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    L'alternance politique en Guinée : La force face aux textes de loi !

     vendredi 22 décembre 2006   

    C'est avec beaucoup de déférence que j'ai dégusté les réflexions du juriste, Machanera Ibrahima Sory, dans son texte titré: "Que vaut l'article 34 de la loi fondamentale guinéenne?".

    Il s'est excellemment bien outillé des textes de loi guinéens pour assaisonner son argument. Le ton est aimable. Il achève sa causerie en rappelant que "sa proposition exprimée n'est dirigée contre les idées de personne. C'est un simple point de vue parmi d'autres dans notre recherche des solutions aux problèmes de notre pays."

    Ecoutez ! M.Makanera Ibrahima Sory, que vous ayez pris tout votre temps pour exprimer ce qui sonne clairement au fond de votre pensée est une chose fantastique. Votre réflexion ouvre un débat. Et je trouve cela génial. Mais je ne saurai être d'accord avec vous si vous vous embarrassez de susceptibilité. Je vous fais la révérence pour la pertinence de vos idées dont le soubassement part des textes de loi.

    Par contre n'ayez aucune gêne de heurter "les idées" de telle ou telle personne. Surtout que vous prenez la bonne initiative d'ouvrir une causerie autour d'une question qui me paraît importante: à quoi servent véritablement les textes de loi démocratiques dans un régime despotique ?

    A la lumière de votre réflexion on se rend bien compte que la problématique de l'alternance démocratique en Guinée n'est nullement liée à une défaillance de nos textes de loi qui ont d'ailleurs été élaborés par d'excellents juristes Guinéens. Les textes de loi contenus dans la loi Fondamentale avant son toilettage à des fins personnelles par le dictateur Guinéen, le Président Conté, ne sont pratiquement pas mis en cause par les professionnels du droit.

    Vous avez mis en relief le déphasage entre nos textes de loi et leur application. Grosso modo, j'adhère à une partie de votre réflexion. Il y a des trucs à discuter dans l'autre partie.

    Notons en passant un fait capital: un bon pourcentage de guinéen ne sait ni lire ni écrire. On aime dire que nul n'est sensé ignoré la loi. C'est un abus de langage. En Guinée, la plupart, martyrisés par près d'un quart de siècle de dictature du régime loufoque de Sékou Touré, ont encore du mal à comprendre qu'ils ont "le droit de résister à l'oppression" comme le dispose en toute clarté l'article 34 de la loi Fondamentale.

    A l'intérieur du bled, les gouverneurs, les préfets et d'autres sous-fifres de l'Administration guinéenne sont des roitelets dans certaines localités. Les populations sont abusées, maltraitées, escroquées, piétinées. Malgré tout elles baissent l'échine dans leur psychose. Ah! Oui, elles sont frappées d'une psychose collective.

    Face à l'oppression le peuple français de 1789 avait marché sur la Bastille et libéré les prisonniers de la dictature d'alors.
    Face aux pendaisons publiques et à la folie meurtrière de Sékou Touré, le peuple Guinéen de l'époque applaudissait.
    Face au régime affameur et antidémocratique de Lansana Conté, le peuple Guinéen nargue par son immobilisme et son indifférence.

    Pourquoi cet état de fait au moment où partout ailleurs les peuples bougent et réclament plus de liberté, de démocratie, d'Etat de droit?

    Les explications sont sûrement multiples. Mais, personnellement, j'accuse les premiers acteurs politiques aux lendemains de l'avènement du multipartisme en Guinée. Ils n'ont pas joué, véritablement, leur rôle d'éducateurs politiques des militants, d'éveilleurs des consciences par rapport à l'arbitraire, à l'injustice, à l'inacceptable, à innommable. Plutôt que de compter sur des militants, on a longtemps assisté et on assiste encore à des clients et des suiveurs autour de chefs de partis. En ce sens qu'à ce jour le peuple se fragmente en plusieurs groupes qui n'affichent pas forcement les mêmes préoccupations sous la manipulation de leurs leaders respectifs.

    Les quatre grands groupes ethniques s'épient. Les Soussous s'interrogent d'ores et déjà sur leur devenir après la chute de Conté qui est un des leurs. Les Malinkés aspirent ardemment revenir au pouvoir. Les peuls désirent vivement goûter aux délices du trône. Les Forestiers jouent leur va-tout pour catapulter Jean-Marie Doré à la tête du pays ou le plus loin que possible dans le sérail du pouvoir prochain.

    Ce sont là des données sociologiques et politiques qu'il faut nécessairement prendre en compte dans une analyse même juridique pour parler de ce qui bloque l'alternance politique et démocratique en Guinée. Bien sûr que ce sont des choses qui heurtent l'esprit du citoyen vivant dans une République. Malheureusement, il faut compter avec parce qu'il y a même des intellectuels de ces différents groupes ethniques qui traînent ces tares.

