mercredi 03 janvier 2007
La richesse intarissable d’une nation est l’éducation de ses enfants. Le système éducatif Guinéen nécessite une réorganisation.
En effet, les institutions universitaires sont devenues des centres inaptes pour former un enseignement de qualité, de par sa gestion calamiteuse, de par un effectif pléthorique des étudiants et le contenu même des enseignements dispensés. A tous ces aspects vient s’ajouter les honteuses conditions de vie infligées à ce qui devrait être l’élite de demain.
Cette dure réalité est liée, entre autres, (à Conakry) à :
- la fermeture en 2004 des quatre foyers qui représentaient le campus universitaire ;
- le manque de matériels didactiques et pédagogiques ;
- la vétusté des laboratoires ;
- Pendant l’année universitaire 2003-2004, on comptait 6 ordinateurs pour tous les étudiants de la faculté de sciences dont l’effectif dépassait largement les 3000 étudiants.
Les salles d’ordinateurs seront fermées en 2005
L’Université manque crûment d’installations sanitaires dignes. Il suffit de faire un tour au niveau des toilettes de la faculté de Génie Civil (près des blocs) pour s’en apercevoir. Ce n’est pas la déception, mais la nausée qui vous noue la gorge si vous ne dégueulez pas sur-le-champ. Poursuivez la visite au niveau des étages supérieurs, les toilettes ne sont que de nom. Elles n’ont rien qui justifie leur appellation ; absence de tout : eau, papier de toilettes…. etc.
Dans cette ordurière, les chercheurs et les étudiants paient le lourd tribut. Exposés aux substances toxiques et cancérigènes, ils n’ont aucune protection. Même le réactif le plus élémentaire ; c’est-à-dire l’eau, fait défaut.
Des professeurs y ont été infectés. Certains en sont décédés quant les autres se retrouvent avec des maladies à répétition. Le seul professeur de Mécanique Quantique, monsieur Appolin Bawé Kondiano, est décédé en 2006 des suites d’une infection cancérigène contractée dans les Labo depuis 2005.
Il aurait pu bénéficier d’une bourse sanitaire pour être soigné à l’étranger, mais le secrétaire général de l’époque s’y était opposé. Monsieur Kondiano a laissé une veuve d’origine asiatique et deux enfants à bas âge. Comme il était le seul professeur de cette discipline, il n’y a plus d’enseignement de Mécanique Quantique.
Les Etudiants ne sont pas épargnés par cette gestion qui n’est que l’image réfléchie du gouvernement Conté.
Les intellectuels guinéens doivent se pencher sur les conditions d’études et de travail dans nos universités sinon, ce sera l’hécatombe même si le mot sonne fort. Donc agissons avant qu’il ne soit trop tard !
Tamsir Diallo pour tamsirnews.com
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com