république, sont excitées d’en finir avec la deuxième république. Et pourtant, vingt-deux après la délivrance de 1984, nous apercevons que le tableau est encore plus sombre que nous nous y attendions.
Guinéennes et guinéens, appelons le chat par son nom, nous méritons entièrement la situation qui prévaut en Guinée aujourd’hui et, pis que tout, si nous commettons pour une seconde fois l’erreur du « vouloir pour vouloir » ou du « changement pour le changement », chacun de nous peu imaginer le cap vers lequel nous nous dirigerons (Guerre Civile-Guerre Ethnique-Rebélion-…), pour encore combien de temps.
Cher(e)s compatriotes, le ton a été donné par les mouvements syndicaux guinéens que nous ne finissons de saluer, d’encourager, de supporter et de soutenir par tous les moyens en notre disposition. Que la volonté de Dieu les mène au bout de leurs revendications, que la volonté de Dieu vienne renforcer notre volonté pour le changement.
Cependant, il est impératif qu’on puisse, en cette époque trouble, puiser dans notre « âme profonde » le chemin du véritable changement pour éviter de tomber à nouveau, d’ici quelques décennies, dans la désillusion démocratique.
Après Hiroshima et Nagasaki, Albert Einstein disait : « Ne dites jamais rien contre votre volonté, même si l’Etat vous le demande ».
Très cher(e)s compatriotes, nous encourageons vivement le mouvement de grève général déclanché ce 02 janvier 2007, et nous poussons de toutes nos forces les syndicalistes vers l’avant pour la marche du salut. Aujourd’hui, ils détiennent la clé du changement et il suffit juste d’arriver à la porte pour avoir le changement.
Cependant, nous demandons à toute la société civile et aux mouvements syndicalistes de revoirs certaines recommandations poisons, dans leurs textes soumis, respectivement, au Président Général Lansana Conté et à Mr Somparé, Président de l’actuelle Assemblée nationale. Et ceci dans l’intérêt majeur de la nation.
Concernant le texte soumis au Général Lansana Conté
Contenu – Critiques – Amendements
1-La mise en place d'un gouvernement de large consensus : dirigé par un Premier Ministre, Chef du Gouvernement, nommé par vous (Lansana Conté). Ce Premier Ministre doit être un haut cadre civil, compétent, intègre et qui ne s'est ni de près ni de loin impliqué dans les malversations en Guinée.
Critiques : avec ce petit texte, il est important de saisir que nous sommes entrain de reconfigurer entièrement le système politique guinéen. Non seulement le poste de premier ministre est constitutionnellement absent des textes guinéens, mais de plus, en demandant au chef de l’Etat de nommer ce premier ministre chef du gouvernement, nous lui demandons, paradoxalement, de violer la constitution guinéenne.
Le chef du gouvernement est et reste le seul responsable de sa politique devant l’Assemblée du peuple de Guinée, car nous sommes dans un régime présidentiel, et nous verrons dans l’analyse du texte soumis à Mr Somparé l’intérêt de conserver ce type de système politique.
En ce qui concerne la formation d’un gouvernement de large consensus et le profil du chef de ce gouvernement, « un cadre civil, compétent, intègre et qui ne s'est ni de près ni de loin impliqué dans les malversations en Guinée », nous l’approuvons amplement et souhaitons que le futur chef du gouvernement de transition incarnent ces qualités.
Amendements : étant donné que le chef du gouvernement est le président de la république, alors il est désormais temps de réclamer directement la démission du Général Lansana Conté et l’instauration pure et simple d’une période de transition dirigée par cette personnalité consensuelle.
Raison pour laquelle, le Général Lansana Conté n’est plus apte à nommer un quelconque premier ministre, par faute de commettre un viole constitutionnel ou un auto-coup d’Etat.
Nous recommandons, à ce niveau, aux centrales syndicales et à toute la société civile, après les menaces de morts proférées par le général Lansana Conté, de :
• Choisir sans tarder cette personnalité civile dont ils ont défini le profil et de la présenter comme candidat pour assurer la vacance de pouvoir. « Il ne faudrait surtout pas reconfigurer le système politique et accepter des postes honorifiques de chef d’Etat, ce serait faire place au démon ».
