Afrique : l'envoyé spécial de l'ONU en Somalie appelle au "dialogue"
04 août 2005
MOGADISCIO (AFP) - 03/08/2005 22h02 - L'envoyé spécial des Nations unies pour la Somalie, François Fall, a appelé mercredi à Mogadiscio l'ensemble des dirigeants du pays à ouvrir le dialogue pour lever le contentieux à propos du site du siège du gouvernement de transition.
"Ils doivent se parler et dépasser leurs différences, comme l'Onu le leur demande", a déclaré M. Fall à l'AFP à l'issue d'un entretien avec le président du Parlement, Sharif Hassan Sheikh Aden.
M. Aden, approuvé par plusieurs ministres et un plus grand nombre de parlementaires, tient à ce que le gouvernement s'installe à Mogadiscio.
Le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed et son Premier ministre, Ali Mohamed Gedi, ont établi le gouvernement à Jowhar, à 90 km au nord de Mogadiscio, en attendant, expliquent-ils, que la sécurité soit améliorée dans la capitale.
M. Fall effectuait mercredi sa deuxième visite en Somalie. La première, lundi, avait été réservée à MM. Yusif et Gedi à Jowhar.
Il était allé leur exposer les propositions de l'Onu, inscrites dans une "feuille de route" pour la Somalie, et qui correspondent quasiment point pour point au programme du gouvernement: installation du gouvernement à Jowhar, cessez-le-feu, désarmement et casernement des miliciens pour la création d'une armée et d'une police nationales, recherche d'un consensus sur l'envoi d'une force de paix de l'Union africaine (UA).
L'Onu propose enfin une réunion à haut niveau entre les différentes instances somaliennes et la communauté internationale, dans une capitale de la région.
"Le rôle de la mission est d'abord de réduire les tensions et d'établir un climat de confiance entre les dirigeants somaliens", a expliqué M. Fall lors d'une conférence de presse après son entretien avec M. Aden.
"Nous accueillons l'envoyé de l'Onu et sommes prêts à soutenir ses efforts de médiateur pour rassembler les institutions fédérales somaliennes, divisées depuis leur formation au Kenya", avait déclaré M. Aden à l'arrivée de M. Fall.
Notre gouvernement est un gouvernement de réconciliation, et nous devons assumer notre responsabilité à rassembler ce gouvernement pour rassembler les Somaliens", avait-il ajouté, soulignant toutefois qu'il "n'est pas réaliste d'ignorer cette division".
"Plus de 100 parlementaires sont à Mogadiscio, et d'autres à Jowhar", a-t-il rappelé.
"C'est le signe de divisions, et nous allons rechercher l'unité", a-t-il ajouté.
Lundi, à Jowhar, M. Gedi avait d'abord accueilli avec réserve la "feuille de route" de M. Fall, déclarant ne pas accepter de "formule imposée" pour la Somalie et invoquant la "souveraineté" de son pays.
Après leurs entretiens, MM. Fall et Gedi avaient annoncé, dans une conférence de presse commune, que l'Onu "encourage" le processus de réinstallation des institutions et de sécurisation entamé par le gouvernement fédéral de transition, mais que celui-ci allait "conduire le processus", tandis que l'Onu allait le "soutenir".
Le ministre de la Sécurité intérieure, Mohamed Qanyare Afrah, un allié de M. Aden, que M. Fall a également rencontré à Mogadiscio, a déclaré à l'AFP qu'il approuvait la médiation de l'Onu.
"Je suis prêt, avec ceux qui partagent mes idées, à user de mes muscles pour imposer la paix", a-t-il ajouté.
"Nous n'accepterons pas que la paix soit prise en otage par un petit groupe", a-t-il toutefois conclu, dans une allusion évidente à MM. Yusuf et Gedi.
Source : AFP
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