jeudi 18 janvier 2007
La situation sociopolitique et économique explosive que traverse actuellement la République de Guinée résulte de la combinaison de deux facteurs essentiels : la mauvaise gouvernance et la dictature féroce.
Depuis 1899, date à laquelle, la Guinée est devenue une colonie française jusqu’à nos jours, le Peuple guinéen n’a jamais connu un instant de bonheur ou de liberté. Soit 108 ans de traversée d’un désert et d’enfer dans un pays pourtant censé être un paradis terrestre au regard des potentialités économiques, des ressources humaines et naturelles dont il dispose.
Après 60 ans de colonisation et 48 ans de dictature féroce ont fini par plonger le Peuple de Guinée dans l’extrême misère et la désolation. Aujourd’hui, cette situation peu reluisante ne fait que s’empirer au risque de déboucher sur une guerre civile, si la communauté africaine et internationale n’agit pas vite pour mettre un terme à la conspiration du silence sur la Guinée.
Au lendemain de la prise du pouvoir par l’armée guinéenne, le peuple de Guinée pensait déjà découdre avec la dictature du régime de Sékou TOURE, caractérisé par la répression sanglante, la torture, les pendaisons publiques, les arrestations arbitraires, etc... Ce régime a causé la mort de plus 1 600 cadres et intellectuels guinéens.
Hélas ! C’était alors mal connaître ces nouveaux maîtres en uniformes dont le chef file n’était autre que le Général Lansana Conté. En 23 ans de règne sans partage, Lansana Conté n’a semé que souffrance et désolation, désordre et division.
Combien de familles guinéennes sont endeuillées suite à des assassinats orchestrés par le régime de Lansana Conté ? Combien de personnes sont victimes de la répression au cours des événements du 12 ¬juin 2006 ? Selon les estimations, il y en aurait eu plus de 20 morts et des centaines de blessés graves.
Au crépuscule de son régime, l’homme de Wawa veut installer le pays dans un chaos, et donc ingouvernable après lui.
C’est pourquoi, en dépit de la maladie qui le fragilise, le Général Lansana Conté veut toujours s’agripper au pouvoir jusqu’à sa mort. Pourtant, il est établi qu’il a des troubles de mémoire, donc inapte à conduire les affaires de l’Etat. Ce qui explique même la signature des décrets controversés comme celui de Mai 2006. Aussi, la nomination d’un fameux Ministre chargé de coordonner les activités gouvernementales et les affaires présidentielles, en l’occurrence El haldj Fodé Bangoura qui fait la pluie et le beau temps au sommet de l’Etat au lendemain du limogeage du premier Ministre Cellou Dalein Diallo.
La situation d’aujourd’hui est très critique, car on assiste à un véritable combat de titans entre les hommes proches du pouvoir dont le but est de se partager le reste du butin. Quand un peuple qui vit sans eau, ni électricité, c’est la décente aux enfers, au fond du gouffre.
Le feuilleton Mamadou Sylla Futurelec-Etat-Banque Centrale a fini par montrer le vrai visage d’un affamé des deniers publics qui n’est autre que le Président de la République comme en atteste sa présence dans la prison centrale de Conakry pour libérer El hadj Mamadou Sylla et Fodé Bangoura, tous deux supposés avoir détourné les fonds de la République.
Le Président Conté a trahi son sermon et doit être démis de ses fonctions pour haute trahison. Voilà la nature d’un régime guinéen qui a instauré à son tour le mépris des lois de la République, la répression aveugle, les assassinats, la cherté de la vie comme mode de gestion gabégique.
Le peuple de Guinée appelle au secours, car il est plus que fatigué. Les travailleurs guinéens sont aussi plus que fatigués. La jeunesse guinéenne est fatiguée de supporter le sort qu’on lui impose. C’est pourquoi, L’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l’Alternance Démocratique et la Prospérité, dans sa recherche de solution de sortie de crise, soutient inlassablement les actions syndicales que mènent actuellement l’Inter-Centrale-Syndicale CNFG et USTG depuis le 10 décembre 2007, suite à l’ingérence du Chef de l’Etat guinéen dans les affaires judiciaires.
Nous pensons que seule la voie suivie par l’Inter-Centrale-Syndicale et la mobilisation de l’ensemble des forces vives de la Guinée, ainsi que les partis politiques peuvent aider ce peuple à se débarrasser définitivement de ce régime d’un autre temps sans effusion de sang.
Depuis le déclenchement de la grève, plus de 60 jeunes militants des droits humains sont arrêtés par les militaires et incarcérés dan des prisons secrètes. Les militaires tirent actuellement à balles réelles partout à Conakry sur des manifestants non armés, ce qui a déjà causé des blessés graves non encore dénombrés et le désordre continue dans les rangs des forces de l’ordre.
Pour qui connaît le régime de Lansana Conté, nous craignons le pire pour la vie des citoyens arrêtés.
L’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l’Alternance Démocratique et la Prospérité condamne les agissements inqualifiables des militaires contre de paisibles citoyens guinéens dont le seul tort est de revendiquer leurs droits.
Elle demande :
• la libération immédiate et sans condition des jeunes manifestants arrêtés ;
• l’arrêt immédiat de toutes les menaces qui pèsent sur les leaders syndicaux ;
• le départ du Général Lansana Conté du pouvoir pour l’intérêt supérieur de la Nation.
Au regard de la situation actuelle, nous avons le droit de nous inquiéter car si aucune mesure n’est prise dans l’immédiat, la Guinée risque de basculer vers une guerre civile qui sera préjudiciable à la stabilité des pays de la sous-région. Prions pour que Dieu nous en garde !
En outre, la Guinée est classée selon le dernier rapport de Transparency International comme le pays le plus corrompu en Afrique. Un pays où sévit l’impunité totale et légitimée par son Chef d’Etat.
La question que nous nous posons aujourd’hui est de savoir pourquoi la communauté africaine et internationale reste indifférente à la situation critique que traverse actuellement la Guinée, étant donné que tous les clignotants sont au rouge. Veut-elle jouer aux sapeurs pompiers ?
En tout cas, Mieux vaut prévenir que guérir, selon l’expression consacrée des thérapeutes.
Fait à Dakar, le 18 Janvier 2007
Le Bureau Exécutif
M . Abdoulaye Binta DIALLO, Président de l’AJGADEP,
Tél. : 537 32 71
M. Ansoumane CAMARA, Porte-parole de l’AJGADEP,
Tél. : 527 66 23
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