dimanche 24 décembre 2006
Très chers compatriotes, le fondement de la deuxième république repose sur une logique selon laquelle, « le peuple de Guinée s’engage à tirer les leçons du passé pour assumer et assurer souverainement son destin ».
Cependant, le seuil de despotisme dont fait preuve la deuxième république guinéenne est totalement contraire à cette logique car, depuis une quinzaine d’année, l’Etat n’a fait qu’avancer à reculons dans les réformes pour la garantie des droits individuels du citoyen guinéen. Le mépris à l’égard du respect des principes de la démocratie et des droits de l’homme devient de plus en plus vulgaire.
C’est ainsi que les évènements de ces derniers mois, relatifs au contentieux entre l’Etat guinéen et quelques hommes d’affaires, viennent couronner une année symbolique de régression et de répression intense de l’Etat, d’autant plus que, aucune commission n’est encore mise en place pour situer les responsabilités, juger les accusés, condamner les coupables et indemniser les victimes des évènements des 12 et 13 juin 2006.
Certes, pour parer aux erreurs commises durant la première république, a été établi une constitution définissant les droits et devoirs de tout citoyens, de même qu’une diversité d’opinion pour parer au totalitarisme institué lors de la première république ; Cependant, vingt-deux ans après la naissance de la deuxième république, « le peuple de guinée découvre que toute société où la garantit des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminés, n’a point de constitution ».
C’est ainsi que, au crépuscule de la deuxième république et à l’avènement de la Troisième République, il serait préférable de mettre les véritables sujets qui mettent en panne la démocratie guinéenne sur la table du dialogue et de négociation. A savoir : « la Séparation des Pouvoirs et la Neutralité de l’Armée Nationale dans la vie politique guinéenne ».
Dans les lignes qui suivent, nous traiterons exclusivement de la nécessité de séparation des pouvoirs en Guinée. Dans les analyses ultérieures nous traiterons, non seulement, de la nécessité d’une homogénéisation et d’une neutralité de l’Armée Nationale dans la vie politique guinéenne ; mais également, du rôle de l’Armée Nationale en cette période de Pré-Transition vers la Troisième République.
Guinéennes et guinéens, très chers compatriotes, l’Etat de droit ne peut être une réalité sans une réelle volonté de démocratisation de la vie politique guinéenne. Laquelle démocratisation doit se traduire par une distinction et une séparation entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire.
Cette séparation des pouvoirs constitue, non seulement, un obstacle au despotisme et à la tentation du pouvoir personnel, mais en plus, elle est le gage de la préservation des droits fondamentaux des citoyens grâce au contrôle mutuel que les trois pouvoirs exercent les uns envers les autres.
Désormais, il n’est plus question de chercher à rectifier la deuxième république, comme y sont pleinement engagés les politiques actuellement, mais plutôt à préparer la naissance de la troisième république sur des bases saines, solides et évolutionnistes.
Cependant, les mémoires collectives sont à présent assez riches pour qu’on prépare l’avènement de la troisième république à l’image de celle de la deuxième république. Il faudra entendre par « Préparer la naissance de la troisième république » :
• Tout d’abord, la nécessité d’amener la deuxième république à prendre conscience de l’intérêt impérieux pour la Guinée de redéfinir les règles d’un jeux loyale, où le peuple de Guinée ne sera plus jamais victime ;
• Puis, la nécessité d’une remise en cause de sa légitimité, à travers le dialogue, les négociations et des élections libres et transparentes.
Pour ce qui est de la remise en cause de sa légitimité, grâce aux efforts conjoints des opposants politiques, la deuxième république accepte volontiers de se prêter au jeu et organise activement les élections législatives de 2007.
Par contre, toute la question est désormais: « Comment amener la deuxième république à prendre conscience de la nécessité d’une redéfinition des règles du jeux, de façon à aboutir à une distinction et à une séparation optimale des pouvoirs en Guinée ? »
Amener la deuxième république à prendre conscience de cette nécessité, c’est déjà commencer à rendre au Parlement de la République de guinéen toute sa légitimité. Car une légitimité parlementaire retrouvée assurerait, non seulement, un arbitrage équitable entre les forces politiques actuelles en vue des prochaines échéances électorales ; mais aussi, elle insufflerait au gouvernement l’intérêt de se démarquer de la mal gouvernance et des luttes claniques pour s’attaquer aux affaires socioéconomiques urgentes, dont le peuple de Guinée endure quotidiennement.