2- Le respect du principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs : notamment dans le cadre de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics.
Critiques : Nous approuvons et appuyons cette recommandation, cependant il est désormais évident que cette séparation des pouvoirs ne peut être l’œuvre du général Lansana Conté ni de ses fervents serviteurs, car toutes les institutions républicaines sont minées de barrons récalcitrants.
Amendements : l’ordre républicain ne peut voire le jour sans la dissolution de toutes les institutions, à commencer par l’Assemblée nationale jusqu’à la Cour Suprême, en passant par l’exécutif. Car, aujourd’hui, ils sont tous coupable de haute trahison contre la patrie.
Nous recommandons :
- Le choix de la personnalité consensuelle et de son gouvernement de large consensus que, nous allons pousser jusqu’à Sékoutouréyah ;
- La dissolution de toutes les institutions républicaines et l’application des propositions issues de la concertation nationale des 17, 18, 19 et 20 Mars 2006. A savoir :
• La formation d’un Conseil National de la République faisant fonction d’Assemblée Nationale durant toute la période de transition ;
• L’institution d’une Cour Constitutionnelle, d’un Conseil d’Etat et d’une Cour de Cassation faisant fonction de Cour Suprême durant toute la période de transition.
3- Le soutien du pouvoir d'achat des populations en général, et des travailleurs en particulier : les mouvements syndicaux réclament, entre autres :
• La réduction du prix du carburant à la pompe
• L'arrêt immédiat des exportations des produits alimentaires
• La réduction du prix du riz à 70 000 francs
• Le rétablissement de la valeur de la monnaie
• La promotion de l'emploi des jeunes diplômés
Critiques : il est évident que le gouvernement du général Lansana Conté n’est en mesure de satisfaire à aucune de ses réclamations car, le déficit budgétaire est tel que, toute nouvelle subvention à la consommation ou au carburant ne ferait qu’accroître l’inflation et nous replacer de nouveau à la case départ.
Amendements : Un gouvernement d’Union Nationale de large ouverture ne veut pas dire un gouvernement de complaisance ou de figuration ; mais plutôt un gouvernement composé de grands technocrates intègres et dévoués à la cause de la patrie. Seul une équipe efficace et crédible pourra débloquer la situation.
Nous recommandons de « Former dans les jours qui suivent un gouvernement de large consensus constitué de technocrates intègres et compétents pour faire face au défis sociaux et économiques ».
Ainsi, à l’analyse de ce texte soumis au général Lansana Conté, nous avons éclairé le démon qui se cache derrière les lignes de cette reconfiguration du système politique guinéen. « Ne pas encourager le viol de la constitution guinéenne, ni un auto-coup d’Etat ».
De même, nous remarquons que, la solution est tout simplement le départ du chef de gouvernement, la dissolution des différentes institutions et l’instauration d’une période de transition dirigée par la personnalité consensuelle et son gouvernement de large consensus, constitués de technocrate intègres et dévoués à la cause de la patrie.
Concernant le texte soumis au président de l’Assemblée nationale
Contenu – Critiques- Amendements
Contenu : 1- « … nous vous invitons, honorable président, à saisir la cour suprême, conformément aux dispositions de l’article 34 de la loi fondamentale, pour constater la vacance de pouvoir … »
Critique : À ce niveau, nous observons un véritable paradoxe d’autant plus que, a déjà été autorisé au Général Lansana Conté de se faire un auto-Coup d’Etat. Alors quelle sera l’utilité de demander à nouveau à Mr Somparé de proclamer la vacance ?
Par ailleurs, pourquoi demander à Mr Somparé de proclamer cette vacance de pouvoir alors que, non seulement, il ne possède aucune légitimité populaire pour assumer la transition, mais de plus il ne requiert aucune des qualités de la personnalité consensuelle défini dans le texte soumis au chef de l’Etat.
