jeudi 18 janvier 2007
Tous les Guinéens sont coupables de cette situation tragique qui frappe le pays de plein fouet certainement à des degrés différents mais personne n’est innocent.
Lorsqu'on demande à la majorité des citoyens Guinéens de donner les raisons principales de la misère exécrable dans laquelle croupit la totalité de la population malgré les immenses ressources naturelles, agro-pastorale du pays, les Guinéens vivant sur un sol aux potentialités économiques fabuleuses, il n'est pas étonnant d'entendre les réponses suivantes : c’est Paul, c’est Pierre, c’est la communauté internationale, la colonisation, la jalousie des pays étrangers, les étrangers vivants en Guinée, c’est Lansana Conte, C’est Mamadou Sylla, etc.…, mais pas moi en tout cas.
Même les guinéens éduqués, même de grands intellectuels, ne reconnaissent pas leur propre responsabilité dans la situation socio-économique et politique désastreuse qui prévaut actuellement en Guinée.
Personne ne veut prendre conscience que c’est sa faute et rejette le tord sur les autres. Il est pratiquement impossible de reconnaître son propre tord dans un pays où les antivaleurs ont érigé demeure.
Force est de reconnaître que le « poisson commence à pourrir par la tête ». Dans le cadre de la Guinée, c'est par le leadership politique que la gangrène est entrée.
Malgré cette véracité historique, chaque Guinéen ou Guinéenne devrait s’interrogée sa contribution à la destruction de ce pays, ne serait-ce qu’à une moindre mesure par inaction, passivité volontaire ou involontaire, des comportements qui ont cautionné ou encouragé certains actes répréhensibles, en laissant le champ libre aux pilleurs.
Les Guinéens n’ont-ils pas adopté des comportements qui ont cautionné ou encouragé certains actes répréhensibles ?
Fort regrettablement, à chaque fois que se pose de savoir qui est responsable de cette situation apocalyptique de la Guinée, malheureusement, la réponse que le Guinéen donne pour se justifier est la suivante : C’ÉTAIT LE SYSTÈME, comme si les Guinéens ne pouvaient pas se départir de ce système et le récuser.
Ne dit-on pas que la plus grande difficulté pour l’homme est de reconnaître et de se souvenir de ses erreurs pour ne pas les renouveler ?
<
p>En Guinée, il s’est instauré cette amnésie générale. Cette amnésie systématique viendrait du fait que le Guinéen pense toujours que : « c’est la faute de l’autre ou des autres ».
La différence entre « l’Être Humain éveillé et l’animal », c’est cette faculté ou capacité d’atteindre un stade de conscience suffisant pour constater qu’on a fait une erreur et que l’on s’en souvient, bref on n’est pas en sommeil.
Être un Être Humain instruit, éduqué et compétent mentalement, c’est de ne plus jamais renouveler une erreur que l’on a commise ou que l’on a vu faire. C’est cette capacité de pouvoir tirer de toute erreur, un enseignement aussi « cuisant » et « inoubliable » que quand on se fait griller accidentellement la main au fer à repasser.
Les Guinéens depuis longtemps acceptent ce qui est inacceptable pour un peuple digne et fier des ses valeurs historiques, morales et culturelles. On trouve toujours des excuses possibles pour justifier pourquoi avoir accepté facilement ce qui est incroyablement difficile à accepter.
Ce n’est pas la faute du gouvernement, mais plutôt, c’est la faute des Guinéens qui ont accepté des incompétents, des inconscients et des irresponsables à la tête de leur pays. Peuple aveugle, la faute n’est pas au menteur, mais au menti (celui qui accepte le mensonge).
Il ne faut plus avoir peur de l’inconnu de demain, de l’après Conte car il est négatif de s’inquiéter à l’avance de ce qui est inéluctable. Le régime vit ses derniers moments si peuple prend ses responsabilités entre les mains.
Vouloir s’éterniser au pouvoir sans rien faire ne peut perdurer pour longtemps.
