dimanche 10 décembre 2006
Quatre ans ce sont écoulées, jours pour jour, et les plaies sont toujours là, visibles et béantes cherchant le remède adéquat. Le cauchemar permanent d’une Université pris d’assaut par les hommes en treillis au matin du 10 Décembre 2002, jour anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme. Le destin amer, inimaginable mais vrai de trente trois (33) étudiants jetés (comme des gibiers à la merci de prédateurs affamés) au milieu des militaires du camp Soundiata KEITA de Kankan où ils seront maltraités, torturés et séquestré du 10 décembre 2002 au 16 décembre 2002. Les mots pour expliquer les conditions de détention, de libération et d’exil qui s’en est suivi sont bien connus de tous et nos déclarations précédentes en ont fait cas.
Le Bureau Exécutif de la Coordination des Etudiants de Kankan en exil voudrait cette année se focaliser sur la situation dans laquelle vivent actuellement l’ensemble des Elèves et Etudiants de la Guinée. Car ces derniers ne cessent de subir les déboires du système éducatif et les ignominies des forces de l’ordre antirépublicaines à la solde d’un gouvernement incapable d’offrir à sa jeunesse une éducation un peu plus acceptable a défaut d’une qui soit digne de nom.
Les récents et malheureux événements des 12 et 13 juin 2006 illustrent bien ces comportements antirépublicains et anachroniques, et ont particulièrement retenu notre attention tout en confirmant nos propos selon lesquels la jeunesse guinéenne est sacrifiée et martyrisée.
Comment un gouvernement peut-il faire de son armée, une armée de développement de mensonge et de barbarie ? Comment une armée peut-elle tirer à balles réelles sur sa jeunesse ?
Nous sommes encore consternés par les violences qui ont eu lieu à Fria le 4 décembre passé dans les établissements scolaires (Amilcar CABRAL et Josif Booz TITO) où les forces de l’ordre ont fait irruption et ont battu élèves et enseignants.
A quoi nous sert la loi si elle ne peut être respecté ? Pourquoi alors avoir ratifie la déclaration universelle des droits de l’homme ?
Ne nous le cachons pas, le régime actuel est en passe de devenir l’un des plus terrorisant, sadique et tyrannique d’Afrique. Il a foulé du revers de la main les plus élémentaires des règles de droits humains. Les actes d’atrocité, de vandalisme et d’animosité en sont ses règles.
A cette préface sublime de la mondialisation et de la globalisation, nombreux sont les pays du tiers monde qui affirment avec fermeté, abnégation et sérénité de se débarrasser du sous développement via l’éducation. Le Pouvoir de Conakry dans sa profonde léthargie semblent n’avoir rien suivi du rythme accéléré auquel le monde évolue.
Il n’y a pas de développement sans éducation. Aujourd’hui certains pays de la sous région notamment le Sénégal, le Mali,… pour ne citer que ceux-la, font des résultats remarquables pour le développement de l’éducation. Le senegal investi 40% de son budget dans l’éducation et d’autre en font autant. Les pays développés dépassent la barre de 50% de leur budget national consacré à l’éducation. Il n’est pas étonnant de voir qu’ils possèdent les écoles les plus prestigieuses et les universités de renommées internationales.
Chez nous les maigres fonds investis dans le secteur sont dilapidés sans scrupule à tous les niveaux du système éducatif. Cela a pour conséquences l’improductivité de ce secteur, les maigres résultats et l’afflux de beaucoup de jeunes vers les pays limitrophes et l’occident. Il n’est stupéfiant de voir les responsables de ce secteur dans des voitures de luxe, construisent des belles villas, envoient leurs enfants étudier à l’extérieur. Raison pour laquelle ils sont insensibles aux problèmes de la jeunesse.
Il n’est pas moins étonnant de constater le désir généralisé de toute une jeunesse tournée vers l’Europe et les Etats-Unis. L’Etat guinéen n’offre aucune chance de réussite à sa jeunesse laissée pour compte. L’Etat guinéen n’apporte aucune solution au phénomène pesant de l’immigration dans lequel nos compatriotes se meurent.
Les milliards de nos francs dilapidés dans les caisses peuvent résoudre bien de problèmes de la jeunesse en créant des emplois, des fonds d’appuis aux projets des jeunes et améliorer le budget de l’éducation nationale et cela en intégrant dans le système éducatif des personnes qui ont le vrai sens du patriotisme. Des personnes compétentes et soucieuses du développement de la Guinée.
En ce jours mémorable de l’histoire de l’humanité, la Coordination des Etudiants de Kankan (C.E.K) en synergie avec la déclaration universelle des droits de l’homme proclamée le 10 décembre 1948, appel le régime de Conakry :
- A plus de sagesse et délicatesse dans leurs manières d’agir envers les élèves et étudiants de la Guinée ;
- A privilégier le dialogue dans la résolution des problèmes avec la jeunesse guinéenne ;
- A respecter et faire respecter les droits et les libertés de personnes ;
- A faire sienne la déclaration universelle des droits de l’homme qu’il a ratifié afin d’éviter des incidents malheureux qui se produisent quasiment toutes les années ;
- A trouver et juger les coupables des événements des 12 et 13 juin 2006.
- A lutter efficacement contre la corruption et la dilapidation des deniers publics ;
- A soutenir la jeunesse dans ses aspirations et ses projets ;
- A créer un fond d’appui à la jeunesse ;
- A remettre dans leurs droits tous les élèves et étudiants radiés injustement des établissements scolaires universitaires ;
- A aménager un espace de dialogue entre les autorités et les représentants des élèves et étudiants ;
- A accepter et agréer une Coordination Nationale des élèves et étudiants de la Guinée (C.N.E.E.G) qui servirait de pont entre les autorités et l’ensemble des élèves et étudiants de Guinée.
Enfin, le Bureau Exécutif de la Coordination des Etudiants de Kankan saisi cette opportunité pour exprimer sa profonde gratitude à toutes les personnes physiques et morales qui l’ont toujours et de façon inlassable apportées leurs soutiens dans sa lutte. Le combat est encore loin d’être fini. La C.E.K restera toujours débout et en avant jusqu’à la victoire.
Vive l’Ecole Guinéenne
Vive la Jeunesse Guinéenne
Et que Dieu bénisse la Guinée
Le Secrétaire Général adjoint
SOUMAH Mamadouba
Pour le Bureau Exécutif de la C.E.K en exil
Contact : coordinationetudiants_kankan@yahoo.fr
Une Correspondance de M Félix Lamah, depuis Dakar
Pour www.nlsguinee.com