Bien évidemment, cette décision d’organiser des législatives suppose, ex ante, de la part de la deuxième république une prise de conscience de la nécessité d’un rééquilibrage des pouvoirs, de façon à impliquer tous les citoyens dans la gestion de la chose publique. Mais comment cela serait-il possible si n’a été discuté, entre opposants et gouvernants, lors du pseudo-dialogue politque d’août dernier, que du processus électoral et non des prérogatives, des pouvoirs, de l’autonomie et de la souveraineté de la future Assemblée Nationale ?
Chers compatriotes, il est impératif que la future Assemblée Nationale guinéenne puisse contraindre l’exécutif à collaborer en permanence avec elle, et ce, afin d’avoir une chance que les forces individuelles et collectives se tournent vers les urgences du pays, lesquelles urgences sont les principales causes qui guident la lutte de la Société Civile.
Dans un régime présidentiel qui est le nôtre, l’Assemblée Nationale devrait disposer, en toute souveraineté, de toutes ses prérogatives, notamment celles :
• de ratifier les traités ;
• d’approuver les nominations aux emplois publics jugés importants (Cour Suprême, membres du gouvernement, hauts fonctionnaires) ;
• de contrôler en permanence l’activité des administrations et de l’exécutif ;
• d’être indissoluble par l’exécutif et, à l’inverse, de ne pouvoir mettre en cause l’exécutif ;
Guinéennes et guinéens, « Pour ne plus que le peuple de Guinée soit victime des abus de pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ».
Un seul et unique acteur est capable de persuader la deuxième république à cette urgente nécessité ; c’est vous, c’est moi, c’est le peuple de Guinée et sa Société Civile. Nous l’avons déjà démontré, lors des deux grèves générales de février et juin 2006, que nous en sommes capable.
A présent, nous devons franchir le pas et baisser le voile qui, jusque là, nous maintenait à distance des affaires publiques ; la seule opportunité qui se présente à nous à cette occasion est celle des législatives de 2007.
C’est dans ce sens que nous appelons la jeunesse de Guinée et la Société Civile Guinéenne à se remobiliser, à se dépolitiser et à s’organiser pour agir. Agir, non pas pour manifester et tout casser lors des législatives de 2007 ; mais plutôt, agir en amont et en aval de façon consensuelle et très responsable pour éviter de futiles bains de sang.
• Agir en amont : consiste à opérer le choix de cette personnalité intègre, souveraine, apolitique, capable, consensuelle et membre de l’espace civil guinéen ; laquelle personnalité devra assumer et assurer la présidence de l’Assemblée Nationale guinéenne. Ce travail en amont constitue la plus grande part de notre action, d’où la nécessité de désigner un Organe Civil suffisamment structuré pour mener à bien le plan d’action dans le respect des délais.
• Agir en aval : consiste, une fois le choix de la personnalité consensuelle effectuée, à soumettre, dans les délais, à la classe politique guinéenne (gouvernants et opposants), à l’armée nationale et aux institutions internationales la feuille de route consensuelle avec nos motivations, qui s’inscrivent plus dans un souci de réussite de la transition vers la troisième république, que dans un souci politico-politique ou de trouble de l’ordre public.
Deux situations sont susceptibles de se produire au terme de ce plan d’action :
Dans le premier cas de figure, les gouvernants et les opposants sont persuadés de la nécessité de redéfinition des règles du jeu, et adhèrent aux négociations qui devront aboutir à un consensus quant à la légitimation de l’Assemblée Nationale. Laquelle légitimation doit se traduire par « la mise du pouvoir législatif sous tutelle de la Société Civile ».
C’est vraiment le cas de figure espéré et souhaité !
Dans ce cas d’espèce, nous assisterons à des élections législatives réussies du fait de la confiance regagnée en l’institution :
• Participation massive de la population aux votes ;
• Représentation de toutes les circonscriptions électorales ;
• Représentation fidèle de toutes les tendances politiques ;
• Maintient d’un lien étroit entre les députés et leurs circonscriptions ;
• Participation active de la Société Civile à la réussite des élections ;
• Participation de la Société Civile dans l’atteinte de l’« Objectif zéro mort et zéro blessé » lors des campagnes et élections ;
• Renaissance de la classe politique et du débat public au sein du parlement ;
• Remobilisation de l’ensemble de la classe politique vers les urgences socioéconomiques ;
• Quasi-assurance de réussite d’une transition démocratique paisible à l’échéance 2010.
Ce cas de figure suppose une réelle bonne volonté de la deuxième république et des opposants politiques à se reconvertir et bien préparer l’avènement de la troisième république.
