Guinée : Quel droit pour les enfants de Guinée ?
mardi 21 novembre 2006
De nos jours, et presque dans toutes les familles en Guinée, les enfants sont victimes de mauvais traitements. Les parents qui pensent donner une bonne éducation à leurs enfants usent des méthodes plutôt violentes. De tels actes pourraient, à la longue, laisser des séquelles traumatisantes sur ces enfants.
Il nous est arrivé de voir au moins une fois à la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG) l’image insoutenable d’une enfant qui, pour avoir « voler » une miche de pain et de la menu monnaie, a eu ses mains calcinées avec des torchons enflammées après avoir été imbibées d’un liquide inflammable. La punition ainsi infligée par la mère n’était pas proportionnelle à « la faute » commise par l’enfant. Ce n’était pas une punition. C’était un crime odieux commis par une mère prise de « folie » meurtrière. Interpellée par la Police, elle exprima son profond regret.
Il y a aussi entre une multitude de cas celui de Hawa, âgée de sept ans et vivant avec sa grand-mère au quartier de Simbaya, Commune de Ratoma dans la haute banlieue de Conakry en Guinée. Elle a perdu son père suite à une courte maladie il y a à peine un an. Sa mère, Joséphine, 27 ans et célibataire sans emploie, habite chez ses parents non loin de là. Elle vient donc régulièrement voir sa fille.
Ce Dimanche, Joséphine envoya son neveu chercher Hawa chez sa grand-mère à plusieurs reprises afin de lui tresser les cheveux pour qu’elle puisse aller à l’école le lendemain. Hawa a dû tarder à répondre à l’appel de sa mère. Toute furieuse, Joséphine se rend dans sa belle-famille un rameau à la main. La fillette qui prenait son petit déjeuner fut terrorisée par l’apparence hostile et les menaces que proférait sa mère. Prise de panique, elle s’enfuit aussitôt. Voilà qui met la mère au comble de la fureur.
Elle déclancha aussitôt une course poursuite en lançant des pierres en direction de sa fille. Une grosse pierre frôla la tête de l’enfant qui lui aurait été fatal. Après avoir fait le tour des concessions avoisinantes, Hawa s’arrêta enfin. Complètement abattue par la fatigue et la peur. Sa mère se déchaîna contre elle avec animosité en refusant toutes les interventions des voisins en faveur de l’enfant.
Les cas de violences sur mineurs ne sont pas des faits rares dans nos hôpitaux et Commissariats de Polices. Ces violences sont au quotidien. Malheureusement, ces cas sont presque tous traités en dehors du cadre judiciaire compétant et au détriment des victimes. Un enfant maltraité ne sera forcément pas un enfant bien éduqué ou le bon citoyen de demain. C’est le contraire qui est fort possible.
Apprenons donc à respecter le droit de nos enfants. Mais cela suppose tout d’abord que nous sommes disposés à entretenir un dialogue avec eux ; à les écouter avec un peu plus d’attention et à les entendre. Si non, à quoi bon de revendiquer nos propres droits si nous sommes incapables de respecter ceux des tous petits.
Amadou Sadio Diallo
Directeur de publication de "Les Ondes de Guinée"
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