Guinée : Les causes de l'inflation galopante en Guinée
vendredi 20 octobre 2006
L'inflation galopante qui frappe la République de Guinée est due au manque de volonté politique et patriotique de nos gouvernants, la complicité du premier magistrat du pays et de quelques cadres corrompus qui ont préfère vendre l'image de la nation pour quelques liasses d'argent.
En énumérant les causes de l'inflation, nous vous citerons la mauvaise gouvernance, l'incompétence du gouvernement à gérer les ressources de la nation, le manque de suivi du programme d'ajustement structurel, le manque de productivité dans le pays, la corruption généralisée au niveau de l'administration, la mauvaise spéculation monétaire et la falsification de la monnaie par des soi-disant hommes d'affaires en complicité avec quelques cadres véreux dans nos systèmes bancaires en injectant les billets de planche sur le marche.
Leur objectif est entre autres de garantir le salaire de nos fonctionnaires qui souffrent et peinent pour le quotidien et d'augmenter le nombre de billets de planche sur le marché. C'est pourquoi la monnaie guinéenne ne représente rien dans le pouvoir d'achat du fonctionnaire guinéen. Voilà, mes chers compatriotes, les causes qui ont plongé notre pays dans la phase actuelle à cause de la mauvaise politique monétaire du gouvernement en place.
Comment peut-on éviter les fraudes, l'inflation galopante qui dénaturent l'image de notre grande nation ?
Quand nos gouvernants sont complices des méfaits des institutions qui ont été mises en place, comment voulez-vous que l'appareil de l'État tourne avec dynamisme ?
Avant de résoudre les problèmes épineux de la nation, il faut d'abord connaître le fond et la forme de ces problèmes. Nous savons tous que si nous n'avons pas le courage, l'honnêteté morale et intellectuelle de dénoncer le mal qui assaille notre nation, nous serons condamnés par les générations futures comme ayant été coupables d'un silence notoire face aux multiples crimes économiques, sociaux, politiques et culturels commis dans ce pays. Comment peut-on bâtir une nation forte et respectable dans le contexte actuel ?
De grâce, ayons le courage de nous dire la vérité en face et non dans le dos. Le grand mal des soi-disant dirigeants actuels, c'est bien le mensonge, le vol et la prostitution des biens publics qui font qu’aujourd’hui le peuple de Guinée se retrouve dans une galère incommensurable.
C'est vraiment ridicule de s'attaquer à des cambistes dans les rues, surtout quand on sait que le gouvernement est le premier cambiste qui fixe et qui détruit la monnaie nationale. Avant de nettoyer la rue, il est mieux de s'assurer que sa case est propre. Comment les cambistes peuvent fixer l'échange monétaire par rapport aux devises étrangères sur le marché guinéen ?
Ce fait en tant que tel dans la circonstance découvre l'incapacité du gouvernement à maîtriser l'inflation galopante qui paralyse le pays. C'est pourquoi nos commerçants ont toutes les peines d'importer des marchandises. S'ils doivent trouver des devises dans les rues, ils feront les lois de la rue. Car l'obtention des devises est devenue tout un problème dans nos banques, Les caisses de l'État sont presque vides.
Voulez-vous que les commerçants fixent les prix selon les vœux du gouvernement. Il est responsable de toutes les gabegies financières et hémorragiques qui paralysent le système financier du pays !
On vient se servir n'importe comment dans les caisses de l'État comme une propriété familiale. Voilà le drame. C'est pourquoi nos partenaires étrangers ne peuvent pas nous tenir à deux mains.Car la notion d'honorer les engagements n'existe pas chez nos soi-disant gouvernants. Prendre des contacts avec les gouvernements au nom d'un peuple ne suffit pas, il faut pouvoir respecter, honorer, et à temps, les engagements. Voilà les causes qui ont dénaturé nos relations avec nos partenaires étrangers au développement : le non-respect de nos engagements.
Nous avons détruit l'image d'une nation qui était honorée et respectée sur l'arène internationale. Car sous la première République, les engagements étaient honorés et respectés à temps. Il y a eu des grandes réalisations : la construction d'unités industrielles (OFAB, les usines de jus de fruit de Kankan et de Kindia, la conserverie de Mamou, l'huilerie de Dabola, l'usine de thé de Macenta, FruitaGuinee, la cimenterie de Conakry, la Sipac, l'usine céramique de Matoto, l'usine de peinture Sipeco, la Sifra de Forécariah, le concasseur de Manéah, la briqueterie de Cobayah, les instituts polytechniques de Conakry et de Kankan, la grande mosquée de Conakry, Aredor, le centre artisanal de Bordo à Kankan, l'usine de tapioca de Faranah, le complexe textile de Sanoya, l'Enta, l'OBK - Office des bauxites de Kindia -, la CBG - Compagnie des bauxites de Guinée -, à Kamsar et Sangarédi, Friguia - la première raffinerie d'alumine d'Afrique -, à Fria, l'amélioration du port de Conakry, les barrage de Kinkon - à Pita - deDabola, de Kalé - Kindia -, de Donkeya, l'usine de sucre de Koba, l'usine de panneaux - Macenta -, l'abattoir central de Conakry, la ferme d'État de Ditinn, à Dalaba, la ferme de Famoila, à Beyla, l'usine de bois de construction et de contreplaqués de N'Zérékoré, la Sobragui, l'usine de chaussures de Yimbaya, l'institut des sciences agro-zootechniques de Foulayah, à Kindia, l'usine de parfums de Labé, les centres de promotion féminine, la briqueterie de Kankan, l'Opema - Office des pêches maritimes -, l'usine de jus de fruit de Kissidougou, la scierie de Niandan, l'usine de tôles (Soguifab), l'Onader de Guéckédou, sans compter les entreprises d'État, etc.
Toutes ces unités industrielles ont été vendues à des prix dérisoires. C'est pourquoi les Guinéens aujourd'hui ne cessent de se poser la question de savoir où nous allons et où nous sommes. Après 22 ans de calvaire, quelles sont les perspectives viables pour notre peuple ?
Nous continuons à marcher à pas de Caméléon. Un pas en avant et deux pas en arrière. Voilà le triste sort que le régime actuel a donné au peuple de Guinée, qui a provoqué le chômage de toute une nation.
On ne brade pas l'héritage d'un peuple à des multinationales, cela fait la honte de toute une nation. L'exemple de Friguia, la première usine d'alumine en terre africaine, vendue au prix dérisoire de 25 millions US$ dépasse l'entendement d'un peuple soucieux de ses revenus. Les soi-disant acheteurs de l'usine doivent savoir maintenant qu'on ne peut pas acheter une usine de cette taille à un prix de bradage. Le peuple de Guinée s'est rendu compte des déboires de ses fils.
Voilà l'héritage du premier régime légué au peuple de Guinée qui faisait notre fierté nationale ou tout Guinéen se retrouvait dans l'une de ces usines. Aujourd'hui, ces usines ne sont que des souvenirs. