vendredi 12 janvier 2007
La grève est lancée depuis le 10 janvier 2007. Les Guinéens sont introduits dans une zone de turbulences qui nécessite beaucoup de vigilance et de sérénité, mais également un sens aigu du patriotisme. En effet, les agitations des uns et des autres peuvent porter un tort dommageable à la volonté et à la détermination affichée par la majorité des Guinéens.
Alors comment procéder pour que la victoire soit au rendez-vous ?
Aux dernières nominations, je faisais savoir, à vous, chers compatriotes que l’arrivée de Boubacar Yacine Diallo à la tête du ministère foyer de mensonges et de l’intoxication, augurait le réveil des méthodes machiavéliques et des pratiques staliniennes apprises à l’école de la Securitate en Roumanie. Il n’a pas fallu assez de temps pour s’en rendre compte.
Certes, les événements sont pour beaucoup, notamment la grève, qui l’obligent à improviser alors qu’il se préparait pour la grande bataille que Fodé Bangoura doit livrer immanquablement contre ses concurrents de la course au fauteuil présidentiel.
Ainsi mon ami, Boubacar Yacine Diallo a sorti de ses archives les vieilles méthodes de l’époque des rouges, entendons le bolchevisme- stalinien.
Après avoir prolongé les heures d’émission de la RTG, il fait maintenant parler des préfets sur ses antennes. Cette tentation à vouloir éroder la volonté des Guinéens dans leur profonde aspiration au changement du système conté n’est que le prélude à la mission qui lui est confiée et qui justifie sa nomination. D’où le choix de ses marionnettes loin de la capitale guinéenne pour éviter le contrôle des propos auprès des auteurs fictifs par des hommes responsables.
Ce faisant, il a toute la latitude de manipuler à volonté l’opinion publique qui, bien heureusement, n’est plus dupe. Mais le souillon de la République a pris le parti de la désinformation. Le Préfet de Lola et d’autres auraient été interviewés. Les faits contredisant les propos qui les sont prêtés. La grève est suivie sur toute l’étendue du territoire. A Lola, personne n’est sortie comme le laisse entendre la voix de la nouvelle révolution initiée par le ministre de la désinformation.
Guinéennes et Guinéens,
En cette phase de notre existence, aucun patriote ne se solidariserait de l’aspiration au changement du système Lansana conté. Tous les propos tenus sur la RTG, celle qui a servi à exterminer les cadres guinéens sous l’ère de la cinquième colonne, ne sont que mensonges.
Ce que Boubacar Yacine Diallo ne nous dit pas, c’est que des ministres ont pris la décision de se joindre aux grévistes. Ils ne peuvent l’avouer publiquement parce que la machine tueuse est suspendue sur leur tête. Faits prisonniers du système auquel ils appartiennent, ils n’attendent plus que les Guinéens descendent dans les rues pour prouver leur adhésion au mouvement libérateur. C’est pourquoi, je répète que tous les Guinéens doivent continuer à dissuader voire convaincre les parents du bien fondé de cette grève.
Tous les jours, nous avons, tous, l’obligation civique d’appeler un parent pour lui dire que le crépuscule qui enveloppe notre pays n’est pas une fatalité. De par notre résistance, le jour peut se lever à l’horizon de la Guinée, flamboyant de rayons chaleureux et non brûlants pour réchauffer la terre ancestrale de la vertu de la liberté et de la démocratie.
Mais pour que se lève ce soleil, les acteurs publics du moment (syndicats, société civile, politiques et dans une moindre mesure les chefs religieux) doivent ouvrir le front de la diplomatie offensive. Il consiste à envoyer des émissaires par le monde pour expliquer la grève et solliciter leur soutien voire leur contribution. Très longtemps, les démocrates et amis de la Guinée nous ont reprochés l’immobilisme donc l’inaction. Maintenant que l’éveil se fait jour, les Guinéens ont besoin de leur soutien, vrai et réel.
Certes, personne d’autre que les Guinéens, ne fera chuter le système pourri de Lansana Conté, mais un soutien est un adjuvant à l’action libératrice.
Chers Compatriotes,
Le stationnement actuel des chars, des forces militaires et de sécurité au carrefour du 8 novembre, celui des voyous, les (Rangers), à nos frontières avec le Mali et les autres pays frontaliers n’est rien d’autre que l’expression de la peur qui fait dérober le sol sous les pieds de nos bourreaux. Poursuivons la grève !
Les tentatives de négociation que préconise Aboubacar Somparé ne sont que des subterfuges. Rappelons-nous que Lansana Conté n’a jamais voulu du dialogue. Il ne connaît pas de négociation. La seule fois qu’il l’a pratiquée, ce fut lors des événements de février qui faillit l’emporter. Autant dire que nous devons poursuivre la grève jusqu’à la chute de son pouvoir autiste et meurtrier aujourd’hui soutenu par des aventuriers mercantilistes qu'il faut empêcher, par tous les moyens, de fuir le pays.
A la victoire finale, ils devront rendre compte sur l'origine de leur faramineuse fortune acquise en si peu de temps au détriment des populations guinéennes.
Donc restons extrêmement vigilants !
Dans la nuit du mercredi 3 au jeudi 4 janvier 2007, Henry Toffany, le monsieur sécurité, a fait la ronde des anciens du CMRN originel et de certains militaires à la retraite. Ils ont tenu une réunion de Conseil de sécurité. Deux options auraient été soumises à la réflexion : prendre le pouvoir ou empêcher la grève. Les deux ne sont pas exclusives. Alors, la décision aurait été prise d’observer dans un premier temps l’évolution des choses. Au cas où la force populaire semblerait l’emporter, ils procéderaient à un coup d’Etat militaire. Ce dernier scénario est celui qui les mobilise actuellement et fait qu’il surveille tout pour éviter la prise de pouvoir par un autre groupe.
Voyez-vous, chers compatriotes, qu’il s’agisse de Bouboucar Yacine Diallo dans ces turpitudes ou des actions de façade du Général Kerfalla Camara à la tête du groupe Henry Toffany, la stratégie reste la même : observer l’évolution de la grève puis s’accaparer du pouvoir par la suite. Mais ce schéma, qui apparaît si simple, ne l’est pas dans l’agir parce que d’autres forces attendent démonter leur patriotisme. Voilà pourquoi le temps de latence va être un peu long.
En attendant, poursuivons la grève. C’est notre seul salut pour la renaissance de notre beau pays.
Paris 12 janvier 2007
Jacques Kourouma pour tamsirnews.com
Contact : Kourouma@tamsirnews.com
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com