vendredi 19 janvier 2007
Depuis deux jours, deux membres de Contre la Transition Démocratique en Guinée (Cotradeg) s’évertuent à distiller sur l’antenne d’Africa n° 1 qu’il existerait un article 34 dont le respect répondrait à l’aspiration profonde des Guinéens. Face à de tels propos, mon silence signifierait le cautionnement de la parjure faite à mes compatriotes qui ont décidé d’en finir définitivement avec le système Lansana Conté.
Qui sont ces nouveaux prophètes de la constitutionnalité à imposer à la Guinée ?
Un couple représenté par une personne qui, pour assurer sa promotion, s’est annexée deux compatriotes. Elle formerait avec eux le trio plus intelligent que l’ensemble des Guinéens, à telle enseigne qu’ils veulent imposer un article 34 à un peuple qui a décidé de chasser son bourreau.
Nos deux compatriotes, accessoires à la réalisation de l’ambition de la dirigeante d’un observatoire, ont accepté de faire d’elle leur égérie. Or, en dépit de son appartenance à la Françafrique, qui a si longtemps abîmé les Africains, madame ne représente que sa propre personne sinon comment expliquer l’absence de productions de son organisme le long de 2006 ?
Pourquoi n’observerait-elle plus ailleurs qu'en Guinée ?
Il semblerait même que son observatoire l’a chargée de détecter, malheureusement, des talents en herbe pour en faire les pions au service de la Françafrique. Quelques jeunes chercheurs guinéens en auraient payé les frais. Ce qui expliquerait l’infécondité de la jumelle qui devait être l’instrument du regard intrusif à poser sur l’Afrique laquelle est désormais réduite à la seule Guinée.
Madame de l’observatoire mène des opérations de communication qui paraissent répondre à de la publicité promotionnelle. Mais au profit de qui ?
Dans un premier temps, l’on pourrait affirmer que : puisque la Françafrique ne veut pas voir des pays comme la Côte d’Ivoire et la Guinée sortir de son giron, les agitations de madame auraient pour objet la recherche de voies pour les y maintenir.
Première hypothèse : Son semblant d’intérêt pour notre pays pousserait (puisqu’elle n’est pas Guinéenne) à déclarer qu’elle chercherait la promotion de son mari.
Deuxième hypothèse : Cette dernière pourrait être qualifiée comme la preuve de son amour pour son époux. Normal ! Mais est-ce pour autant une raison pour s’autoproclamer porte-parole des Guinéens ?
COTRADEG, coquille vide, est un triptyque. Madame, sachant que la Guinée est médiatiquement fermée par Somparé et son clan, utilise (si ce n’est pas l’époux) cette association écran pour obtenir quelques passages sur Africa n° 1.
Cependant, l’on peut s’interroger sur la facilité avec laquelle on lui tend le micro comme si elle bénéficiait d’une sorte de rente de couleur.
Or, les positions qu’elle défend sont incompatibles avec la volonté populaire exprimée actuellement en Guinée. Dans ce contexte, on peut se demander si l’on n’est pas en face d’une personne appartenant à un petit club qui a la prétention de penser à la place des Guinéens qui se battent sur le terrain.
Militerait-elle en sous main pour des gens qui sont en accointance avec l’assemblée nationale ou d’autres ayant des ambitions de refaire surface après avoir fui le pays ? Toute la question est là.
De toutes les façons, l’insistance sur l’article 34 d’une constitution mille fois falsifiée intrigue. Aussi l’activisme clandestin de madame à la pratique visible peut paraître louche, s’il ne cache pas des ambitions inavouées d’autant que plusieurs Guinéens ont des épouses étrangères qui savent et reconnaissent leur place dans la société guinéenne.
En d’autres termes, pourrait-on en déduire que madame veut que le régime de Lansana Conté se prolonge en attendant que sa stratégie vienne à maturité ? En tout cas, la récitation de l’article 34 suscite une telle question.
Paris 19 janvier 2007
Jacques Kourouma, France
kourouma@tamsirnews.com
Pour www.nlsguinee.com