    Vous estimez à juste raison "qu'il ne faut pas jamais écarter un soulèvement populaire comme voie de transition vers la démocratie en Guinée".

    Ecoutez! M.Makanera, notre souhait c'est de voir l'enlèvement immédiat du grabataire président Conté du pouvoir. Il dessert la Guinée. Beaucoup de Guinéens sont aujourd'hui excédés par sa dictature et son régime. Il foule au sol les textes de loi. Il caporalise les trois pouvoirs de la République.

    Les présidents de l'Assemblée nationale et de la Cour Suprême sont ses marionnettes. Le pouvoir judiciaire n'arrête pas le pouvoir au bled. Le pouvoir législatif a toujours été en tandem et le demeure encore avec le pouvoir en place. C'est vous dire qu'on salive pour rien en citant des textes de loi qui définissent le mode de fonctionnement ou d'alternance démocratique en Guinée.

    Campons alors la réflexion sur la possibilité d'"un soulèvement populaire comme voie de transition vers la démocratie en Guinée". Vous avez cité l'exemple du peuple malien qui a fait débarquer le dictateur Moussa Traoré de son règne. C'est exact. Le peuple malien était excédé. Mieux, le soulèvement du peuple malien a été spontané, sans calcul politique. Et aujourd'hui, on n'assiste pas à un déchirement du peuple malien. Les acteurs politiques et de la société civile maliens s'accordent à jouer le jeu démocratique au grand mérite de l'Etat Malien.

    Aujourd'hui, les velléités des Touareg sont pratiquement estompées du fait de la mise en marches des règles démocratiques.

    En Guinée la situation est tout autre. D'abord l'Etat en tant qu'institution n'a jamais existé dans ce pays. Ensuite c'est sur fond de calcul politique qu'on veut aiguillonner, aujourd'hui, un soulèvement populaire. L'ambition est double: chasser Lansana Conté et prendre les reines du pouvoir. Le véritable mobile est de succéder au tyran. Or la question n'est pas seulement d'écarter Conté du pouvoir. C'est plus qu'un intérim à assumer. Parce qu'il faudra faire face à des lendemains extrêmement difficiles. Face à l'âpreté de la tâche présidentielle, l'intérimaire pourrait être au centre de beaucoup de tentations.

    En fait, je n'écarte pas, dans la situation actuelle de mon pays, une révolte de la rue pour destituer Conté du pouvoir. Seulement j'exprime ma crainte. Parmi ces chefs de partis politiques qui poussent à la révolte de la rue, il y en a vraiment qui effarouchent quant aux idéaux de démocratie, de la liberté de la parole et du ton. Il y a à craindre que la Guinée ne tombe de charybde en Scylla si l'un d'entre eux, se croyant déjà le plus méritant et le plus patriote que ses coreligionnaires politiques de l'opposition, se retrouve comme ça à la magistrature suprême.

    Entre nous Makanera, vous savez bien que pratiquement une seule formation politique affiche un élan national en Guinée. Tous les autres partis ont un caractère régionaliste et ethnique.

    Est-ce que vous comprenez ce que je sous entend sans fouetter l'orgueil à fleur de peau de certains?

    Le vieux routard Bâ Mamadou, président de l'UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée) dit clairement son intention de prendre la tête de la révolte de la rue en Guinée. Nous saluons son courage. Un autre leader, qui lorgne la possibilité de récupérer ensuite les recettes politiques de cette révolte, se souvient subtilement de la gaffe politique commise par le routard à Faranah.

    Néanmoins, il pousse celui-ci à aller au devant de la révolte en se disant intérieurement, certainement, ce genre de pensée: "avec Bâ, c'est plus facile de le couillonner et de l'écarter du pouvoir sans trop de dégâts collatéraux..." Est-ce que vous me suivez, Makanera?

    Ah! Non, ce n'est pas dans ma cabosse que se font et se défont des scénarios. Je ne suis nullement habité par des hallucinations. Je ne suis pas négatif. Mais ça bouillonne dans ma tête. Je ne peux m'empêcher d'opposer les idées dedans.

    D'ailleurs certains dires et comportements politiques édifient pour qui sait observer. C'est pourquoi j'ai peur que notre pays bascule dans un cauchemar du fait d'un assoiffé de pouvoir.

    Le président Laurent Gbagbo avait eu le courage de mener la révolte de la rue dans son pays en destituant par la force le balayeur président Robert Gaï. La famille de ce dernier a été pratiquement exterminée. La Côte d'Ivoire est aujourd'hui plongée dans le chaos social, économique et politique. Laurent Gbagbo est un enseignant. Il est intellectuel. Mais parfois ses prises de positions politiques ahurissent plus d'un observateur.

