samedi 09 décembre 2006
Il est loisible d’affirmer aujourd’hui avec une égale vérité que la Guinée connaît une crise profonde. Crise lisible sous de multiples facettes, toutes aussi préoccupantes les unes que les autres.
Plusieurs observations aussi brillantes les unes que les autres ont été faites sur la situation actuelle du pays. Le socle commun de toutes ces observations se situe sans doute au niveau de la nécessité de tourner la page Lansana Conté. Ce socle constitue donc un des éléments les plus fédérateurs de tous ceux qui sont animés par la volonté de changement du système Conté.
Un seul instant nous n’avons lu ou entendu une analyse sérieuse qui prône la continuité du système Lansana Conté, générateur de crises et de souffrances multiples pour la population guinéenne dans son ensemble.
Pourquoi ce système perdure-t-il malgré un profond ras-le-bol de nos compatriotes ?
La répression aveugle du régime ? Le verrouillage de l’appareil politique ? L’absence d’une alternative crédible aux yeux de nos populations ? La faiblesse de l’opposition traditionnelle ? La communauté internationale ? La mafia sous couvert de l’humanitaire ?
Il y a sans doute un peu de tout cela !
Nous avons décrit à plusieurs reprises la situation de crise que connaît la Guinée, situation qui s’apparente à un cercle vicieux sans issue. Force est de reconnaître que l’on ne peut sortir de ce cercle sans remettre en question deux (2) problématiques essentielles :
- le processus de démocratisation tel que celui-ci est mené depuis 1990 ; et
- la mauvaise gouvernance politique et socio-économique symbolisé par la situation de fin de règne qui prévaut sur le terrain.
Le processus de démocratisation, au lieu de déboucher sur un Etat de Droit, s’est transformé en une gigantesque manipulation politique qui a permis au Chef de l’Etat de mieux asseoir son régime malgré un semblant de multipartisme. Ses successeurs s’agitent déjà pour perpétuer le système qui les maintient au dessus de la loi républicaine.
Il nous faut sortir vite de ce schéma en adoptant un véritable programme de sortie de crise et surtout en se dotant des moyens de sa mise en pratique. Certains diront que les dernières concertations des forces vives de la Nation ont servi à cela et qu’un rapport allant dans ce sens existe déjà. Mais chacun peut aisément constater qu’il n’existe aujourd’hui aucun moyen de mettre en application les dispositions évoquées dans ce rapport. Hormis des manifestations de rues pour exiger cela. Les dernières grèves auraient du/pu servir de cadre à cela. Mais hélas les soutiens politiques nécessaires firent défaut !
D’autres diront que le changement a déjà commencé avec les arrestations de MM Sylla chef du patronat guinéen et Fodé Soumah ex-parrain du PUP et ancien ministre de la jeunesse et des sports.
Nous pensons qu’il y a lieu de séparer deux choses essentielles :
Tout d’abord, il ne faut pas se réjouir trop vite lorsque des membres d’un même clan se font la guerre car la seule chose que nous risquons de récolter c’est l’arbitraire qui propulse le plus fort du moment au devant de la scène pendant qu’il écrase ses compétiteurs acharnés.
Ensuite le second risque concerne l’impossibilité pour la justice de lire correctement la loi dans untel environnement. Tant que la force revient à la loi, nous n’avons aucune raison de nous inquiéter mais lorsque l’arbitraire et la cupidité montrent le bout de leurs nez, il y a lieu de se poser des questions. N’applaudissons donc pas trop vite quand un citoyen est mis en prison même si ce citoyen ne nous plait pas. Essayons de savoir si toutes les procédures prévues en la matière sont respectées.
De toute évidence, le silence du super ministre chargé des affaires présidentielles lors de l’assassinat des jeunes guinéens les 12 et 13 juin derniers lui ôte toute crédibilité dans sa démarche douteuse actuelle qui est hautement politique pour ne pas dire symbolique. C'est le général Lansana conté qui tire les ficelles !