Amendements :
- Avant tout, il serait préférable d’effectuer le choix de la personnalité consensuelle et du gouvernement de large consensus ;
- Puis, de déclarer unilatéralement la vacance de pouvoir et la non légitimité de toutes les institutions de la deuxième république ;
- Continuer l’entêtement et les marches jusqu’à abdication du régime militaire ;
- Et enfin l’application des propositions de la concertation nationale, à savoir :
• La formation d’un Conseil National de la République faisant fonction d’Assemblée Nationale durant toute la période de transition ;
• L’institution d’une Cour Constitutionnelle, d’un Conseil d’Etat et d’une Cour de Cassation faisant fonction de Cour Suprême durant toute la période de transition.
2- « … Dans ce cas, nous vous (Mr Somparé) suggérions de prendre des dispositions, en vue de faire amender par votre institution certaines disposition de la loi fondamentale en ses articles 34 et 39 » :
Critiques : Pour ce qui est des amendements préconisés au sein de l’article 34, à savoir : « la durée de 18 mois pour la suppléance, l’inéligibilité des membres du gouvernement de transition pour une période de 10 ans après la celle de la suppléance » ; nous approuvons profondément ces recommandations et souhaitons qu’elles soient marquées, à la première heure de l’établissement du Conseil National de la République faisant fonction d’Assemblée Nationale durant toute la période de transition ;
Pour ce qui est des amendements préconisés au sein de l’article 39, à savoir : « la nomination d’un premier ministre par le président de la république. Lequel premier ministre est chargé de définir les postes et nommer les membres du gouvernement ainsi que les hauts cadres de l’administration » ; nous jugeons cet amendement inutile car il remet entièrement en cause notre système politique actuel et fait place aux barrons récalcitrants de la première et deuxième république.
En amendant ainsi l’article 39 de la loi fondamentale, nous aurons donné feu vert au clan Somparé de s’emparer du poste « Honorifique de chef d’Etat » pour la période de transition, en nommant un premier ministre.
Mais de quelle transition s’agira-t-il et pour combien de temps ?
Amendements : Etant donné que nous luttons pour le rétablissement de l’Ordre Républicain, alors il est évident que la séparation des pouvoirs est le corollaire indispensable pour arriver au rétablissement de cet ordre. Nous jugeons la scission du poste de chef de l’Etat préconisée par les mouvements syndicaux comme étant un grand danger pour la patrie.
Cependant, nous approuvons la nécessité d’amendements de certains articles de la loi fondamentale et nous en proposons les articles 3, 24, 26, 39, 40 et 76 de la loi fondamentale.
- Au sein de l’article 3 : Les partis politiques concourent à l’éducation politique des citoyens et à l’expression du suffrage. Ils doivent être implantés sur l’ensemble du territoire national. Ils ne doivent pas s’identifier à une race, une ethnie, une religion ou un territoire. « Les partis politiques ne possèdent pas le monopole des candidatures aux élections présidentielles ».
-
Au sein de l’article 24 : le président de la république est élu au suffrage universel direct. « La durée de son mandat est de 5 ans, renouvelable qu’une seule fois ».
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Au sein de l’article 26 : Tout candidat à la présidence de la république doit être de nationalité guinéenne, jouir de ses droits civils et politiques et « être âgé de 30 ans au moins ».
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Au sein de l’article 39 : le Président de la République est le chef du gouvernement et nomme, « à l’exception des postes jugés très importants », les ministres qui l’assistent et qui sont responsable devant lui. Il peut les révoquer. Il fixe par décret les attributions de chaque Ministre.
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Au sein de l’article 40 : Pour les postes jugés importants (Cour Suprême - Ministre des Finances - Gouverneur de la Banque Centrale – Ministre de l’Education, de la Formation Professionnelle et de l’emploi – Ministre de la Santé – Ministre de l’environnement – Ministre des Affaires Etrangères), le Président de la république, Chef du gouvernement « propose ses candidats » qui seront approuvés ou non par l’Assemblée Parlementaire du peuple de Guinée. Le Président de la République dirige l’administration.
