jeudi 30 novembre 2006
La semaine dernière, un certain Mamadou Bangoura (Tatéma) est apparu sur quelques sites guinéens. Son thème d’exhibition, sous l’impulsion d’un pigeon politique voyageur et déserteur du combat démocratique, a été «Guinée : Sidya, le félon. » Cela pouvait passer comme ordinaire, si le schémas mental qui a présidé à la construction de ces propos tenait de la vérité et si la plume n’était pas mauvaise et surcroît d’un sbire fantôme manipulé.
J’ai toujours prôné et défendu que les hommes publics ne s’appartiennent pas. Par ce principe, ils peuvent être objets de critiques, même les plus acerbes. Mais est-ce pour autant les accuser de tout sauf du vrai et du réel ?
Parler des leaders ou de ceux qui prétendent l’être exige une rigueur qui commande que les critiques, à leur endroit, soient fondées sur des faits établis. C’est ainsi qu’ils réussiront à mener à bon port le navire dont nous sommes tous les passagers et pour lequel ils ont décidé d’en être le capitaine parfois sans avoir l’aptitude. Le contraire est plutôt la félonie.
Que nous l’aimions ou pas, le passage de Sidya Touré à la primature l’a inscrit dans le registre de notre histoire nationale. Son nom est gravé dans le marbre de la conscience collective comme celui qui, pour la première fois de notre souveraineté, a démontré aux Guinéens la signification de la bonne gouvernance. Au-delà de la voie indiquée, il avait transformé, même si ce fut très bref, le rêve du 28 septembre 1958 en une réalité tangible et vivante.
Que nous soyons d’accord ou non, ce patriote a prouvé que la gestion d’un pays n’est pas une improvisation quotidienne et permanente telle que nous le vivons depuis l’indépendance, si indépendance y a encore. Et ce n’est que justice rendue lorsque de nombreux Guinéens le réclament aujourd’hui en pensant qu’il peut faire mieux si le temps le lui est accordé dans un climat de confiance et de liberté dans l’action.
La politique, c’est la capacité à faire rêver les citoyens et l’aptitude à donner corps et vie à ce rêve à travers des actes fondateurs de progrès sur lequel naissent de nouvelles aspirations au bonheur toujours meilleur. Le politique a pour vocation, entre autres, d’inspirer la confiance à ses compatriotes face à la réalisation d’une société au tropisme porté par un idéal partagé par la majorité. L’homme politique n’est rien d’autre que ce citoyen patriote qui s’offre en porteur des idéaux de son groupe puis de toute l’entité humaine nationale comme le centralisateur de valeurs qui mobilisent autour d’elles la majorité.
Faire de la politique, c’est avoir le courage de dire et de faire ce que les peuples veulent entendre, veulent voir se réaliser. C’est aussi vivre et partager leurs préoccupations au quotidien. Celui qui remplit ces critères attire l’attention et le choix des électeurs.
Depuis bientôt un demi-siècle, la plupart de nos leaders font de la politique. Les résultats sont maigres et insignifiants au regard de l’attente des Guinéens. Allons-nous les suivre tel un peuple, troupeau de moutons ?
Parmi eux, certains a une longueur d’avance sur leurs concurrents parce qu’ils ont une trajectoire aux actes de gestion qui expriment leurs compétences et leurs capacités à assumer la fonction gouvernementale. Ils ont exercé des fonctions républicaines au cours desquelles ils ont fait preuve leur savoir faire en matière de gestion. Grâce à eux les Guinéens se sont découverts à eux-mêmes. Ils leur ont permis de prouver leur capacité à mettre leur patrie sur les rails du développement, si une véritable équipe de patriotes est aux commandes.
Nous pouvons porter des critiques sur les épisodes de notre évolution, mais l’évidence nous ramènera toujours à la réalité vécue.
D’autres mènent le combat à contre courant en commanditant des petites plumes à l’encre bavant de mensonge sur les sites ? Dans ce lot, l’idéologie communiste et marxisante vise la conquête de l’espace démocratique, mais plutôt en faire un fond de commerce qui leur procure des subsides.
Ces carriéristes politiques, infatigables visiteurs des palais présidentiels africains sentent le vent de leur échec. Ils ont défiguré le visage du combat des Guinéens pour un Etat de droit et font qu’aujourd’hui peu de démocrates accordent un crédit à leur discours politique et à leur capacité réelle à apporter à la Guinée, la démocratie, restauratrice de la République. Pendant ce temps, il développe une sorte d’érotomanie. A qui cela a profité ?
Aux voleurs qui ont organisé le sabotage de la bonne gouvernance dans notre pays, lesquels sont honteusement partis se reconvertir en réfugiés politiques à travers le monde après avoir vidé les finances publics
Aux médiocres qui pillent et affament nos populations lesquels s’agrippent encore au plaisir du pouvoir.
Dans ce contexte, pourquoi pourrait-on condamner un guinéen, si cela s’avérait, qu’il soit approché ou qu’il initie, lui-même, la démarche de prendre le taureau guinéen par les cornes dans le seul but d’arrêter notre calvaire ? Pourquoi aurait-on pensé à lui et non pas à un autre ?
Je suis tenté de répondre parce qu’il a la compétence, la capacité, la volonté et les hommes qu’il faut pour ramener l’eau courante, l’électricité, le travail et la construction des routes. J’ose dire, c’est parce qu’il a l’expérience gouvernementale que les commanditaires de Mamadou Bangoura ne possèdent point. C’est parce qu’il est capable de créer les conditions de l’existence de toute chose publique qui lénifie les forces créatrices de biens et libère les forces productrices de bonheur pour le bien être partagé par tous.
D’ailleurs, comment pourrait-on penser à ces leaders au comportement d’éternels étudiants et marchands de rêve dont leurs compagnons sont la couardise et le défaitisme ?
N’ont-ils pas fait de la politique politicienne leur fonds de commerce ?
Paris 30 novembre 2006
Jacques Kourouma pour tamsirnews.com
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com