Guinée : Un vieux pagne usé et troué cache certes nos plaies mais ne nous protège point du déshonneur
dimanche 19 novembre 2006
Quel déni d'humanité de croire qu'après deux décennies de règne absolu, c’est la Ripouxblique et sa cohorte d'aveuglés, de faux-devots qui doivent avoir pitié des guinéens qui se refusent à l'autodétermination dans un fatalisme fétide qui défie l'érudition moderne.
Demander ainsi à ce régime du haut de son piédestal théocratique, de faire basculer la Guinée sur la pente d'un destin bienheureux reviendrait à lui sommer de se couper le pied pour guérir du diabète.
Complètement dépassé par les fonctions qu'il n'est pas en mesure d'exercer, il démissionne à s'y investir, le sacerdoce de la magistrature suprême se confond désormais à un abus de positions nourricières de fortunes illicites, de jouissances auréolés d'impunité, de délices éthyliques du pouvoir, transformer toute honte bue en méthode de gouvernement, n'en déplaise la volonté populaire.
Nous sommes en effet orphelin de notre armée fourvoyée, sous influence narco-financière, devenue du charybde de la dictature révolutionnaire du Néron noir qui l'avait muselée et ravalée au rang "de foufalafou" au scylla de l'horreur économique du kudaïsme qui l'a déshonorée en la muant en un repère de malfrats, un bras armée ethnique pour perpétuer la descente aux enfers de notre nation.
Cette armée républicaine bâillonnée est discréditée, décrédibilisée par un si long mutisme et passivité écœurante, qu'elle ne perçoit plus des bas-fonds de sa caverne les lueurs de son devoir d'honorer notre pays de son héroïsme encore moins de son patriotisme indéfectible. Toute façon elle a remporté la palme du déficit patriotique car servir dans la dignité sans desservir la grandeur et le bonheur national ouvre les portes du panthéon guinéen.
L'impasse de l'immobilisme politique dans lequel nous sommes embourbée; nous a conduit sans hésitation à envoyer vainement au front les femmes, ceci pour masquer notre incapacité à faire reculer le régime qui a une mémoire féroce de la colère de celles-ci sous la dictature défunte ressuscitée. Certes en pensant que les vertus, les peurs ancestrales allaient les contraindre à plus de clémence pour desserrer l'étau de l'asservissement de notre peuple par notre peuple;mais c'était pas sans compter que les religions révélées avaient enferré les traductions dans des lectures littérales, sables mouvants d'un prosélytisme dogmatique de leur défense dans ce qu'ils ont de plus historiquement dépassé le culte du chef : d'ailleurs nos modèles en la matière, les pays du golf et arabes en sont encore aux monarchies et à des dictatures impitoyables pour jouir paisiblement de la manne pétrolière.
Ce que les puissances colonialistes refusent cyniquement aux africains, l'octroient volontiers aux pays de l'Est à peine sortie de la torpeur communiste pour réaliser des prouesses démocratiques coperniciennes, aux antipodes de leur parcours à eux-mêmes pluriséculaires pour asseoir de vraies démocraties industrialisées.
Bref les femmes ont été ainsi très vites flouées dans des « Mamaya et serre » à coup d'Euros et le problème de classe. Il n'est pas interdit d'interdire de croire, mais les esprits libres croyants et tolérants doivent démasquer les mécanismes de nos traditions qui empêchent le triomphe des lumières pour une société viable et vivable pour tous. Ceci n'est nullement une invite à s'engloutir dans le trou noir de l'athéisme bourgeois en mal de bonne conscience, il est encore possible de croire a l'espérance d'un monde meilleur.
Le discours social religieux basé sur les sortilèges et oracles des vessies maraboutiques, sur les miracles christiques et les fables de la puissance surnaturelle animiste ont piégé le monde politique guinéen qui alimente sa capacité de nuire dans le sens où leur aveuglement doublé d'hypocrisie tronque l'exercice en âme et conscience des droits civiques et politiques.
On ne vote pas pour se conformer à la volonté divine ne ce serait-ce pour réaliser le destin d'un citoyen ; mais pour accorder plutôt un mandat sanctionnable par les urnes, à un projet de société avéré et chiffré auquel on donne son adhésion.
Ce qui a été valable pour les femmes n'a pas épargné les syndicats qui avaient soulevé une ferveur exceptionnelle; mais tel un mollusque a aussitôt rejoint sa coquille pour sabrer le champagne avec des paillettes en euros. Le plus consternant dans tout cela ce sont nos enfants "Soweto" tombés sur le champs d'honneur en lieu et place des adultes sensés les couver, leur donner les moyens de prendre les rennes de la relève. Ils sont plutôt privés d'instruction pour des formations au rabais et une éducation sabordée par l'indigence de leurs paters…
A ce rythme, il ne manquerait plus que nos nouveaux-nés et nos vieux enragés par des décennies de terreur et de tyrannie pour passer à la trappe. Décidément ces différents régimes ne nous auront rien épargnés ; vivement la fin du soleil "noir" des indépendances en lieu et place une démocratie de tout nos voeux.
La Guinée c'est aussi un parlement, le réceptacle des forces coalisées de la corruption et de la fourberie pour développer la pauvreté, une horde de batteurs de tam-tams feignant d'écouter le peuple qui n'arrive pas se faire entendre de sa détresse dont la clameur dans l'éclat de tonnerre de ses grèves récurrentes se heurte à une surdité, une indifférence invraisemblable.
