dimanche 24 décembre 2006
Le retour de M. Alpha Condé aura donné du tonus aux militants et autres sympathisants du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG). Le président du RPG préfère venir aux nouvelles : « Je ne suis pas venu pour tenir un discours, ni une conférence mais tout simplement vous dire bonjour. Je viens de rentrer de l’étranger. Par conséquent, il me faut écouter tout le monde séparément pour être bien informé de la situation interne du parti avant de faire quoi que ce soit », a –t-il déclaré.
Décidément, il en a écouté, lui qui a choisi l’étranger pour apporter le changement en Guinée. Loin, très loin des réalités du pays. Le grand perdant du dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition (qui aura permis d’espérer à une amélioration des rapports de force), c’est cet ancien bagnard de la Maison Centrale.
Comme l’a dit un confrère, « on croirait plutôt que Alpha Condé ne veut pas saisir l’histoire à bras-le-corps...
Maintenant que les élections pointent à l’horizon, le numéro un du RPG n’entend pas se laisser grignoter son électorat. Réunions, mamaya et autres rencontres se suivent et ne se ressemblent pas. Le leader RPG, aussi paradoxale que cela puisse paraître, ne prend le pouls de l’actualité qu’à son retour au bercail.
Le plus rouge (entendez, communiste) des politiciens guinéens jette son dévolu sur les élections législatives de 2007. En véritable patriarche, il reçoit et écoute religieusement les "rapporteurs" de son parti.
De qui se moque le président du RPG ?
Etait –il complètement déconnecté des nouvelles du pays ?
Ce sont là des preuves irréfutables que le ‘’professeur’’ avait d’autres à fouetter à l’étranger. Le siège du parti à Hamdallaye n’a jamais désempli tout le temps qu’a duré le séjour du leader du RPG. Celui-ci s’est contenté d’ajourner sont retour au pays.
Dans le milieu de la presse, l’on reconnaît unanimement la susceptibilité de l’homme. « Il ne peut pas diriger ce pays, parce qu’il est nerveux ». Un futur dirigeant de la Guinée se doit d’avoir le dos large, tout au moins face à la presse nationale. A bon entendeur…
Il ne s’agit pas seulement de dire des bénédictions pour la bonne marche du parti, il faut aussi savoir diviser la poire en deux. Le mot jamais n’existe pas en politique, Charles De Gaulle l’a dit. Le RPG gagnerait à être autour d’une table de négociation avec les autres partis. La politique, c’est aussi le consensus. Faire cavalier seul n’a jamais payé. Et ce n’est pas le leader de l’ UPG, Jean-Marie Doré, qui dira le contraire.
Marie Touré
Une Correspondance de Mohamed Diallo
Pour www.nlsguinee.com