Guinée : POINT DE PRESSE DE SIDYA TOURÉ <<...LA RENCONTRE DE N'ZÉRÉKORÉ ( NDLR : AVEC ALPHA CONDÉ ) ÉTAIT JUSTE UN PROBLÈME DE CALENDRIER ...>> DIXIT LE PRÉSIDENT DE L'UFR.
09 août 2005
Après sa tournée à l’intérieur du pays, le président de l’UFR Sidya Touré a donné un point de presse le 6 août au siège de son parti, à Matam Corniche. Avant de se prêter aux questions des journalistes, Sidya Touré a tout d’abord dégagé les raisons de sa tournée, mais aussi et surtout il a porté à la connaissance de la presse le constat général qu’il a fait.
Le point de presse donné par Sidya Touré le 6 août au siège de son parti, à Matam, fait suite à la tournée qu’il a effectuée avec son bureau à l’intérieur du pays. Pour commencer, le président de l’UFR dira que la visite de terrain qu’il a effectuée dans une vingtaine de préfectures, pendant 15 jours, avait un double objectif. Le premier consistait à renouer le contact avec les structures à la base, discuter et s’assurer de leur bon fonctionnement, et le second, leur apporter de l’espoir.
Pour lui, le constat général est avant tout celui de la beauté du pays mais également celui d’un pays en décrépitude. Le constat au sein des populations, dans toutes les préfectures visitées, est celui de la faim généralisée. Avant de se prêter aux questions des journalistes, Sidya Touré conclura sa présentation liminaire en disant que ces constats constituent le résultat de l’échec du gouvernement.
Pour répondre à une question sur les éventuels fiefs de l’UFR, il dira qu’il n’aime pas cette idée de fief parce que son parti veut représenter toute la Guinée. Pour lui, il y a des préfectures où l’UFR est fortement représentée, il y en a aussi où elle ne comporte que de bonnes fédérations. « L’essentiel pour l’UFR, ce n’est pas d’être majoritaire dans toutes les préfectures, ce qui est sûr c’est que partout où il y a un parti fort, l’UFR vient en deuxième position », dira-t-il.
Et d’ailleurs, ajoutera-t-il, il faut se séparer du schéma selon lequel un parti politique doit forcément s’identifier à une ethnie ou à une région car aucun parti ne gagnera une élection sur cette base. Aujourd’hui, le degré de comportement des citoyens dépasse largement le cadre d’une ethnie ou d’une région. Donc, la solution ethnique est purement et simplement suicidaire.
Abordant la question sur les entraves à l’intérieur, il signalera des cas qu’il a qualifiés de malheureux. À Dinguiraye, un militaire a tiré un coup de feu en l’air au passage de son cortège. À Kankan, le maire lui a refusé l’accès au stade. À Boffa également, son meeting lui a été refusé. Comme pour dire que même si les leaders ont retrouvé leur liberté de mouvement, il existe encore quelques entraves à surmonter. Sidya Touré a également donné des précisions sur sa rencontre avec le président du RPG Alpha Condé à N’Zérékoré. Selon lui, il n’y a pas eu de choc entre l’UFR et le RPG à l’intérieur : « Ma tournée avait déjà été programmée et ficelée depuis très longtemps, ce n’est donc pas dans la perspective de faire comme tel où tel. La rencontre de N’Zérékoré était juste un problème de calendrier. »
Sur la même lancée, il dira qu’il n’y a pas de dissension dans le FRAD, même s’il est vrai que le doyen Bâ Mamadou en est parti, les objectifs sont toujours pareils, à savoir le changement de régime. La situation de désespoir est un problème guinéen. La mobilisation souhaitée est donc une mobilisation de tous les Guinéens, et quelle que soit la forme de mobilisation et de changement, il faut que le peuple puisse après s’exprimer, et cela démocratiquement, ajoutera-t-il.
Le président de l’UFR insistera aussi sur la libéralisation des ondes qui est, selon lui, l’une des conditionnalités pour le dialogue national. Il mettra un accent particulier sur le manque de fonctionnement de la communication à l’intérieur et la nécessité de créer des radios et des télévisions privées pour ces populations de l’intérieur qui sont victimes d’une sous-information complète.
Pour parler du passage des images de ses meetings à la télévision, Sidya Toura affirmera qu’il ne dansera pas pour cela car, à ses dires, le passage à la radio et à la télévision est un droit inaliénable pour tout Guinéen qui paie l’impôt : « Je n’applaudis pas parce que mes meetings ont été passés en filigrane en une minute sur les ondes. Je suis quelqu’un qui participe au plat de riz, pas quelqu’un à qui on donne une poignée. »
Pour répondre à la question de la participation de son parti aux élections, Sidya Touré répondra que l’UFR participera aux élections si les conditions sont réunies : « Il est vraiment inutile de participer à des élections pour lesquelles on est sûr qu’il n’y aura rien de normal. »
Makalé Soumah
Source : L’Observateur - Nlsguinée
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