Rien n’est éternel et rien ne sera comme jadis. Comprendre cette vérité historique nécessite un grain d’esprit pour se désintéresser du superflu, des avantages financiers, des honneurs et accepter l’ADIEU. S’entêter est une preuve de stupidité.
Le régime du Général Lansana Conte tire vers sa fin. Le Général Lansana Conte, sa famille et ses clans militaro-mafieux qui ont échoué, mais continuent à prendre toute la Guinée en otage alors que la corruption n’a jamais été aussi entretenue au sommet de l’Etat.
Il est incompréhensible qu'un Chef d’État, un homme politique responsable, soucieux de la paix et de la stabilité dans son pays continue à entretenir une bande des « hors-la-loi », des « intouchables » qui commettent des exactions, des vols, des détournements, des viols ainsi que plusieurs autres crimes odieux au sein de sa propre population tout en tout en volontairement affamant, asphyxiant et suffoquant, tuant ses propres citoyens.
Le Général Lansana Conte à la tête d’un gouvernement ivre de pouvoir et d’argent du trésor public, ne cherche que son intérêt et est prêt à sacrifier toute la nation pourvu qu’il garde son pouvoir et arrive à un autre objectif que lui seul est au courant.
Aujourd’hui, ce gouvernement dont l’insouciance absolue vis-à-vis des problèmes socio-économiques étonne, ne rassure ni la communauté internationale ni la population.
Les Guinéens ne doivent pas désespérer. Sans être ni optimistes, ni pessimistes mais plutôt réalistes, ils doivent savoir et reconnaître que, malgré les déboires de cette oligarchie composée de politico-militaires et politiciens apatrides et fainéants, l’espoir de vivre ensemble dans la paix, la tolérance et l’inclusion dans ce pays diversement riche n’a pas disparu.
Plus que jamais, on a vraiment besoin d’une Guinée parlant d’une même voix devant une communauté internationale impartiale pour éviter cette guerre programmée qui ne fera qu'aggraver la misère de la population pour l'intérêt pyromane.
Chaque Guinéen ou Guinéenne devrait se poser la question de savoir ce qu’il ou elle même devrait faire pour sauver la Guinée.
Soutenir les syndicats moralement et financièrement serait une contribution inestimable et un geste positif vers le changement et dans le sens de voir se racheter.
Construire la paix en Guinée est un grand chantier noble, un bien précieux, une œuvre commune qui appartient à tous les citoyens du pays; elle est la résultante de la collaboration de tous à sa construction, son entretien et sa conservation. Chacun possède son lopin.
Les Guinéens ont face à eux un choix très simple : Soigner mal ou alors payer le prix. Mais le temps fatidique de ce choix, c’est maintenant, aujourd’hui, car demain, il sera trop tard.
Soutenons les syndicats. Ce sera le plus grand investissement dans l’œuvre de la construction de la Guinée de demain, paisible et prospère.
Rappelons-nous ou plus pour certains, il faut lire déclaration d’indépendance rédigée par Thomas Jefferson assisté de Benjamin Franklin, le 4 juillet 1776, à Philadelphie :
« Nous tenons les vérités suivantes pour évidentes par elles-mêmes : tous les hommes ont été créés égaux ; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont :
- Le droit à la vie ;
- Le droit à la liberté ;
- Le droit au bonheur […]. »
« C’est pour s’assurer de la jouissance de ces droits que les hommes se sont donné des gouvernements dont l’autorité devient légitime par le consentement des administrés […] »
« Lorsqu’un gouvernement, quelque que soit sa forme, s’éloigne de ces buts, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement en le fondant sur ces principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtra la plus propre à lui donner sécurité et bonheur ».
Que Dieu accompagne et guide la Guinée dans le changement.
Amen !
Dr Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD
Administrateur de Guinea-Forum
Contact-Email : webmaster@guinea-forum.org
Partenaire de www.nlsguinee.com