mercredi 27 décembre 2006
Le 28 novembre 2006, j'intitulais un de mes articles :
(Demain, il sera trop tard !).
Le déroulement des événements semble justifier la mise en garde faite dans ce billet à vous, chers compatriotes.
La journée du 27 décembre 2006 a été un de ces jours particuliers et singuliers à Conakry tel que nous commençons maintenant à nous y habituer.
Le 22 décembre 2006, un décret, qui aurait été signé par le Président Lansana Conté, annonça un remaniement partiel aux Guinéens. Le mini bus gouvernemental débarquait quelques ministres avant la gare d'arrivée (Aboubacar Sylla, Jean Claude Sultan et Ibrahima Keira.) Fodé Bangoura, le conducteur en avait aussitôt profité pour embarquer ses amis longtemps en embuscade. Il leur confiait des tâches :
Yacine Boubacar Diallo devient son parolier et son griot en chef Aminatou Barry pour servir de madame des postes et télécommunication de Guinée, Mandaou Cissé comme promoteur des routiers et transporteurs de notre pays, Eric Benjamin Collin, chef des cuisines guinéennes et de l'artisanat tombé entre les mains des Chinois sous la gouvernance de dame Aminatou Barry, Fodé Chapeau Touré, devient le guetteur des bandits et autres criminels qui enlèvent la tranquillité aux familles guinéennes.
Pour cette équipée, la messe paraissait être dite. Non, tous les ministres tombant en disgrâce ne sont pas des fuyards ou des couards par défaut de véritables alliés. Ibrahima Keira semble avoir la dent longue parce qu'il aurait de vrais amis au sommet de la colline de Lansana Conté. Ainsi un décret, selon des proches du pouvoir, vient de le remettre en selle. Il reprendrait ses fonctions.
Un autre élément majeur de la même journée, selon les mêmes sources, aurait été la remise officielle de tous les documents de voyage, d'identité et autres papiers administratifs autrefois confisqués par le chargé des affaires présidentielles. Celui qui les recevait n'est autre qu'El Hadj Mamadou Sylla, le Président du patronat guinéen. Cette restitution se serait faite sur injonction de la justice guinéenne. Donc désormais le patron de Futurelec serait libre de ses mouvements. Il pourrait sortir de la Guinée quand il veut et comme il l'entend.
Ces événements de cette journée du 27 décembre 2006, s'ils sont effectifs, ne seront qu'un désaveu cinglant de l'action Fodé Bangoura. Que va-t-il faire : démissionner ou se maintenir à son poste en acceptant d'être l'opprobre des Bangoura de Guinée ?
Paris 27 décembre 2006
Jacques Kourouma, Paris, France
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com