Concentrons plutôt nos efforts sur la recherche d’une solution concertée à la problématique guinéenne. Pour ce faire, nous dégageons ici quelques pistes que nous inscrivons dans le cadre d’une contribution aux débats tout en espérant que ces propositions feront appel à une réflexion approfondie sur l’avenir de la Guinée.
Ces pistes s’articulent autour de deux (2) Volets : l’indépendance des Institutions politiques et le volet socio-économique.
Le volet politico- institutionnel
Les guinéens sont aujourd’hui conscients que la fin du régime de Lansana Conté approche à grands pas. Nombreux sont ceux qui analysent la situation, proposent des solutions de sortie de crise, organisent des débats, etc. Bref, d’une certaine façon la crise que connaît le pays ne nous laisse pas indifférents.
Peut-on affirmer pour autant que l’Etat de Droit que nous recherchons depuis des décennies sera institué en cas de soudaine disparition du Chef de l’Etat ?
Il existe certes quelques idées pour ne pas dire projets de transition mais celles-ci sont loin du compte. La première urgence aujourd’hui c’est de préparer une alternative crédible pour ne pas répéter les mêmes erreurs que celles commises en 1984.
Définir rapidement les priorités en fonction de leur urgence et de leur importance
L’urgence Institutionnelle : Nos institutions doivent très rapidement recouvrer leur indépendance vis à vis de l’exécutif. Sur ce point, nous pensons qu’il est tout à fait inutile de se prononcer pour ou contre un coup d’Etat militaire en Guinée dans la mesure où ce mode d’accession à la magistrature suprême ne sollicite au préalable l’approbation d’aucun juriste. Seules importent les réformes qui seront menées par les nouvelles autorités transitoires.
Sans mobilisation de tous les guinéens face aux actuelles et aux éventuelles nouvelles autorités pour réclamer une indépendance réelle des Institutions, on aura un nouveau Conseil Transitoire de Redressement National CTRN ou CMRN-bis. Le défi n’est donc pas de savoir si ceux qui succéderont au Général Lansana Conté seront des militaires ou pas car chacun sait déjà que les membres d’une future équipe gouvernementale de transition ne seront pas TOUS en uniformes mais certains le seront forcément.
L’accent doit être mis sur la priorité pour les Institutions de recouvrer leur liberté par rapport au pouvoir exécutif. Si tel était le cas aujourd’hui, l’on parlerait moins du ministre chargé des affaires présidentielles mais beaucoup plus du pouvoir judiciaire qui s’occupe normalement des dossiers du genre "Futurelec vs. Etat guinéen", et cela en toute indépendance et sans conflits d'intérêts.
Tirer les leçons de l’échec du processus de démocratisation actuelle
Pour tirer les leçons de l’échec de la démocratisation « version-Conté » et mieux inscrire le pays dans une dynamique positive, il faudrait nécessairement allier trois impératives fondamentales à savoir :
- Se fixer un But - Se donner les Moyens - Tenir compte du Contexte
Le But : Notre pays dès son accession à l’indépendance, s’est fixé pour BUT de sortir du sous développement. Or il est devenu évident pour tous et cela après un demi-siècle de crises cycliques que pour se développer il est nécessaire d’instaurer un véritable Etat de Droit. Sans une réelle transparence dans la gouvernance politique il ne saurait y avoir de stabilité politique et donc de véritables avancées en matière de développement.
Il y a lieu de rappeler que dans un Etat de droit ce n’est pas le ministre chargé des affaires présidentielles qui s’acharne contre des citoyens aussi corrompus soient-ils. Le ministre ne met pas les gens en prison, c’est à la justice et uniquement à elle de s’en charger. D’où l’importance de son indépendance.
