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Politique : Rétrospective sur la Guinée : De Novembre 2003 à Novembre 2006
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samedi 25 novembre 2006
En 2003, le Président Lansana Conté annonce de façon anodine à l'époque devant un parterre de notables de la ville de Coyah situé à une cinquantaine de kilomètre de la capitale Conakry, je cite « Je suis malade, j'ai mal aux pieds, vous voyez que je ne peux même pas mettre mes chaussures ».
Quelques temps après cet aveu public d'une maladie qui le ronge, le handicapant sérieusement dans l'exercice de ses fonctions, c'est la préparation des élections présidentielles de décembre 2003.
Mais, au préalable en novembre 2001, un référendum est organisé dans le but de tripatouiller la loi fondamentale, permettre ainsi au général déjà malade au pouvoir se représenter et d'être Président à vie. Avec cette violation de la constitution voter à plus de 91% des voix, on méprise le Peuple, seul souverain !
Par ce geste irresponsable, des fils du pays ont décidé de remettre en cause le suffrage universel et tous les acquis démocratiques qu'offrait la première constitution démocratique du pays depuis son indépendance le 2 octobre 1958.
Une chose grave devait se produire suite à ça, le PUP parti présidentiel se réunit et décide d'investir le Général Conté comme candidat du parti, à la course présidentielle.
Le Général, comme à son habitude réagit à ce choix : «Vous m'avez choisi, c'est votre problème, moi je suis malade et ça sera à vous de faire la campagne, car moi je ne pourrai pas ». Pendant ce temps la situation politique, sociale et économique du pays est, dans une phase de déliquescence et de chaos indescriptible...
Malgré ce climat de régression, les caciques du PUP, Somparé et Konaté son successeur à la tête du parti soutiennent mordicus le candidat malade, malgré ses réticences.
Le blocage politique, le manque de transparence dans la gestion des deniers publics, l'absence de dialogue pouvoir opposition, amène cette dernière au boycott des élections présidentielles.
La société civile, sous l'impulsion du CRAC, Comité de Réflexion et d'Action pour le changement, qui prône le boycott actif, réussit à unir les forces du changement.
Des manifestations de contestations et de dénonciations contre le régime sont organisées devant l'ambassade de Guinée en France, en Belgique et dans certains pays occidentaux sous la haute et bonne vaillance des forces de l'ordre.
Toutes les organisations guinéennes sont en actions, objectif, agir ensemble pour le changement. Étaient présents et maître d'œuvre, le CRAC, DLG, CIREG, COTRADEG et tous les partis politiques représentés en FRANCE.
Les médias étaient présents, principalement TV5 qui couvrait les évènements. Nous assistons à une vitalité de la Cyber-opposition étonnante, menant une véritable guerre électronique contre le régime, notamment Guinea-forum.org qui est un site dédié à la lutte pour le changement et Aminata.com qui joua un rôle important.
Notre volonté était de pousser au boycott actif et à la prise de conscience que le changement était possible, si nous unissons de forces et nos énergies créatrices pour aller dans le même sens.
Le choix de l'opposition d'un boycott passif n'a pas pu permettre une alternance en 2003, qui était par ailleurs à porter de main. Le CRAC et ses dirigeants de l'époque innovent en désespoir de cause, l'idée de la désobéissance civile active.
Le manque de relais et de coordination entre la société civile et les acteurs politiques sur le terrain, affaibli le mouvement pour le changement et permet au régime de survivre, en utilisant Mamadou Boye BARRY actuel ministre de l'enseignement pré-universitaire, comme le dindon de la farce, pour faire croire qu'il y a eu compétition dans une élection truquée et gagnée d'avance.
Le boycott actif prôné par le CRAC et les autres organisations guinéennes de la société civile enregistra un succès retentissant avec 10% de participation au vote.
La société civile se construit et se fait reconnaître par les acteurs politiques et économiques, comme un autre levier fondamental pour le changement dans notre pays.
En 2004, le pays s'enfonce de plus en plus dans une crise économique, sociale et politique grave, entraînant une chute vertigineuse de la monnaie nationale, qui devient une monnaie de singe, avec une inflation réelle qui tourne à l'époque autour de 30%.
Nous assistons à une hausse brutale des prix du carburant et des denrées de premières nécessités. Le pays est coupé de ses greniers avec une détérioration des infrastructures routières et des moyens de communications.
