samedi 09 décembre 2006
Si légitimes que soient vos revendications, tous syndicats confondus, je vous souhaiterais de la patience en donnant du temps au temps de Fodé Bangoura afin qu’il poursuive la chasse contre les casseurs corrosifs de l’économie guinéenne. Un petit coup de frein, une cale sous les pneus du TGV (Train à Grande Vitesse) du ministre aux affaires gouvernementale provoquerait un retard dommageable à l’ensemble des passagers observateurs que nous sommes.
Qui sait si nous allons être, demain des juges ou avocats selon nos positions et nos alliances dans la phase qui s’ouvre et dont les premières pages sont noircies par des « célébrités » comme El Hadj Mamadou Sylla et El Hadj Fodé Soumah dont leur capture prouve que tout est vanité, ici, bas
J’ai bien peur que les El Hadj guinéens se débaptisent dans les jours à venir de peur d’être confondus aux criminels économiques. Mais comme les noms sont connus et la composition du cercle aussi, on pourrait se permettre de rappeler à Fodé Bangoura qu’il est constitué maintenant de huit moins deux. Donc, il en reste encore six à l’air libre. Avec un peu d’audace, le compte sera bon avant d’attaquer les principaux voleurs.
Sans risquer de me répéter, les têtes de chapitre de cette catégorie s’appellent Facinet Fofana qui a littéralement ruiné l’économie minière de notre pays ; Cellou Dalein Diallo, même en fuite, demeure l’autre mamelle qui a placé nos finances au signal rouge dont le clignotant indique la Guinée comme l’une des nations les plus corrompues au monde.
Si Fodé Bangoura continue l’épuration, il faudrait que les Guinéens lui accordent des circonstances atténuantes au jugement de l’histoire. N’est-il pas entrain de préparer une sortie honorable à Lansana Conté dont sa gestion avait été embuée par les effluves des malversations de ministres insoucieux et insouciants du développement de notre patrie à tous ?
C’est pourquoi, les travailleurs de Guinée doivent surseoir la grève murmurée pendant le temps de l’opération Fodé Bangoura, sinon nous n’aurons qu’un avorton de résultat d’une opération pourtant appréciée par tous les Guinéens.
En effet, en déclenchant une grève maintenant, nous risquons de déplacer le centre d’intérêt et de disperser les énergie et efforts en cours. Donc accordons du temps à Fodé Bangoura pour écrive, sans faute, l’histoire qui augure une ère nouvelle, la première depuis l’indépendance.
Que voulons-nous ?
La réhabilitation de la Guinée à la souveraineté bafouée. Nous voulons que l’impunité devienne un souvenir, même amer. Nous cherchons à créer un espace plus démocratique dans lequel les Guinéens seront récompensés au mérite et non à travers des combinaisons mafieuses.
Guinéens et Guinéennes,
Travailleurs ou simples citoyens,
Vous qui aimez la Guinée,
Appelons au report de la grève afin que l’insalubrité économique et la délinquance financière ne soient plus une pratique gouvernementale. Soutenons Fodé Bangoura pour que la répression des vols de deniers publics soient désormais répréhensibles et punissables par les lois.
Accordons la chance au changement de mentalité qui se pointe à l’horizon guinéen même si son équation comporte beaucoup d’inconnues : Va-t-il se poursuivre ? Ira-t-il loin ? L’intérêt général guidera-t-il la démarche ? Sera-t-il soutenu jusqu’au bout par le Président de la République ?
Bref souhaitons que l’opération ne fasse pas long feu. C’est pourquoi la liesse qui s’exprime à Conakry dans ses quartiers et chez ses habitants est dangereuse, car nous sommes des populations qui applaudissent trop vite et trop tôt. Alors attendons de voir.
Disons plutôt à Fodé Bangoura que nous l’avons à l’œil et lui souhaitons du courage !
Paris 09 décembre 2006
Jacques Kourouma, Paris, France
Une correspondance Spéciale pour www.nlsguinee.com