A cela il faudrait ajouter que le droit des actuels et célèbres détenus doit être absolument respectés. Autrement dit, s’il leur arrive quoi que ce soit avant leur procès nous saurons tirer les leçons qui s’imposent car la VÉRITÉ est la seule chose qui doit primer dans tout ce brouhaha médiatique.
Les Moyens : Pour atteindre notre but, rien de mieux qu’un Etat démocratique viable. Il faudra donc se donner les MOYENS afin de mettre en place une gouvernance politico-économique qui réunisse les conditions démocratiques de l’Etat de Droit. C’est le prix à payer afin de mieux gérer dans la transparence nos deniers publics.
Gérer au mieux les ressources disponibles et valoriser les ressources potentielles serait une des meilleures façons de gouverner. En tout état de cause, si le régime guinéen n’a pas réussi cela en vingt ans de règne absolu, ce n’est pas à son crépuscule qu’il le fera !
Le Contexte : La Guinée n’est pas seule dans ce monde, nous vivons dans un contexte internationale hautement concurrentiel. La mondialisation ne fait pas de cadeaux aux petits pays en voie de développement. D’où la nécessité de prendre en compte nos relations de partenariats actuelles et futures. Partenariats qui doivent absolument s’orienter vers un système de gagnant – gagnant.
Nous avons besoins de nouer de partenariats solides qui permettent de nous aider à mieux nous en sortir. Mais ne nous voilons pas la face, notre pays suscite les appétits de plusieurs investisseurs compte tenu des richesses naturelles dont-il regorge. Il nous faut définir une forme de coopération avec nos partenaires internationaux en tenant compte de nos intérêts respectifs et en sanctionnant fermement toute mafia qui prendrait notre pays pour une zone de non droit.
Eviter par exemple de brader les ressources via la corruption et autres gaspillages inutiles, serait le plus beau cadeau que l’on puisse offrir à son pays et à tous ses enfants. Cela n’est possible que dans une transparence à tous les niveaux de gouvernance. Deux décennies de règnes nous ont ouvert les yeux sur la capacité de Lansana Conté à nous sortir de nos perpétuelles crises.
Ainsi, tout contrat portant exploitation des richesses du sol ou du sous sol guinéen doit être minutieusement analysé par des commissions juridiques ou parlementaires indépendantes de l’exécutif dans le but d’évaluer leur pertinence au niveau économique, social et environnemental.
Aujourd’hui, notre Assemblée Nationale- n’étant pas représentatif- ne dispose donc pas de la légitimité nécessaire pour décider dans ce domaine au nom de l’ensemble des guinéens. C’est l’une des nombreuses conséquences des multiples manipulations électorales. L’Assemblée représente un parti (PUP) dont le parrain est en prison pour détournements de fonds. La montagne accouchera-t-elle d’une souris ? Cela ne serait pas surprenant vu les habitudes de magouilles et les réflexes de ceux qui nous gouvernent par la brutalité et l’excès de zèle.
Par ailleurs, on ne peut à la fois définir nos priorités et tirer les leçons du passé que lorsque nous disposons d’Institutions politiques solides et indépendantes qui seront pilotées par des compatriotes compétents et résolument tournés vers la réalisation d’un bien être commun. Pour atteindre cet but, rien de mieux qu’un « Leadership Nouveau » pour instaurer un Etat de droit et soulager nos compatriotes de leurs souffrances.
Le volet socio-économique
Parler se socio-économie sans parler de politique est un mirage dans la mesure où tout est étroitement lié. La facette socio-économique doit être adossée à la facette politico-institutionnelle car des Institutions solides à elles seules n’impliquent pas forcément « prospérité économique » surtout pour des pays pauvres comme le nôtre. Autrement dit, il faudrait que ces institutions servent à quelque chose en répondant notamment à une double urgence :
- Mieux gérer les ressources humaines, économiques et financières
- Maîtriser nos dépenses en les orientant en fonction des besoins les plus urgents.
