mardi 05 décembre 2006
Changement le mot est lâché..!!!. Au diable et puis quoi encore ! Il gène, on s'y refuse car c'est le plus grand tabou, obstacle psychologique, tapis dans l'inconscience collectif guinéen qui gagnerait à vider l'abcès,
Il renvoie la société et sa classe politique à ses responsabilités dans la gestion cataclysmique du pays et à la faillite dans la transmission d'un savoir-faire et savoir être ancestral, non recensé pour être fécondé avec des emprunts dans ce qui se fait de mieux dans ce monde.
Notre pays est rentré dans une phase de décomposition morale et religieuse avancée. On s'emploie d'ailleurs a longueur d'années et de manoeuvres dilatoires en torchonnisant notre constitution passée a la machine a laver divine pour en sortir des présidents"immaculés"pour régner en maître absolu a vie sans aucune possibilité pour le peuple de les contrôler par les urnes encore moins de les destituer en dépit des crimes économiques odieux a son endroit.
Le refus du changement, tabou enraciné dans des phénomènes d'arriération intrinsèquement inacceptables sous d'autres cieux;est le reflet nos mentalités enfarinées dans des visions éculées dont les défenseurs enturbannés ou endimanches n'ont retenu de leurs lectures coraniques et bibliques que les vertus hypothétiques voire hypnotiques de versets pourvoyeurs de miracles ou de puissances surnaturelles pour "enténébrer" leurs vassaux spirituels plonges dans une léthargie sociale sans fin,dans une inertie béate, fétide de croire au mépris du savoir qui humanise l'homme.
Dieu, d'ailleurs n'accordant son secours a un peuple que quand celui-ci décide de changer sa mentalité; en vérité nous connaissons tous les mécanismes qui ont préside à la domination de l'Afrique et refusons systématiquement de débusquer dans nos mentalités les comportements qui alimentent la logique de sujétion à l'oeuvre dans nos sociétés depuis plusieurs siècles. Nous sommes devenus imperméable à toute autocritique centrée sur nos faits culturels; le prisme onusien ne rend plus compte de la complexité de notre situation plus que alarmante.
On se refuse à passer notre identité au laser des exigences rationnelles du monde moderne; on s'oublie dans les sables mouvants d'une authenticité culturelle inadaptée; il va falloir passer par un Nuremberg, au tribunal de l'histoire pour répondre de la bérézina du soleil "noir "de l'indépendance si nous voulons un devenir bienheureux à notre postérité.
L'idolâtrie maraboutique, les opérations du saint esprit christique et l'aide publique sont devenus une industrie pour enrayer le sous-développement de notre pays pendant que les solutions idoines sont férocement combattus rejetés comme un virus subversif a l'ordre monocratique du refus du changement, confine dans l'ignorance et insouciance.
Dès qu'on parle de démocratie, de grâce, pas celle que nous avons héritée de la rhétorique révolutionnaire autarcique, monologue morbide qui se mort la queue, mais de ce qui se fait de mieux pour réguler les sociétés modernes, fondées sur le savoir et la responsabilité; nos thuriféraires du monde défunt brandissent la bannière en haillon de nos traditions défaillantes depuis un demi millénaire pour défendre le sacro-saint graal de la démocratie africaine à la sauce des rois nègres ou on crie au complot néo-impérialiste, (l'attrait du décalage a fini de nous perdre) vernis d'ailleurs qui ne résiste pas à l'épreuve de feu de leur volonté stratégique de confisquer ou bafouer nos suffrages pour empocher la manne au passage et s'éterniser au pouvoir en alimentant le fumeux conflit de la modernité contre les traditions, notre "moi culturel" humilie par l'esclavage et la colonisation.
C'est sur le plan économique que la répulsion du changement est le plus manifestement cynique, notre pays n'offrant aucune capacité organisationnelle pour rendre les capitaux de la mendicité à l'international viables avec des résultats durables et incontestables. C'est là que la batterie administrative ou diplomatique se met en branle sous la houlette d'une foultitude d'experts en tout genre pour des colloques, séminaires et missions dont l'envol ne dépasse guère le stade alimentaire, avec son oeil-de- boeuf qui ne perçoit pas les enjeux darwiniens à l'oeuvre dans l'ordre économique mondial, pour nous égrener le chapelet de la détérioration, de l'échange inégal, le pétrole exorbitant, l'endettement perçu comme un du historique dont les dividendes sont volatilisés dans des comptes garnis à l'extérieur pour ne pas servir leur pays.
Le soin de développer notre pays est dévolu désormais aux bailleurs de fonds en bradant quelques enclaves "rente" miniers comme si la tache de développer la Guinée leur incombait alors qu'on a voté pour un parlement godillot "incompétent " et exécutif "irresponsable" et une justice"corrompue et inféodée.
