Guinée : Discorde Nationale : Affaire Camp BOIRO ou Affaire Diarra TRAORE?
16 août 2005
Certains veulent nous faire comprendre que camp BOIRO a été fait pour les peuls seulement. Aucun malinké ou d'autres ethnies n'y ont perdu leur vie. C'est être taupe. Au temps de la Révolution aucune ethnie n'a été épargnée, surtout les malinkés, ils ont été tués au camp BOIRO comme des mouches. Ce terme je l'ai eu de Facinet TOURE.
A l'aube de l'indépendance Kouroussa regorgeait d'officiers supérieurs: les Général Noumandian KEITA, Namory KEITA, Samgban KOUYATE, et autres, ils ont été décimés par Sékou TOURE. Les Petit TOURE, les Kaman DIABY, les KABA Laye, les Dabadou KARAMO, les Gbéléma Djènè, les Ibrahima Khalil MARA, les KEITA Fayala, les Mory SAGNO, les Mathos, les Tièkoura ZOUMANIGUI, les Capitaine DOUMBOUYA, les Lieutenant Ansoumane Bantou CONDE etc. etc. n'étaient pas des peuls. Les pendus du pont Tombo étaient deux malinkés et deux peuls: Moriba MAGASSOUBA dit Magass, Kara Souffiana KEITA; Ibrahima BARRY dit BARRY III et Ousmane BALDET.
Qui a voulu poignarder Sékou TOURE le 11 Juin 1968 au carrefour Consantin à Conakry? C'est Tidjane KEITA de Kouroussa, préfecture natale du Prof Alpha CONDE et de Enfant NOIR CAMARA Laye auteur de DRAMOUS. Les farouches opposants au régime de Sékou TOURE étaient surtout parmi les malinkés en Haute Guinée. Les faits de l'Histoire sont têtus. On ne peut pas les modifier.
C'est ça le propre du Malinké. Cela fait partie de nos coutumes et de l'Histoire du Manding: lutter contre l'injustice même si elle vient d'un parent. L'impartialité est Manding
Prof. Alpha CONDE a été condamné à mort par contumace par la Révolution en 1970. Son nom est cité dans la déposition de Alpha Abdoulaye DIALLO Portos. C'est ce Alpha CONDE qu'on accuse d'être admirateur du système de Sékou TOURE par les anti-malinkés parce qu'il est à la tête d’un puissant parti, le RPG.
Donc comme je le disais aucune ethnie n'a été épargnée dans l'affaire Camp BOIRO. C'est cela qui fait dire par beaucoup d'observateurs que ce n'est pas l'affaire camp BOIRO qui a déchiré le tissu social en Guinée. Certes l'unité nationale a été éprouvée, mais elle n'a pas été déchirée comme avec le régime du Général Lansana CONTE.
Pour preuve à la mort du "Grand Syli" le 26 Mars 1984 nos militaires n'ont eu aucune peine pour se mettre d'accord pour mettre sur pied le CMRN pour diriger le pays à partir du 3 Avril 1984.
L'affaire "32 escaliers" ou Affaire Diarra TRAORE.
D'abord il faut dire que Diarra TRAORE n'était pas du coeur des malinkés. C'est CONTE qui a fait de Diarra un martyr parce qu'il a ethnisé ce présumé complot. Il pouvait arrêter Diarra et les quelques officiers qui l'entouraient, ils sont tous militaires, ils se connaissent, et il les exécute. Cela n'allait pas affecter l'unité nationale. Avec sa célèbre phrase "WO FATARA", ensuite il en a profité pour faire une épuration ethnique au sein de l'armée. Il a profité aussi pour exécuter sélectivement les anciens dignitaires qui attendaient d'être jugés.
Le lieu d'exécution au pied du Mont Gangan à Kindia, les victimes parlaient une seule langue: la langue N'KO de Soundiata KEITA.
Le Général Lansana CONTE est un excellent manipulateur. Il s'est arrangé à ce qu'aucun officier soussou ne soit de la partie. Les officiers d'exécutions sont: Capitaine Mamadou BALDET à l'époque Ministre de l'intérieur, Commandant Ousmane SOW de la Défense, et Commazone de Kindia Ibrahima Sory DIALLO. Voilà encore un point de départ du malheur guinéen, de discorde de l'unité nationale. CONTE a su opposer les deux principales ethnies de la Guinée peul et malinké: Diviser pour régner. Ces trois officiers Mamadou BALDET, Ousmane SOW et Ibrahima Sory DIALLO, ont été vraiment naïfs et irresponsables pour avoir accepté ce sinistre rôle. Ceux qui veulent les défendre parce qu'ils sont leurs parents n'ont qu'à s'en prendre à leur sottise. Ils ont été bêtes. Chaque fois qu'on parlera de l'affaire Diarra TRAORE, ils seront sinistrement cités, car il ont hypocritement et volontairement accepté un sale rôle.
Pour preuve aujourd'hui c'est que l'armée guinéenne est incapable de se mettre d'accord pour déposer le mourant de Wawa, à l'instar des autres armées de la sous-région, elle est plus que divisée.
Quand le vin est tiré, il faut le boire. C'est ce qui est arrivé aux Guinéens. Il nous revient, nous les guinéens, de gérer cette douloureuse situation que nos deux présidents Sékou TOURE et Lansana CONTE nous a imposé. Au lieu de continuer à accuser les autres, à nous entredéchirer, à nous insulter. Cela ne nous enverra nulle part sauf à la guerre civile qui ne profitera à personne parmi nous.
Ibrahima Khalilula DIAKITE
Paris France
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