Les Ressources
Nous avons signalé un peu plus haut que notre pays dispose d’innombrables ressources non encore exploitées ou en voie d’exploitation. Généralement quand on parle de ressources, certains sous-entendent : bauxites, diamants, Ors, pétrole, etc.
Que valent toutes ces ressources si la principale ressource est fortement négligée ? Pourquoi ne met-on pas les ressources humaines au cœur de nos priorités ? Des compatriotes bien éduqués, ayant acquis une formation de qualité et une certaine expérience ne constituent-ils pas les meilleures ressources dont nous pouvons disposer ?
Avoir des Institutions solides et indépendantes est une chose, que ces Institutions soient dirigées par des hommes et des femmes compétentes en est une autre. De même, avoir des ressources naturelles abondantes est une chose, les rendre viables en tenant compte de l’intérêt supérieur de la Nation en est une autre… Au vu de la situation actuelle du pays, tout porte à croire que l’on s’éloigne de plus en plus de toutes ces priorités. Les esprits sont plutôt tournés vers une « probable succession » longtemps annoncée mais toujours attendue.
Pour jouir pleinement de nos ressources naturelles, il est impératif de valoriser nos ressources humaines tout en renforçant les mécanismes de contrôles et de sanctions contre les crapules qui pullulent dans l’administration guinéenne. Il faut sortir de la crise socio-économique actuelle non seulement par une meilleure gestion des ressources existantes mais aussi et surtout par leur accroissement. Cela suppose entre autres :
- une gestion saine des deniers publics ;
- une lutte sans merci contre toute forme de corruption ;
- une meilleure transparence dans l’octroi des marchés publics, etc.
N’oublions pas que la Guinée vient d’être désignée par Transparency International comme étant l’un des pays les plus corrompus d’Afrique voire du monde. Il s’agit d’un constat affligeant pour tout guinéen quel qu’il soit. Faut-il en effet souligner que ce classement si affligeant soit-il n’est que la résultante de la mauvaise gouvernance instituée par le système Lansana Conté ?
Ce système porte en lui les germes de la pauvreté, de la misère ; et plus grave encore ce système porte en soi la peur et la résignation de nos compatriotes.
Depuis des années maintenant, les membres influents de ce régime ne cessent de se servir à la Banque Centrale en toute impunité. Ce qui pouvait passer inaperçu aux yeux des guinéens hier ne peut plus l’être aujourd’hui car la vie est devenue de plus en difficile à supporter. Si on pouvait sortir des milliards de francs guinéens à la BCRG sans que les conséquences ne se fassent immédiatement ressentir à Madina marché, ceci n’est plus le cas aujourd’hui car la BCRG est vide, l’Etat n’a plus de réelles ressources financières.
Pour meubler le vide, on s’empresse d’utiliser la planche à billets. Et bonjour l’inflation.
Le plus cynique dans tout ça, c’est ce jeu pas du tout amusant que nous offrent Lansana Conté et ses deux amis Fodé Bangoura et Mamadou Sylla. Le cynisme a atteint son paroxysme lorsque ce qui était présenté comme une affaire entre un opérateur économique guinéen et l’Etat s’est soudain transformé en une affaire de personnes "Fodé Bangoura vs. Mamadou Sylla."
Et maintenant Fodé Soumah qui se déplaçait jadis quand il faisait la promotion du "Koudeïsme" avec l’hélico présidentiel est entrain de payer ses largesses et autres Mamayas en l’honneur de quelqu’un qui n’en a cure !
La garantie d’une réussite à un examen commence par l’apprentissage des leçons. Fodé Soumah n’a pas appris que son mentor ne respectait aucun pacte. Dès que le Général de Wawa est coincé, il se débarrasse de ses encombrants personnages ! Reconnaissant dites-vous ? Allez savoir ! En tout cas c’est une stratégie qui lui a permis de tenir les rênes du pouvoir jusqu’à présent.
