dimanche 07 janvier 2007
Il est 2 h 30mn, ce dimanche 07 janvier 2007, je rentre de la pose hivernale comme tradition, je m’informe sur les nouvelles fraîches de la Guinée, à travers l’Internet, avant d’embrasser le lit. Sans
grande surprise, toutes mes attentions sont captées par la déclaration du porte-parole du régime de Conakry. Une déclaration trompeuse et vide de conscience basée sur des langages banditisme pour déjouer la manifestation légitime du 10 janvier prochain.
Mr Moussa Solano
La fonction régalienne de l’Etat est une notion connue par le dernier paysan de la république. Parmi les taches assignées au pouvoir public, le prérogative de battre la monnaie est une notion saillante qui retient l’attention de tous les gouvernements modernes. Car c’est avec cet instrument, politique monétaire, que la puissance publique relance l’économie nationale, en réduisant le chômage et stimule la croissance à court terme.
Mon intention n’est pas de donner un cours d’économie monétaire ou publique à Mr Solano, mais il est très difficile de répondre, de façon rationnelle, le contenu de la déclaration fallacieuse du porte-
parole du gouvernement sans mettre exergue quelques notions économiques indispensables pour la gouvernance des affaires publiques.
Chaque Etat du monde pour accomplir ses fonctions régaliennes, la sécurité nationale, la défense du territoire national, éducation bref tous les services d’intérêt général, dispose les moyens suivants :
Les impôts : les prélèvements fiscaux effectués par l’Etat, vertu de son pouvoir de contrainte, sur les agents économiques privés sans contreprestation directe de sa part. Dans le cours normal des choses, le management efficace des ponctions fiscales est nécessaire, bien qu’il ne soit pas suffisant, en fin d’éviter le financement de déficit budgétaire par les emprunts et la création monétaire (seigneuriage) source de dépréciation de la monnaie locale qui génère l’inflation (la baisse du pouvoir d’achat) et les tensions politiques.
Ce phénomène macroéconomique qui est la cause principale de l’indépendance des banques centrales dans les années 80 explique largement les causes profondes de la crise socio-économique de la Guinée.
Avant de faire une lumière radieuse sur ce phénomène, dans le concept particulier de la Guinée, connu par les spécialistes comme une taxe inflationniste, tout d’abord donnons une définition de la dépréciation d’une monnaie. Celle-ci constitue une diminution de la valeur d’une monnaie par rapport à d’autres monnaies ou à un étalon de référence dans un système de change flexible. La dépréciation du franc guinéen est due essentiellement au seigneuriage (c’est à dire la création du Franc guinéen par le régime de Fory coco). Celle-ci a pour but de financer une part importante de dépenses publiques, réelles ou fictives, qui sont, dans la séquence normale de choses, financées par
les recettes fiscales, minières, douanières?
Ceci dit que le détournement des ressources fiscales, les corruptions institutionnalisées par le régime de Conakry et l’abandon de gouvernement bandit du dernier dictateur ouest africain par le FMI et la BM, ne laissent pas d’autres alternatives de financement dépenses publiques. Et les conséquences directes et indirectes de la dépréciation du franc guinéen sont connues même par les simples amateurs de la science économique.
Dans le commerce, la dépréciation entraîne une différence entre le prix d’achat et le prix de vente car lorsqu’un commerçant achète un produit, le taux du court moyen pondéré n’est pas le même lors de l’achat et de la vente.
Compte tenu de la dépréciation de la monnaie locale le coût de la main-d’œuvre a beaucoup baissé, malgré la hausse des différents prix du fait de la dépréciation, les salaires n’ont que peu augmenté entraînant le mécontentement et l’appauvrissement de la population guinéenne.
Je termine cette analyse en signifiant à Mr Salano de fournir un effort conjugué permettant de freiner le glissement du franc guinéen sur un plan incliné de 45 degré, cette politique reste et demeure la seule et unique remède de la crise socio-économique actuelle de mon pays.
L’augmentation insignifiante du salaire des fonctionnaires, énumérée dans votre déclaration, est loin d’être une solution efficace de la crise guinéenne. En 2002, 100 Euros s’échangeait officiellement contre 200.000 FG (soit le salaire moyen d’un fonctionnaire) à la seconde ou je suis en ligne l’équivalent de même 100 Euros est 850.000 FG (soit approximativement le salaire de 4
fonctionnaires). Comment expliquerez-vous cette bêtise humaine?
A l’instar de ces faits pertinents, Mr Solano a déshonoré les institutions démocratiques et la nation toute entière en parlant de l’avancée de la négociation des plates-formes revendicatives syndicales.
Kaba Mamady Badra
Student of Geneva University
kabascientifique@yahoo.fr
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com