La guinée qui possède 1200 cours d'eaux est mise en diète par une agriculture chancelante et un manque d'énergie qui plonge le pays des «rivières du sud» dans le noir. Tous ces cataclysmes finissent d'enfoncer le pays dans un environnement de chaos total.
Arrive dans ce climat de crise sans précédent, un nouveau ministre de la sécurité, un revenant, qui décida d'orchestrer et de mettre en œuvre un complot imaginaire visant Sydia TOURE ancien brillant Premier ministre. Il est interpeller, interrogé par Interpol, puis libéré sans preuve.
Les victimes, sont des proches du Premier ministre : Ibrahima Capi CAMARA, Rougui BARRY RBB avec Baïdy ARIBOT et le célèbre Commandant Mamadouba CAMARA alias « Toto», tous arbitrairement arrêtés et incarcérer dans las geôles du régime pour justifier la thèse du complot.
Un ouvrage sortira en 2007 et donnera moult détails sur ce fameux « dîner subversif de Paris» et de ce soit disant, complot romanesque dont les acteurs seront connus du grand public.
La justice guinéenne prend son indépendance dans cette affaire politico-judiciaire et prononça un non-lieu pour divers vices de formes et pour manque de preuves, sur une affaire qui frisa le drame humain !
Les mauvaises habitudes ne tardent pas a resurgirent. Le régime procède à l'arrestation de près d'une centaine d'officiers et de sous officiers pour tentative de coup d'état non établit.
L'histoire démarre par un concours organisé par une ONG américaine au Palais du Peuple. On profita de cette occasion pour inventer un coup d'état en exécution pour éliminer le chef de l'état.
Bon dieu quelle chance !
Des centaines de civils sont arrêtés et incarcérer au PM 3 près d'un an, avant d'être libérés sans jugements.
Où sont-ils ces officiers arrêtés arbitrairement et dit en fuite ?
Les Misbaou SOW et ses compagnons… Que sont devenus ces civils ?
Dans la foulée, on nomme François Lounseny FALL comme Premier Ministre pour remplacer SIDIME qui retrouve son fauteuil de président de la cour suprême. FALL démissionne rapidement pour empêchement de gouverner par le Président et son entourage.
Moins d'un an après, le pays est dans l'impasse, Cellou Dalein DIALLO, est nommé Premier ministre et commence rapidement à mettre en place des réformes profondes, renoue avec les institutions internationales et les bailleurs de fonds.
Il s'attaque à une des racines de la corruption, les marchés de gré à gré, s'ensuit une bataille avec Jean Claude Sultan, son ministre des télécommunications. Il demande l'arbitrage du Président de la république et obtint son soutien, mais rien à faire le général adore la division.
Il envisage de partir, le Président lui accorde de composer son gouvernement pour réussir à remettre en place les équilibres macro-économiques rompus. Juste au moment où les bailleurs internationaux trouvent, une caution morale et commence à revenir, Cellou Dalein fait publier légalement son gouvernement signé par le Président en personne. Il pris d’ailleurs le soin de choisir certains, demandant à son Premier ministre de se remettre au travail. Nous assistons en moins de 12 heures à des décrets et des contre décrets pour annuler le nouveau gouvernement et rappeler les anciens.
Du jamais vu ailleurs ! Le pays perd, tout ce qui pouvait rester de respect et de crédibilité. Sur le feu de l'action, le Premier ministre est limogé pour «faute lourde» et pendant ce temps le pays replonge au plus profond de l'abîme. Les clans qui s'étaient activé pour barrer la route au Premier ministre qui touchait à leurs privilèges, se font aujourd'hui une guerre sans merci pour la succession !
Alfa Ousmane Diangolo BARI
Directeur de publication de Guinea-Forum
Contact mail : alfa_ousmane@yahoo.fr
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Evolutions dans l'histoire
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Chefs des partis politiques
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Images de la Guinée profonde
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Ces images sont bien des réalités de ce magnifique pays!
La Guinée est pourtant l'un des pays les plus riches au monde du point de vue ressources naturelles.
Cette faillite économique est le résultat du pillage systématique des biens publics, le clientellisme,
la corruption, le détourment des fonds publics et une mise à l'écart de la majorité des cadres compétants et intègres du pays.
Réagissez et dites au monde entier ce que vous pensez de cette situation. |
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