Tout ce tapage médiatique cause plus de dommages qu’il ne résout réellement nos problèmes car encore une fois c’est l’Etat guinéen qui sortira perdant. Les caisses resteront vides et les créances ne seront jamais recouvrées tant que l’actuel chef de l’Etat restera aux commandes.
Le système actuel ne peut donc ni gérer les ressources existantes et encore moins les accroître !
La Maîtrise des dépenses publiques et leur orientation en fonction de nos besoins urgents
Soyons brefs : un système qui n’a pas pu/su gérer les ressources publiques ne peut pas maîtriser les dépenses.
Lorsque le Chef de l’Etat a demi M Cellou Dalein Diallo de ses fonctions de premier ministre pour faute lourde, ce fut selon toute vraisemblance au bénéfice de M Fodé Bangoura. La nouvelle équipe gouvernementale par excès de zèle n’a pas hésité à tirer sur de jeunes manifestants désarmés et désœuvrés.
Pour asseoir son autorité sur le Gouvernement, le ministre des affaires présidentielles a décidé de réduire selon ses proches le train de vie de l’Etat en ordonnant l’immobilisation des voitures 4*4. Certaines personnes nous ont largement vanté les mérites d’une telle initiative quoique symbolique.
Soyons bref là aussi : cette mesure n’a malheureusement rien d’économique. Il ne s’agissait ni plus ni moins qu’un effet d’annonce car ce qui est en cause ce ne sont pas ces pauvres voitures déjà achetées à prix d’or. Les voitures 4*4 consomment certes beaucoup de carburant mais le véritable problème c’est la gestion de l’ensemble du parc automobile de l’Etat avec par exemple le flou qui entoure l’octroi des bons d’essence, l’utilisation abusive de ces véhicules en dehors des heures de travail, etc.
Et que dire de tous ces ordres de missions à l’étranger émis par certains cadres de l’Etat juste pour aller se promener à l’étranger, en profiter pour faire d'énormes dépôts ou quelques « shopings » ou bien envoyer leurs proches à leur place ?
Où en est-on déjà avec l’assainissement du fichier de la fonction publique ?
Les fonctionnaires fictifs continuent de percevoir leurs salaires en toute tranquillité pendant que les vrais travailleurs doivent aller en grève pour obtenir quelques miettes.
L’Etat doit certes réduire son train de vie mais cela passe nécessairement par une mise aux peignes fins de toutes les dépenses effectuées en son nom. Tous les domaines sont concernés (y compris l’armée car il n’y a aucune raison qu’elle aussi ne fasse pas de sacrifices).
En plus du remboursement de tous les deniers publics volés à l’Etat qui doit être effectif, les contrôles renforcés des dépenses de l’Etat permettront de dégager des ressources supplémentaires. Ce supplément sera prioritairement investi dans des domaines à savoir :
- réduire l’extrême pauvreté ;
- assurer une éducation (primaire) et une couverture santé pour tous ;
- assurer une desserte normale en eau et électricité ;
- rendre nos villes plus propres ;
- s’occuper des infrastructures sanitaires et autres ; etc. etc.
En définitif, les guinéens doivent méditer sur les voies et moyens leur permettant de sortir le pays de sa mauvaise posture sinon il sera trop tard.
Une meilleure gouvernance politique (Etat de Droit et transparence du système électoral), une meilleure gouvernance économique (bonne gestion de nos ressources et lutte contre toutes les formes de corruption), voici des défis que seuls des « hommes nouveaux » (ou femmes) qui n’ont pas trempés leurs nez dans les affaires louches pourront relever.
Alors Stop aux divertissements médiatiques et place à une vraie réflexion sur l’avenir du pays !
Tel est l'objectif du "Nouveau Leadership Guinéen" qui pointe à l'horizon...
Mr Ly Elhadji Baila
Directeur Exécutif de www.nlsguinee.com
Membre fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org
Contacts: elhadji@nlsguinee.com (ou bien) neoleadership@yahoo.fr
Zurich, Suisse