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Au sein de l’article 76 : L’Assemblée Parlementaire du peuple de Guinée, peut à tout moment soumettre le Président de la République, Chef du Gouvernement à « des questions de confiance sur l’état d’avancement de son projet politique grâce auquel il a été élu par le peuple ». En cas de désaccord persistant entre le Président de la République et l’Assemblée Parlementaire, le sujet peut être soumis au référendum, après que l’Assemblée Nationale ait saisie la Cour Suprême. « Le président de la république ne possède aucun pouvoir lui permettant de dissoudre l’Assemblée Parlementaire, de même, l’Assemblée Parlementaire ne peut destituer le Président de la République ».
Très cher(e)s compatriotes, en procédant à ces principaux amendements, nous renforcerons notre actuel système politique et nous nous replacerons dans une optique où l’exécutif est obligé de mettre la main à la patte.
En procédant à ces amendements, le peuple de Guinée sera législateur et arbitre des règles du jeu, car il y aura primauté de l’Assemblée Parlementaire sur l’exécutif.
En procédant à ses amendements, nous aurons non seulement un gouvernement qui met la main à la patte, mais de plus, nous éviterons de tomber à nouveau dans une configuration où le président de la république, chef du gouvernement, s’intéresse plus à des problèmes de famille qu’aux problèmes du peuple de Guinée et à l’accomplissement de son projet politique.
Ainsi, à l’analyse du texte soumis à l’actuel Président de l’Assemblée Nationale, nous avons éclairé le démon qui se cache derrière les lignes de l’application de l’article 34 et de la l’amendement de l’article 39. « Ne jamais cautionner ni l’application de l’article 34 ni un poste honorifique pour Mr Somparé et son clan ».
De même, nous remarquons, que la méfiance lancée il y a une semaine par rapport à l’implication d’une main invisible d’opportunistes est plus que jamais d’actualité.
Et enfin, l’ultime solution est d’aller jusqu’au bout du mouvement en proclamant unilatéralement la vacance de pouvoir et en imposant le Gouvernement de large consensus.
Mais où se trouve ce gouvernement de large consensus et son chef ?
Là est tout le handicape à présent.
Très cher(e)s compatriotes, nous réaffirmons notre soutient au mouvement de grève générale, nous confondons la voix des mouvements syndicaux à la nôtre et sommes prêt pour la marche du salut. De même, comme nous l’affirmions au départ, il serait un pécher capital pour le Peuple de Guinée de commettre à nouveau l’erreur du « vouloir pour vouloir » ou du « changement pour le changement ».
Il est évident que n’importe quel gouvernement qui assurera l’eau et l’électricité au peuple de Guinée aura fait mieux que celui du Général Lansana Conté.
- Mais est-ce tout ?
- Le peuple de Guinée ne mérite-t-il pas mieux que de l’eau potable et de l’électricité ?
Voilà pourquoi nous affirmions à l’introduction de cette analyse que la marche qui vient d’être amorcée sera longue, très longue et périlleuse.
Qu’on le sache et qu’on s’y prépare, de toute façon, désormais « nous sommes condamnés à l’union, nous sommes condamnés à la solidarité et que le Tout Puissant Guide nos pas !»
« La vérité n’est pas toujours conforme à l’opinion de la majorité. » Jean Paul II
« Pour qu'on ne puisse pas abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir »
« On trouve toujours de l'argent pour faire la guerre, jamais pour vivre en paix » Albert Brie
« Une baguette est facile à casser, dix baguettes sont dures comme fer » Proverbe chinois
« Soyez réaliste : demandez l’impossible. » Ernesto Ché Guevara
« C’est un malheur du temps que des fous guident les aveugles. » William Shakespeare
« Vive le voix de la jeunesse, Vive la classe ouvrière, vive la résistance civile pour que vive la république de Guinée »
Mamadou Oury Diallo
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