jeudi 14 décembre 2006
Les gouvernants dans une démocratie, se distinguent des chefs totalitaires par l’obligation de rendre des comptes, d’obtenir de bons résultats ou de céder la place. Si cela est vrai et vérifiable dans toute approche démocratique, qu’on me dise à quel système appartient le régime actuel guinéen ?
Le colonel Lansana Conté a succédé au Camarade Sékou Touré il y a 22 ans et le débat court toujours : A-t-il mis en place en Guinée un système de pouvoir démocratique et efficace ou bien son modèle autoritaire a atteint son sommet ?
En d’autres termes, la politique de contrôle poreux sur toutes les sphères de la vie publique et économique, la pagaille affichée des décisions et l’hypertrophie de Sekhoutoureya ou du moins de Wawa, désagrégent-ils « le système Conté » dans ses fondements ?
En tout cas, les hommes politiques et les différents cercles qui gravitent autour d’eux montrent une certaine nervosité, semblent vivre dans l’instant et ne parlent jamais d’avenir. Au-delà des faux slogans comme « mettre fin à la pauvreté », « lutter contre la corruption de la bureaucratie », « respect de l’Etat de droit », personne, pas même le président Conté, ne propose de véritables stratégies pour sortir le pays de toutes ces crises à répétition.
Le président Conté veut montrer qu’il est capable de rebondir, que les dossiers difficiles sont réglés, qu’il n’a commis aucune erreur de fond. Il veut convaincre sans reconnaître la moindre faille. Il propose des rencontres, des « dialogues » mais toujours c’est lui qui choisit la forme du débat, il dicte les conditions.
L’homme veut afficher forme physique et détermination, démontrer que lui seul peut gouverner la Guinée et « stabiliser » l’espace territorial. La Guinée, c’est lui. Il se met personnellement en avant, beaucoup plus qu’un président ordinaire et ne s’appuie guère sur ses conseillers, des hommes compétents pour faire le travail de réhabilitation à sa place. N’écoute personne, n’a strictement connaissance d’aucun dossier, paraphe les accords et traités, les décrets, les lois comme bon lui semble.
Quel président !! Oh !! Mon pauvre pays !
Les guinéens et la communauté internationale ont oublié lorsque Mgr Robert Sarah en novembre 2001 à l’occasion de sa nomination au Vatican et de son départ dénonçait vivement le régime guinéen en ces termes : « je suis inquiet pour la société guinéenne qui se construit sur l’écrasement des petits par les puissants, sur le mépris du pauvre et sur du faible, sur l’habileté des mauvais intendants de la chose publique, sur la vénalité et la corruption de l’administration et des institutions républicaines » ?
El hadj Boubacar Biro n’a pas dénoncé et condamner ce même régime à l’occasion du referendum sur la révision constitutionnelle de 2001 ? A présent, à quoi les guinéens doivent s’en tenir ?
Avec cette incroyable « affaire Etat –Futurelec », pour nourrir son innocence et se soustraire des accusations de détournements des barbouzes du régime, surtout protéger certains membres de sa famille politique et financière en sacrifiant d’autres comme Mamadou Sylla et Fodé Soumah, le « Général-roi Conté » tente le tout pour tout en initiant tout ce tintamarre médiatique afin de fusiller une fois de plus l’orgueil des guinéens et de détourner la vigilance des observateurs politiques avertis.
On sait que depuis une dizaine d’années, la vie politique gravite autour de P.U.P ; même si aujourd’hui à l’évidence s’épuise un cycle politique marqué par d’innombrables échecs et se clôt par une période noire pour tout le peuple de Guinée : ainsi le « Général-roi Conté » aura voulu. Seul l’avenir ouvrira une grille de développement économique évident, sachant que les gourous du P.U.P vivent désormais dans le doute absolu et s’interrogent sur le bilan de 22 ans d’exercice du pouvoir auréolé de bouleversements socio-économique et politique, avec des centaines de milliards d’argent camouflés dans des paradis fiscaux à travers le monde.
Tous ces chahuts nous conseillent à l’avenir d’ouvrir les grands dossiers de corruption dont les conséquences sont de plus en plus dévastatrices.
Confronté au mensonge et à la calomnie, l’intellectuel guinéen n’a désormais qu’une arme : la vérité, rien que la vérité.
Mr Soumah Alseny
Juriste, président fondateur du MEDI-SE
Membre de la rédaction de Guinea-forum
Contact : onealseny@hotmail.fr
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com