France: Villepin affiche sa fermeté face à l'immigration clandestine --PARIS (AFP) --
12 mai 2005
Le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin a présenté mercredi un dispositif renforcé pour lutter contre l'clandestine, mettant l'accent sur une coordination politique et technique "plus efficace" et la mise en place d'une police spécialisée.
M. de Villepin a indiqué que 200.000 à 400.000 personnes étaient en situation irrégulière en France, et a exclu tout plan de régularisations, comme vient de le faire le gouvernement espagnol.
"Nous avons besoin d'être extrêmement stricts et fermes", a dit le ministre, pour qui c'est le "seul moyen d'assurer l'intégration des populations étrangères" en situation régulière.
Avec un véritable "service public de contrôle de l'immigration, la France se dote pour la première fois de tous les instruments nécessaires", a-t-il souligné.
Un comité interministériel de contrôle de l'immigration "sera chargé du pilotage et de la coordination politiques", tandis qu'un autre, où siègeront les directeurs pour l'immigration des ministères concernés, se réunira chaque mois pour "fixer les objectifs et assurer le suivi des résultats".
Il disposera de "tableaux de bord pour suivre l'évolution des flux migratoires", a indiqué M. de Villepin qui y voit "une nécessité" afin de détecter les tendances de "détournements de procédures et décider des mesures à prendre".
Au premier plan figure l'utilisation de visas de tourisme pour entrer en France sans difficulté, s'y maintenir illégalement, puis prétendre n'avoir pas de papiers, ne pas connaître sa nationalité, empêchant toute reconduite aux frontières.
L'introduction de la biométrie dans les visas devrait permettre de pallier ces difficultés. Une expérimentation est en cours "dans les consulats de France à Bamako, Minsk et Colombo, bientôt étendue à San Francisco et à Shanghai", a-t-il dit.
Les attestations d'accueil feront l'objet d'un "fichier dans chaque commune et la création d'un fichier national est envisagée", a poursuivi le ministre.
Concernant les mariages contractés à l'étranger, le plan d'action de M. de Villepin propose une "modification du Code civil": leur transcription en France ne sera plus systématique, mais soumise à un contrôle de la justice.
Pour "bénéficier des prestations sociales", les demandeurs d'asile devront élire un domicile dont la réalité sera vérifiée par les préfets.
Ces derniers présideront des "pôles départementaux" coordonnant l'action des services administratifs des préfectures et des services opérationnels de police et de gendarmerie.
Le "bras armé", de ce dispositif sera double, partagé entre police et gendarmerie nationales.
Une "véritable police de l'immigration" sera mise en place. La Police aux frontières (PAF) verra ses missions recentrées sur un objectif principal: "démanteler les filières et reconduire aux frontières". Ses effectifs augmenteront de "600 fonctionnaires d'ici fin 2007". Grâce à la création d'un Office central, la gendarmerie se consacrera à la lutte contre le travail illégal.
Présenté mardi au président de la République et au Premier ministre, le plan doit faire l'objet d'une communication en Conseil des ministres jeudi.
Dès sa présentation, le plan Villepin a suscité des réactions, la présidente du groupe communiste au Sénat Nicole Borvo exprimant "l'indignation et la perplexité" qu'il lui inspire.
La Ligue des droits de l'Homme (LDH) et France Terre d'Asile ont condamné les nouvelles mesures du ministre contre l'immigration clandestine, qui "ne résoudront rien" et font "des étrangers des boucs émissaires".
Article de la Tribune de Genève du 11 mai 2005, visitez la Tribune de Genève
|