Dans le second cas de figure, les gouvernants et/ou l’opposition, loin d’adhérer à l’idée d’être désormais contrôlé directement par le peuple, rejettent l’idée et organisent des élections pour distribuer des chaises et partager le pouvoir législatifs, avec les opposants jouant le jeu de continuité du système de gouvernance actuel. C’est le cas de figure que nous sommes loin de souhaiter.
Dans le cas échéant, le travail en amont déjà réalisé nous servira de base pour user de tous les droits qui nous restent encore pour boycotter les législatives de 2007, en les inscrivant dans la longue liste des évènements sombres de la deuxième république.
Sur ce, nous mettons déjà en garde les politiques pour un quelconque incident qui causerait dommage ou coûterait la vie à un citoyen guinéen durant leurs campagnes futiles. Et ce, au risque d’assister à des marches et revendications qui réclamerons la démission du gouvernement actuel et l’instauration d’une période de transition, dirigée par la personnalité consensuelle (choisi par l’ensemble de la Société Civile) et un gouvernement d’Union National, qui établira les bases solides d’un Etat de Droit pour la Troisième République Guinéenne.
Guinéennes et guinéens, nous souhaitions à la veille de l’année 2006: réveil national, compréhension, entente, changement, lumière, prospérité et surtout conscience nationale pour la Guinée, les guinéens et toutes les nations du monde. Au terme de la même année 2006, nous remarquons que nos vœux ont été en grande partie comblé car, tout au long de cette année :
• Nous avons vécu un grand « réveil national » : à l’image des grèves générales de février et juin 2006 ;
• Nous avons vécu « compréhension et entente » : à l’image de la Concertation Nationale de mars 2006 et du récent dialogue politique;
• Nous avons perçu « lumière et changement » : à l’images de la dégradation de la santé du Chef de l’Etat et de l’arrestation provisoire de quelques hommes d’affaires despotes ;
Par contre :
• La prospérité à beaucoup manqué : malgré que la Guinée possède l’un des indicateurs Richesse Naturelle par habitant le plus élevé de l’Afrique, par faute d’effort de transformation, la pauvreté s’est considérablement accrue et la précarité s’est imposée en 2006 (inflation galopante, chômage fleurissant, le pays le plus corrompu de l’Afrique, manque d’eau potable, d’électricité, de soins médicaux, de moyens et voix de communication,…)
• Les abus ont fusés : à l’image des multiples remaniements de gouvernements ; à l’image de la confusion entre les pouvoirs par rapport au contentieux entre l’Etat et quelques hommes d’affaires ;
• La répression contre les médias et la population s’est accrue : à l’image de la répression des 12 et 13 juin ; à l’image de l’intimidation des journalistes privés (Mr Amadou Sadio Diallo) et de l’acharnement contre les médias en justice (MM. Alpha Diangolo Barry et Jacques Kourouma).
Etant donné que nous ne saurons jamais dans ce bas monde « de la poule ou de l’œuf le premier à exister », alors nous prions le Tout Puissant, le Très Miséricordieux, l’Unique, le Capable, le Sage, le Juste, que cette nouvelle année 2007 soit, en plus, une année: de prospérité, démocratique, d’avancée vers le respects des droits de l’Homme et de la liberté d’expression, de justice et de paix pour la Guinée, l’Afrique, les guinéens, les africains et toutes les Nations de monde.
Par contre, nous pouvons être convaincu que l’année 2007 sera une année de progrès et de changement, si la Jeunesse de Guinée et la Société Civile guinéenne assument leur responsabilité en vue des élections législatives de 2007.
« Meilleurs vœux de nouvel an à toutes et à tous ! »
« Tout pouvoir est méchant dès qu'on le laisse faire ; tout pouvoir est sage dès qu'il se sent jugé » ALAIN
« Une baguette est facile à casser, dix baguettes sont dures comme fer » Proverbe chinois
« La justice sans la force est impuissante et la force sans la justice est tyrannique » Blaise Pascal
« La vérité est une puissance devant laquelle, tôt ou tard, chacun doit s'incliner » France Bréjent
« Celui qui se sait profond s'efforce d'être clair ; celui qui voudrait sembler profond à la foule s'efforce d'être obscur.» Friedrich NIETZSCHE
Vive la voix de la jeunesse, vive la renaissance de la Société Civile Guinéenne, pour que vive la Troisième République de Guinée !!!
Mamadou Oury Diallo
Contact : chiccodiallo@yahoo.fr
Représentant de www.nlsguinee.com au Maroc