Hélas, le notre de parlement n'est ni légal encore moins légitime, tourne le dos au peuple en refusant de défaire le noeud de la vacance suprême devenue au fil des ans une véritable boite de pandore qui paralyse la vie du pays. Depuis le temps qu'il n'y a plus d'institutions représentatives de la volonté de notre peuple qui a vu ses suffrages usurpés et confisqués dans des fraudes massives et l'intimidations meurtrières à tour de bras; c'est un cartel de « parlementeurs » mégalomanes féroces et cupides de destin national pour perpétuer le mal guinéen.
Notre pays est devenu une fabrique de politique- cul jattes impuissants à remettre notre pays sur ses pieds.
La justice de notre pays exilée sur son propre sol, vidée des principes moraux et républicains donne le tournis aux communs des guinéens esseulés dans un désert de non-droit, pour seul viatique le règne éhonté de l'impunité et le triomphe du mal qui a mis le bien sous le boisseau. Le silence vertigineux de la sommité judiciaire n'est pas sans rappeler le désarroi de nos compatriotes qui ne savent pas si l'ambulance va à l'hôpital ou à la morgue. Une justice faite par des gens qui ne sont pas justes est une insulte aux valeurs que nos parents nous ont léguées. Elle est devenue un grand corps malade enkysté dans la déconfiture générale de notre pays, suppôt de l'ancien régime qui régnait par l'arbitraire, l'obscurantisme et la paranoïa du complot permanent (élite décimée ou exilée) pour servir aujourd'hui son cadet en déclin qui gouverne par la crise sociale en maniant expertement le bâton de la pénurie permanente et le rachat des consciences (élite vendue ou démissionnaire).
La Guinée c'est aussi une opposition de faïence vermoulue rompue à la guerre des tranchées avec ses lignes ethnique- ennemis imaginaires, véritable tour de Babel sur fond d'ethno-stratégie qui n'arrive pas à dégager l'horizon avec ces caciques qui en sont encore aux temps révolus d'un homme providentiel qui va tout changer pour au finish sortir de son chapeau une crotte : le messianisme politique a vécu, elle se refuse à l'examen critique de sa psychologie.
Seul notre courage politique qui trône sur la dépouille morbide de l'ethno-regionalisme pdgiste nous permettra de sortir des décennies glacières opprobres et ensanglantées pour rhabiller la république de ses vrais attributs, sa devise: la mystique du travail acharné pour une justice incorruptible dans une solidarité invincible à toute épreuve. C'est dans les circonstances qu'on reconnaît les hommes d'action, de liges qui sont au service de l'intérêt général pas au service de leurs intérêts cripto-personnels faisant de notre pays un scandaleux mythe géologique faute d'avoir des hommes pour sa mise en valeur, à son service exclusif.
Des actes rien que des actes patriotiques parlent au devenir de notre pays et du sang neuf dans ses veines le revitalisant pour son amorce démocratique dans le développement !!!
Cependant la seule perspective que nous offre en définitive l'opposition si c'en est une encore capable d'assumer le contre pouvoir, de mettre un arrêt aux supplices du détournement de nos institutions, c'est l'expectative du bras justicier de la grande faucheuse qui va nous débarrasser de ce régime agonisant. En songeant subrepticement que le peuple sorte de son lie, scie les barreaux de sa tour d'impuissance pour prendre la rue et débaptiser la place des martyrs en place de la victoire; les guinéens attendent l'heure de la délivrance sans oublier les lendemains cauchemardesque d'un poisson d'avril 1984.
Le jeu démocratique ne se résumera plus à la vision réductrice et macabre d'une rotation ethnique au tour du pouvoir encore moins à la dynastie dictatoriale mais plutôt à une conquête réelle de notre devoir de choisir librement nos dirigeants dans une liberté pérenne et une prospérité désirée pour une plus grande maîtrise de notre destin. C'est au pied du mur qu'on reconnaît les vrais bâtisseurs, le coeur pétri à l'ouvrage patriotique qui trône au dessus de la dépouille morbide de l'ethno-racisme et de la corruption généralissime.
La tragédie, le naufrage du leadership guinéen avec son panorama d'hommes pouvoiristes, souffrant de complexes, sans instruction et éducation dépourvus d'idéal et d'amour pour leur peuple, corrompus et cupides, désireux de s'enrichir a tout prix au mépris des limites de l'indécence et de l'immoralité, ont fini de prendre en otage le destin du pays depuis 1958 en dépit de la volonté populaire de sa modernisation.
Nous avons remporté à tout point de vue la palme de l'arriération, loin derrière nos frères et concurrents de la sous région qui du reste devraient s'activer diplomatiquement pour aider notre classe politique lovée dans une défiance pathologique de la convoitise impérialiste, à l'étroit dans son corset nationaliste autarcique sous le manteau idéologique duquel le pays est mis à sac et à la dérive, à trouver une médiation vertueuse et pacifique au problème guinéen, sortir enfin la Guinée des liens et maux qui la paralysent.
La renaissance de notre pays est à ce prix, au prix de ce défi SEULEMENT !
Un vieux pagne usé et troué cache certes nos plaies mais ne nous protège point du déshonneur !
Alpha Oumar Fela Barry, Paris, France
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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