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Guinée : Coup d’Etat en tant que nécessité !

 jeudi 09 novembre 2006   

Avec la situation actuelle du pays, approuveriez-vous un coup d’Etat militaire devant conduire à une transition pour une sotie de crise ?

C’est l’épineux débat qu’a bien voulu ouvrir Kibraou.com, face à la crise politique qui sévit dans notre pays, la République de Guinée. Sur cette question, je suis de ceux qui soutiennent que la grande majorité de nos compatriotes sont aujourd’hui convaincus que la Guinée peut être dirigée et se développer autrement que par la manière dont elle l’est actuellement.

Il est évident que la voie royale pour sortir de ce gouffre et tourner définitivement la page, serait une « transition en douceur ». Toutefois, cette transition en douceur reste une notion ambiguë et différemment interprétée.

Dans tous les cas, et quelque soit le caractère ou la définition qu’on lui donnera, la transition en Guinée, suppose tout d’abord, une vacance du pouvoir. Celle-ci peut arriver, soit par la démission, soit par l’empêchement pour des raisons de santé, soit enfin, par décès du président Lansana Conté.

Toutefois, face à l’urgence du changement en Guinée, nombreux sont nos compatriotes qui espèrent voir enfin arriver une transition pouvant déboucher- le plus rapidement possible - sur une alternance politique.

« La démission » qui est la voie la plus souhaitée, est en tout cas à écarter , L. Conté ayant clairement fait savoir son intention de rester au pouvoir jusqu’en l’an 2010 ; pire encore, ayant l’intention de se choisir un successeur.

« L’empêchement pour raisons médicales » ne prospère pas non plus, les Institutions en charge de le constater ayant eux aussi, fuit leurs responsabilités.

« La disparition naturelle » du chef de l’Etat ? Une bonne partie de nos compatriotes n’attendent que cela. Ils espèrent que le décès du Président Lansana Conté ouvrira obligatoirement la voie à une alternance politique en République de Guinée.

A ce niveau, je dirai pour ma part, que rien n’est moins sûr. Je dirai même, au risque d’être traité de « Guineo-pessimiste », que dans la situation actuelle, deux scénarios sont possibles en Guinée : un risque de « somalisation » ou, avec un peu de « chance », une situation à la Togolaise.

En effet, une simple passation de service (comme ce qui s’est passé au Togo), se prépare discrètement, mais sûrement, après Lansana Conté. Elle est l’œuvre d’un groupe de personnes, d’un clan, d’une « famille authentiquement mafieuse ». Notre pays se trouve actuellement, « enfermé dans la misère par quelques familles authentiquement mafieuses ». Nous avons souvent la fâcheuse tendance d’oublier que le régime du président L. Conté sert des intérêts et en assure aux bénéficiaires, l’impunité totale, quelque soit leurs forfaitures. Il est évident que ces bénéficiaires ne se laisseront pas dépouiller de ce qu’ils considèrent comme moyen de survie : l’exercice du pouvoir par et pour ceux qui en profitent.

Ceux qui pensent donc, qu’on peut venir à bout de ce régime de façon « pacifique » ou « paisible », oublient ou font semblant d’oublier que le régime du Général Lansana Conté est un clan militaro-affairiste , politico-mafieux et répressif dans le vrai sens du terme. Il y va de soit que, « les fortunes captées… » dans une telle constellation « ne supportent jamais la compétition », ne pouvant « tenir qu'à l'abri de tyrannie féroce ».

Ceux qui dépendent donc du système, ne se laisseront pas faire. Ils profitent naturellement du déficit de tout ce que nous pouvons appeler « démocratie, Etat de droit, Droits de l’homme, bonne gouvernance économique et politique etc. ». Bref, tout ce qui peut s’opposer à leurs enrichissements personnels, à leurs agissements illégaux.

Dans ce contexte, ils ne renonceront pas volontairement à leurs avantages.

