jeudi 18 janvier 2007
« Je risque de vous tuer tous les 4 (Dr Fofana, Rabiatou Diallo, Yamoudou Touré, et Dr. Baldé, ndlr). J’ai déjà tué, je suis capable de tuer encore, mais je ne sais pas quand est ce que je vais le faire… »
Telle serait la dernière confession de Lansana Conté.
Guinéennes et Guinéens
Lansana Conté et ses clans viennent de nous déclarer la guerre. La riposte doit être à la mesure de l’affront. Hier, leurs loubards ont osé tiré lâchement sur nos frères et sœurs en marche pour la victoire. Ils ont choisi la barbarie comme réponse au message des pacifistes qui expriment leur ras-le- bol. La lutte doit se poursuivre !
La grève ne peut plus être arrêtée sans le départ inconditionnel de Lansana Conté, et avec lui, tous les symboles qui l’incarnent (clans, famille et alliés de circonstances plus les aventuriers qui se sont inféodés à son pouvoir). Mais il n’aura pas de vengeance après leur départ. C’est à la justice de jouer son rôle, au moment venu, pour situer les responsabilités de chacun d’eux.
Aujourd’hui, Lansana Conté a décliné sa vraie identité. Il est tueur. Il étalé sa véritable nature aux Guinéens et au monde entier actuellement silencieux, pourtant foisonnant d’humanistes complices qui sont prêts à ouvrir la cantique des humanitaires alors que c’est maintenant qu’ils doivent intervenir. Cette nature est sa capacité à tuer. Mais ces propos effrayant ne sont plus ou moins que les paroles d’un naufragé auquel le mouvement échappe parce qu’il se bat et débat pour la survie. Lansana Conté veut encore croire à une infime chance de retourner les événements à sa faveur. Alors faisons de la journée de demain, celle de la désillusion du président autoproclamé.
Braves syndicats,
Le peuple vous remercie par anticipation, mais poursuivez la lutte jusqu’à la victoire finale laquelle est désormais proche. Et ce peuple vous suivra jusqu’à l’aube de la Liberté tout comme au zénith de la victoire de la démocratie. Lansana Conté, en rentrant ce soir à Wawa a eu le sommeil trouble si bien que la nuit n’a pu lui porter de conseil. Il s’est réveillera troublé. Donc refusons de lui accorder le temps de la réflexion comme il ne cesse de le faire depuis 23 ans.
Ne craignez les menaces de mort proférées hier contre quatre de vos collègues. Lorsqu’il tuait avant, il ne prévenait pas ses victimes. Ses menaces sont l’arme de la peur qui le gagne. Tenez bon. Restez vigilants et déterminés.
Voyez-vous, maintenant, c’est Lansana Conté, qui n’a jamais voulu du dialogue, qui vous invite à la table du dialogue. Il ne respecte pas ses engagements. Il veut gagner du temps.
Refusons-le-lui !
Aux populations de l’intérieur,
La grève se poursuit, populations guinéennes de l’intérieur. Certes, les informations sont censurées et déformées par Boubacar Yacine Diallo si bien que ses relais (Préfets et Sous-préfets) ne vous livrent que des mensonges. La seule vérité qui demeure est que toute la Guinée est en grève et aucun accord n’interviendra tant que Lansana Conté se maintiendra au pouvoir. La grève prendra fin quand nous vous déclarerons que le président, notre bourreau, est tombé sous les coups de la démocratie. Sans cette annonce, poursuivez la grève.
C’est pourquoi, je dis : Guinéens, « aux armes » pour attaquer tous les symboles du pouvoir qui nous a tant humiliés. Dans toutes les villes, renvoyez les représentants du système Lansana Conté pour qu’ils le rejoignent dans le navire qui va chavirer dans les jours à venir. Gardez le calme, mais avec détermination. Il n’y a aucun compromis dans la lutte engagée que Lansana Conté a transformée en guerre contre nous. Répondons-y par un seul mot : son départ de la tête de notre pays.
Paris 17 janvier 2007
Jacques Kourouma, France
Contact : Kourouma@tamsirnews.com
Pour www.nlsguinee.com