    Ne jouons pas avec le démon en appelant de tous nos voeux à un soulèvement populaire sans se prémunir de gardes fous. Non! Makanera je ne vous accuse pas de l'avoir fait. J'insiste que je vous ai bien lu et bien compris. Votre propos c'est de ne pas exclure une possibilité de soulèvement populaire pour se débarrasser du tyran sachant que les textes de loi ne servent pas à impulser l'alternance démocratique. Ok! Mon inquiétude, à moi, c'est la crainte d'assister bêtement à la prise du trône par un autre dictateur drapé d'un faux manteau d'homme démocrate.

    Par ailleurs, il faut bien jauger toutes les conséquences d'un appel de soulèvement populaire. Je suis foncièrement contre l'emploi de la violence. L'armée guinéenne n'a jamais été une armée républicaine. C'est incontestable. De tout temps elle a servi de machine de torture, de mise à mort d'innocents citoyens. Au lieu de défendre le peuple, elle tire à bout portant sur le peuple. L'on se souvient du colonel Sama Panival Bangoura, une ancienne brute de l'armée guinéenne, qui avait mâté dans le sang une marche de protestation de citoyens à Kankan et à Mamou.

    A Conakry, il avait fouetté à sang des femmes qui avaient pris d'assaut la rue. La presse privée indépendante avait publié l'atrocité des militaires contre ces citoyennes. Cela n'avait pas ému la France encore moins le reste de l'opinion internationale. Plus choquant, Jacques Chirac vient conforter Conté au pouvoir en soutenant que les "nègres" ne sont pas encore mûrs pour vivre la démocratie.

    Allo! Makanera, vous m'entendez ? Vous êtes là ? Voilà ! Je suis d'accord avec vous que la situation de la Guinée est exaspérante. Mais il ne sert à rien de s'engouffrer dans le tunnel tous feux éteints. Accostons avec sûreté la barque à la berge. Pour ce faire, évitons zèle et précipitation politique.

    Je fonde mon espoir sur ces militaires guinéens qui ne se sont pas compromis dans des actes mafieux et de corruption. Dans l'armée républicaine, bien que divisée, figurent des militaires imbus des valeurs républicaines. Qu'ils destituent Lansana conté par la force. Qu'un d'entre eux assume l'intérim devant déboucher à une dévolution du pouvoir aux civils. Cela évitera la partition du pays en clan comme ce que nous assistons en ce moment chez Laurent Gbagbo.

    Il faut impérativement maintenir le tissu social après la disparition de Conté. Que l'éjection du tyran du pouvoir ne soit pas une hantise pour les membres de son ethnie. Je vous répète que les militaires Mauritaniennes qui ont destitué le président dictateur Maoya Ould Taya, réfugié aujourd'hui en Gambie, sont sur la voie de tenir leur promesse à savoir rendre le pouvoir aux civils. Ne désespérons pas complètement de nos militaires.

    Disons aussi qu'il y a dans l'opposition des hommes et femmes capables d'assumer avec brio la magistrature suprême. Eux ne voudraient pas que leur arrivée au pouvoir soit à la suite d'un acte macabre. Parce qu'en marchant dans une mare de sang, de surcroît pour homme politique, pour se placer au sommet du pouvoir, il faudrait bien s'attendre à dégringoler de là par la pire des manières un jour.

    Non, non. Je ne divague pas. Je ne tourne pas autour du pot. Que le peuple soit derrière les leaders qui réclament l'insurrection de la rue ! Que deux à trois chefs politiques acceptent d'ouvrir leurs poitrines aux balles de l'armée guinéenne pour motiver le peuple à prendre possession de la rue ! Pas Bâ Mamadou seulement à la tête de la révolte. Que Sidya Touré, Bâ Mamadou, Jean-Marie Doré, Mansour Kaba, Bah Ousmane, et Alpha Condé se mettent devant ! Pas de reculade aux premiers tirs. Pas de refuge dans les ambassades. On affronte le pouvoir. On affronte l'armée guinéenne. Afakoudou ! dans ce cas nous débarquons tous à "Cona-cris" et restons au milieu de la foule en révolution.

    Pour déboucler la boucle, je dis que la loi fondamentale c'est Lansana Conté. Ses textes de loi lui servent à contenter ses emmerdeurs théoriciens. C'est goût ! Mais tension...! Cela ne signifie nullement qu'à l'issue de cette manifestation sanglante c'est un élément de la classe politique de l'opposition ou de la société civile qui aura la baraka d'assumer l'intérim. Et il n'est pas dit qu'on aura une reproduction du scénario malien. Un militaire encore plus taré pourrait succéder à Conté. Mais que celui-ci quitte d'abord et on verra ce qu'on verra. N'est-ce pas ? Bon ! En position.

    Est-ce que tous les poltrons sont en première ligne ?
    Allez ! Partez...Ratatataaaaaaaaaaa. Hé! Wotan!

    Benn Pepito
    Une Correspondance pour www.nlsguinee.com


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