D’autre part, une situation à la somalienne est en effet à craindre dans notre pays, si rien n’est fait pour en enrayer les causes. Le doyen M. Sy Savané est plus éloquent, quand il dit que « notre pays est dans une situation d’extrême urgence. Je ne parle pas d’urgence économique ou financière, même si c’est celle-là qui est la plus visible. Nous sommes guettés par une espèce de somalisation rampante, mais déjà perceptible.(…) L’urgence dont je parle, est plus dramatique. Je considère que la disparition de notre patrie en tant que communauté historique autonome est possible… ». En effet, l’inexistence de « repère national », se traduisant par l’exclusion en matière d’investissement - en termes de projets de développement - dans les trois autres régions naturelles (Moyenne, Haute et Guinée Forestière), pourrait conduire à un « sauve qui peut ». Je ne rentrerais pas dans les détails, les réalités sur le terrain étant plus éloquents sur ce sujet.

En tout état de cause, depuis que l’état de santé du président Conté a été mis sur la place publique, plusieurs propositions relatives à une solution de sortie de crise ont été faites, dans l’optique naturellement, d’un éventuel décès du président de la république. On a entendu parler, tantôt d’une transition « constitutionnelle » sans exclusive, tantôt de transition consensuelle, c’est à dire « constitutionnelle », mais assortie de conditions telles que la renonciation du dauphin constitutionnel à la candidature au poste du président de la République, après la période de transition.

Sous d’autres cieux et dans d’autres circonstances, ces propositions pouvaient bien prospérer. Bref, dans les conditions normales, il n’y rien de mieux. Cependant, sans rentrer dans l’énumération des problèmes et multiples blocages que connaît le processus politique en Guinée, tout observateur averti conviendrait bien avec moi que, qu’elle soit constitutionnelle (art. 34, loi fondamentale) ou consensuelle, cette transition est pratiquement impossible à mettre en œuvre dans le contexte actuel.

D’autre part, tous nos compatriotes sont unanimes à reconnaître que la classe politique - aussi bien le parti au pouvoir, que l’opposition - n’incarne plus cet espoir qu’elle avait tant suscité dans les années 90. Le premier, pour n’avoir jamais pu, 22 ans durant sortir la Guinée du marasme socioéconomique laissé par l’ancien régime. La seconde, pour n’avoir jamais pu surmonter ses divisions et querelles intestines pour enfin incarner un véritable contre-pouvoir. Aussi, on peut se demander d’ailleurs comment cette dernière pourrait se faire entendre, quand on sait qu’elle n’a jamais pu mobiliser une manifestation de grande envergure.

Quant à la Société Civile, incarnée par les centrales syndicales et les ONG, si elles ont montré leur capacité de mobilisation, leurs actions restent cependant éphémères et limitées. Encore une fois, sous d’autres cieux et dans d’autres circonstances, elles pourraient renverser un régime.

Enfin, il faut ajouter à tout cela, le fait que, 48 ans de répression, d’intimidation, d’abrutissement et d’appauvrissement, semblent bien être arrivés à bout des populations Guinéennes. L’échec du soulèvement populaire déclenché par les centrales syndicales du 27 février au 3 mars 2006 pour protester contre la cherté de la vie en est la preuve la plus récente.

Face donc à l’inexistence d’un environnement sociologique et politique dynamique pouvant imposer une transition consensuelle impliquant l’adhésion de l’ensemble des acteurs, c’est tout à fait logique que des intellectuels et démocrates convaincus, proposent une voie qui, loin de faire l’unanimité, reste cependant - face à l’urgence de la situation - le dernier recours : un coup d’Etat militaire.

Ainsi, à la question de savoir, si dans la situation actuelle du pays, un coup d’Etat militaire reste la voie devant conduire à une transition pour une sotie de crise, ma réponse à moi est : oui !

En faisant une approche comparative des coups d’Etats en Afrique et ailleurs, qui ont pu aboutir à la mise en place de régimes démocratiques et ceux qui ont plutôt maintenu le statu quo depuis des années 60 à nos jours, il est évident qu’on se retrouvera devant un bilan peu élogieux. Il est cependant peu évident d’en déduire qu’aujourd’hui, toute remise en cause d’un régime par les militaires va nécessairement déboucher sur le chaos. Ce, pour la raison évidente que le contexte et les mentalités ont évolué.

En effet, les années 70 et 80 ont mis au grand jour - du moins sur le continent africain – ce que les littéraires ont appelé, « le désenchantement ». Après le départ du colon, les espoirs en termes de développement socioéconomique et politique ont été déçus. Les mouvements de libération, après les indépendances ce sont transformées en partis uniques sans culture démocratique. Parvenus au pouvoir, ils le confisqueront en faveur d’une minorité et au détriment d’une grande majorité de la population. L’absence de dialogue et de compromis ouvrira la voie - hormis le cas togolais - au défilé de Coups d’Etats sur le continent Africain. A cela, il faudra ajouter - toujours dans le contexte de l’époque – le besoin qu’avaient les anciennes puissances coloniales, fraîchement sorties de la seconde guerre mondiale et ruinées par celle-ci, de reconquérir leurs anciennes sphères d’influence. Il importait donc peu pour ces puissances occidentales que les régimes en place soient démocratiques ou non. Ce qui comptait, c’était un régime qui défendait leurs intérêts. Pour ce faire, ils n’hésitaient pas à financer ou à cautionner une dictature ou un coup d’Etat.

Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant que les coups d’Etat perpétué aient – dans leur majorité – fini par aggraver la situation politique et économique des pays qui en ont été le théâtre.

De nos jours, sans prétendre donner des garanties « qu'en cas de transition à travers un coup d'État militaire, notre pays ne connaîtra pas un sort similaire » aux pays qui en on été ravagés, je peux au moins soutenir que, ni l’évolution sur le plan social et politique sur le continent, ni la position actuelle de la communauté internationale ne permettront un coup d’Etat qui déboucherait à la désintégration du pays où se déroulerait celui-ci. En plus, dans l’état de délabrement actuel de la Guinée, aucun putschiste ne se hasardera à garder le pouvoir pour lui seul. Faute de financement extérieur, il sera obligé de constituer un gouvernement d’union nationale.

On me dira peut être que « tout près de nous, en Côte d’Ivoire », la situation n’est guère confortable. Certes ! Mais on ne peut pas non plus soutenir objectivement que ce qui est arrivé dans certain pays puisse nous arriver.

Enfin, M. Sako du journal « l’Observateur » affirme, je le cite : « en ma qualité de juriste, je préfère l'injustice au désordre, le coup d'État étant par essence un désordre ou le début d'un chaos ». Je suis désolé, M. Sako, avec tout le respect que je vous dois, et en ma qualité de juriste, cette affirmation n’a aucun fondement juridique, le juridique étant par essence la justice et non l’injustice.

En outre, on n’a pas besoin d’être un juriste, pour savoir que, de tous temps et en tous lieux, l’injustice a toujours été à la base du désordre.

En l’espèce, les coups d’Etat ont été, dans leur majorité, une réaction á l’injustice ; une injustice qui se traduit en politique, par des élections truquées, la modification des constitutions pour rester indéfiniment au pouvoir, la répression aveugle de manifestations légitimes, la violation permanente des droits de l’homme, le pillage et le détournement des ressources de tout un peuple, etc.

En guise de conclusion, j’emprunterai ce brillant paragraphe de M. A. Sadio Diallo :

« Une armée républicaine n’a pas le droit de s’emparer du pouvoir politique comme ce fut le cas en 1984. Mais dans les circonstances actuelles, elle a le devoir sacré d’intervenir pour sauver la Nation en mettant aux arrêts le gang master et tous ses associés qui nuisent le pays en empêchant la réconciliation nationale et l’instauration d’une vraie démocratie. Cela ne s’appelle pas un « coup d’Etat » comme le redoutent le syndicat des chefs d’États africains. C’est un désherbage si nécessaire à la « semence » de la démocratie en Guinée »

Ismael Souare
République Fédérale d’Allemagne
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com


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