Guinée : Appel citoyen pour la défense des libertés et de la démocratie
02 août 2005
L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) en Guinée lance un appel patriotique à la société civile guinéenne pour une mobilisation pour la défense des libertés publiques.
C’est une initiative noble et courageuse pour la défense des libertés en Guinée. Cet appel aussi s’adresse à tous les défenseurs de la liberté d’expression en Guinée et dans le monde et l’ANDD prend à témoin l’opinion internationale, les partisans de la liberté et les démocrates dans le monde pour soutenir les luttes citoyennes pour le respect des libertés en Guinée.
A travers cet appel de patriotisme, nous réitérons notre devoir vital de patriote pour sauver la Guinée du déclin et du danger totalitaire et s’impliquer dans la vie publique et créer un sursaut démocratique national».
Rappelons que les autorités guinéennes n’ont pas à leur actif seulement la répression contre les journalistes Guinéens indépendants, mais également les leaders des partis politiques dûment agrées par les juridictions nationales du pays. Les autorités guinéennes ont leur obligation quant au respect du pluralisme politique, syndical et médiatique garanti théoriquement par la Constitution guinéenne.
Cet appel citoyen à la mobilisation nationale contre ce régime est porteur d’espoir et d’optimisme quant à la mobilisation de la société civile guinéenne contre la pensée unique ou pour ne pas dire la pensée cynique du Pouvoir Guinéen.
L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) en Guinée prend à témoin l’opinion guinéenne et internationale de la gravite et de l’incertitude qui prévalent dans le pays et l’imminent chaos aux conséquences imprévisibles mais certainement lourdes de répercussions. Par la même occasion, nous lançons un appel au sursaut national contre, cette grave atteinte à la liberté d’expression et contre les décisions arbitraires, erratiques et scandaleuse qui conduisent la Guinée tout droit vers le gouffre. Personne ne connaît qui gouverne en Guinée aujourd’hui. C’est un chaos total jusqu’au sommet de l’Etat qui est en faillite. Généralement, c’est la faillite au sommet de l’état qui est responsables des tragédies qui ont secoué les pays africains de la Somalie en passant par l’Ex-Zaire (actuel République Démocratique de Congo), au Liberia, Sierra Leone, Cote d’Ivoire.
La Guinée s'édifie dans l’incertitude, l’opacité et la répression. Alors que les grandes inquiétudes ne cessent de croître face à l’aggravation du chômage, du marasme social et de la corruption, la société se voit déjetée plus en plus des décisions qui engagent l’avenir du pays et neutralisée au moyen de méthodes répressives, inspirées des grands régimes totalitaires.
L’expression populaire est étouffée sauvagement, au profit de l’émergence d’un pouvoir autoritaire qui n’admet aucun contre-pouvoir, ni contradiction, ni contestation :
• La presse libre est victime d’un harcèlement jamais atteint. Aujourd’hui, elle est menacée dans son existence même car le gouvernement utilise le « Blackmail », la hausse intentionnée des prix de papiers et autres frais d’imprimerie pour asphyxie et étrangler les medias pour supprimer leurs diffusions. Le gouvernement de Général Lansana Conte refuse l’ouverture des Radios et TV privées dans le pays alors que les pays de la sous région brillent par leurs épanouissements. Général Lansana Conte traîne les pays et retardent l’applications des recommandations de l’Union Européenne, conditions a toute reprise de l’aide au développement en Guinée.
• Des journalistes sont régulièrement battus et jetés en prison pour avoir révélé des scandales, des corruptions ou pour avoir questionné la légalité ou la justification des comportements et actes irrationnels des membres du gouvernement.
• Le pluralisme syndical est remis en question.
• L’opposition politique est muselée, interdite d’accès aux médias publics fermés d’ailleurs à tout débat citoyen et contradictoire. - Aucune manifestation publique n’est tolérée.
• Les tribunaux sont devenus des lieux de répression des libertés et les administrations publiques un instrument participant à l’intimidation des citoyens.
Ce totalitarisme qui ne dit pas son nom, forgé aux dépens des libertés essentielles, inhibe la société guinéenne, bloque la création et les réformes, encourage la corruption, accélère la fuite des cerveaux, compromet les fondements de la République, détruit la confiance dans l’Etat et dans l’avenir, affaiblit la Nation et devient, pour finir, source principale d’instabilité.
L’Alliance Nationale pour la Démocratie et le Développement (ANDD) en Guinée en collaborations avec certains guinéens résidant en Guinée, une ébauche d’une société civile revendicatrice, décide de briser le silence devant ces graves dérives et devant le déclin national qui se profile.
La liberté de dire, d’écrire, le droit de participer à la vie publique sont un précieux acquis que doit jouir tout citoyen guinéen. Ne nous lançons pas prendre en otage et dragués par un minuscule groupe d’apatrides guinéens dont l’intérêt national reste leur dernier souci. Si la Guinée implose comme le prédit plusieurs observateurs du pourrissement de la situation politique en Guinée, nous serons tous victimes et responsables.
Depuis l’indépendance de la Guinée, des guinéens sont morts pour la liberté de penser, de s’exprimer, et pour avoir réclamé leur droit souverain de participer à la conduite des affaires nationales. Nous devons de rappeler leurs sacrifices. - Nous appelons le président autoproclamé de la République, qui est, dans un pays de droit, le gardien des droits et des libertés constitutionnellement garantis, à la cessation immédiate de la répression qui frappe les citoyens, les journalistes, les syndicalistes et les militants des droits de l’Homme.
Pour le bonheur de la Guinée et devant la preuve de son incapacité à diriger le pays, nous demandons au Général Lansana conte de rendre le tablier. Sa démission reste le seul moyen pour sauver la Guinée, lui éviter une fin tragique et de l’humiliation. Toute action contraire a cela est un réceptacle de catastrophe.
Nous rappelons énergiquement les pouvoirs publics à leur obligation quant au respect du pluralisme politique, syndical et médiatique, garanti par la Constitution guinéenne.
Nous appelons à la satisfaction des revendications démocratiques, en particulier les revendications des étudiants et syndicats, et l’application de la plateforme établie par les partis d’opposition, seul moyen d’apporter la stabilité, de renforcer l’unité nationale et de concrétiser, par les actes, la citoyenneté.
Nous appelons tous les Guinéens, les intellectuels, les artistes, les travailleurs, les chômeurs et les associations citoyennes au réveil, actions vitales pour sauver la Guinée du déclin et du danger totalitaire, à s’impliquer dans la vie publique et à créer le sursaut démocratique national.
Nous appelons l’opinion internationale, les défenseurs de la liberté et les démocrates dans le monde à soutenir les luttes citoyennes pour le respect des libertés et la démocratie en Guinée.
Il sera moins coûteux et moins tragique de prévenir que la Guinée sombre dans le chaos que de lui faire sortir des profondeurs et des ruines du chaos, il fois que le pays y plonge.
Mieux vaut prévenir que guérir dit ce célèbre proverbe. Les exemples du Liberia, la Sierra Leone et de la Cote d’Ivoire, pays limitrophes de la Guinée sont des exemples concrets des conséquences de la faillite étatique, des dangers de la désintégration et de l’implosion d’une nation et surtout des difficultés de rétablir un Etat de droit responsable.
M. Mamadou Diallo, MD
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