Si les gouvernants sont irresponsables nous le sommes pour le moins par notre inconduite indigne; cette mentalité d'opportunistes et de profiteurs éhontés est le reflet de notre mentalité; on ne peut s'empêcher d'être frappé par l'acharnement avec lequel nous saccageons les biens communs et refusons la méthode, la transparence, la cohérence et la rigueur; la faveur allant plus à la magouille, à l'improvisation, à la navigation à vue: la dérive du régime est terrifiante.
La démotivation et la démoralisation ont atteint leur paroxysme: le changement est irréversible.
La frénésie matérialiste a fini de rompre leur lucidité et leur irresponsabilité est à la hauteur de la débâcle, du sort malheureux qu'ils administrent à notre peuple. Il n'y a pas de hasard, leurs actions sont en corrélation directe avec la misère, la pauvreté qui ont trouvé leur point d'orgue dans le bonnet d'âne bâté de la corruption généralissime décerné par transparency international, ils démissionnent à s'investir à la modernisation du pays, incapables de se mouvoir à la vitesse des exigences de notre situation plus que chaotique, inaptes à influer sur la destinée de notre Guinée. Même une préfecture des fins fonds du Sénégal est mieux structurée et gérée que l'Etat guinéen qui croule sous la cupidité et le déficit de vision de ses gouvernants, docteurs es...
C'est de l'angélisme naïf pire de la lâcheté que de croire que nos partenaires "mercantiles "au développement vont nous faire des ponts d'or par philanthropie et nous développer.
Seul un réalisme implacablement optimiste tout dédié au devenir de notre pays nous sauvera du mythe de l'impuissance à faire valoir nos Droits" Economiques" contrecarrés soi-disant par des forces occultes néfastes néo-impérialistes, piège dans lequel un pan entier de générations sont flouées par la nébuleuse et génocidaire révolution culturelle et le paravent libéral "conformiste" meurtrier du progrès dans notre pays.
Pour ainsi disculper notre classe politique vénale du soupçon d'incompétence qui pèse sur elle en dépit de son obsession des signes extérieurs de prestige en contraste avec la réalité, qui sont autant d'actes d'égoïsme primitif, d'insouciance, d'irresponsabilité- sport roi dans les rivières du sud; nous refusons de continuer à marcher sur une mine d'or en tendant la main pour l'obole internationale.
Seul le culte du travail nous sauvera de la pauvreté "généralisée" au lieu de cette invitation éhontée à la recolonisation par l'Asie.
Les kleptocrates s'emploient comme l'occupant colonial à nous traiter comme des sous hommes corvéables et taillables à merci pour devenir riches et plus riches que les riches des pays riches qui passent toute leur vie à travailler.
Le veau d'or de la facilité, la servilité, la lâcheté, l'hypocrisie et la cruauté érigées en art de vivre ont pris en otage le changement dans le pays, on gagnerait à désamorcer la charge implosive de l'inertie béate en prenant concrètement en main le destin de notre pays, pour faire émerger le guinéen nouveau, un vrai citoyen du développement.
L'opposition nationale véritable marre aux crocodiles, n'est pas en reste, elle porte le sceau de ces deux régimes populistes et impopulaires, incapable de trôner au dessus du gouffre sordide et nauséabonde de l'ethno-régionalisme dans lequel les guinéens sont souillés et déshumanisés pour leur ouvrir la porte lumineuse de la Nation; qu'en fin les guinéens portent dignement les valeurs "l'intérêt général" de la république afin de tenir en respect les appétits des lugubres héritiers de la tragédie du « leadership à la guinéenne » et congédier ce régime avec la force d'un ouragan. C'est pour cela qu'elle ne porte pas le tocsin du changement et se noie dans un océan de fuite tangentielle.
L'alternance tant proclamée par l'opposition est une arlésienne, on en parle beaucoup sans s'en voir la couleur.
Le changement cause nationale depuis des lustres, ce serait montre de peu de courage et déshonorant de chercher à flirter avec un régime corrompu, liberticide, prévaricateur et incompétent aux abois. Il serait plutôt judicieux de faire un arc de triomphe démocratique au peuple de Guinée plombée par des décennies de souffrances et d'humiliations, rêvant d'assaut final, de rupture fracassante pour un ordre nouveau dans lequel l'intégrité morale, le patriotisme et la probité sont à l'honneur.
C'est au pied du mur qu'on reconnaît les vrais bâtisseurs !
Autant l'arbre est l'expression du sol où il s'enracine, la Guinée est devenue par notre volonté un enfer.
« Y a que le changement de constant... » BOUDDAH
Par Alpha Oumar Fela Barry
Contact : alphawin2003@yahoo.fr
Une Correspondance Spéciale pour www.nlsguinee.com