Guinée : Kankan une ville à l’abandon
jeudi 23 novembre 2006
Qu’on le dise ou pas, la machine de la nouvelle maire de Kankan commence à s’enrayer. Des grains malencontreux commencent par s’insérer dans la mécanique qui paraissait pourtant suffisamment huilée dès le départ. Et voici que la machine subit maintenant et progressivement, des à-coups. L’état de grâce que, tout spontanément les populations de Kankan ont concédé à la maire s’effrite au jour le jour comme une peau de chagrin.
Les populations de Kankan qui ne demandent qu’aspirer à un mieux être s’impatientent, car depuis sa victoire aux dernières communales ce qu’il convient désormais d’appeler " Madame la maire du changement " il y a dans NABAYA un sentiment généralisé de pessimisme constant voire croissant. Pour dire plus simple, comme l’homme de la rue, le panier de la ménagère ne ressent encore aucun changement. L’état des routes reste des plus mauvais voire inexistant.
Or, c’est la rareté des biens et la pauvreté grandissante auxquelles elle était confrontée qui a amené la population de Kankan à voter pour l’avènement du changement. Pour nombre de kankanais aujourd’hui, le bonheur jaillira seulement quand l’opposition a les reines du pouvoir.
Le pouvoir n’ayant des militants que les fonctionnaires de l’Etat adhésion par force et non par conviction était contraint de céder certains fiefs de l’opposition à celle-ci afin de trouver un ALIBI pour la population.
Qu’est-ce qu’un parti d’opposition est capable de poser concrètement comme projet de développement en Guinée sous Conté dans la situation actuelle de blocus total ?
Conté se dit ’’ Kankan veut Alpha, maintenant il a Alpha et qu’est-ce que Alpha peut.’’
L’opposition si elle a les moyens pourra faire ce que ce pouvoir refuse d’accomplir comme réalisations, ce pouvoir essayera toujours de saboter et de bloquer tous les projets de développement allant dans les fiefs de l’opposition.
En politique pour avoir son adversaire, il faut l’attaquer sur ses points forts. Mais la situation serait bien plus gérable s’il ne venait pas s’ajouter aux difficultés financières, au refus du pouvoir de participer au processus de développement et une série de situations capables de décourager les plus optimistes.
Prenons deux situations qui paraissent assez édifiantes à ce titre : le manque total de tout projet de développement concernant la ville par le gouvernement, et l’abandon pur et simple de la ville par ses propres enfants.
Manque de projets: Ce n’est pas tant les causes du phénomène qui posent aujourd’hui problème car il n’est un secret pour personne que Kankan n’a jamais été dans le Coeur des dirigeants actuels, qui doivent avoir pour NABAYA un certain mépris et de la rancoeur.
Sinon comment expliquerez-vous que la deuxième capitale du pays soit l’objet d’un abandon et blocus total du gouvernement ?
Aucune activité administrative dans la ville, les écoles se détruisent de jour en jour et sont en ruine, les routes sont inexistantes, le principal hôpital est devenu le nid des maladies, la ville est depuis belle lurette sans lumière, sans eau, sans aucun système de transport, la famine, l’angoisse, bref le désespoir se lit sur tous les visages, comme dans tous le reste du pays.
L’abandon par ses propres enfants: parlons-en un peu. Quel ressortissant de cette pittoresque ville aux milles et un souvenir peut être fier de voir Kankan dans cet état aussi piteux ?
Voir Kankan aujourd’hui dans son état actuel, est une honte pour tous les ressortissants de NABAYA, c’est une situation urgente qui demande une adhésion totale de tous les ressortissants pour une prise de conscience afin de poser des actes concrets pour sortir la ville de cette léthargie.
Tous, de près ou de loin, réveillons-nous et faisons quelques choses pour la cité qui nous a engendrés ou qui a donné naissance à nos aïeux. Redonnons à Kankan la place jadis qu’elle occupait, la capitale des négoces, la capitale du pays CLAIR (gbèkan dyamana) bref le point de mire de la Guinée.
Nous n’allons pas attendre que le gouvernement fasse tout pour nous, le miracle s’il y en a ne viendra que de nous-mêmes. Nous n’allons pas attendre tout des ONG, des associations etc… pour soigner l’image de la ville, chacun peut un peu. Doni doni könöni da anya la. (petit à petit l’oiseau fait son nid.)
Sauvons la ville de nos ancêtres notre honneur et notre fierté en dépendent, les nombreux sacrifices consentis produiront leur effet escomptés un jour, Kankan vit grâce à la baraka et à la bénédiction de ses ancêtres. Ne nous faisons pas de fausses illusions, Kankan ne connaîtra le développement que lorsque ses enfants s’y donnent.
Les populations de Kankan ont espoir, confiance, et continueront toujours à bénir ses enfants de l’intérieur comme de l’extérieur et attendent d’eux du concret. Donner vie à Kankan c’est répondre à l’appel et exhausser les voeux de nos ancêtres, c’est relever un certain nombre de défis que nous nous sommes lancés nous-mêmes et enfin c’est avoir la BARAKA.
Une analyse de Mohamed "Joe" Sidibé, USA
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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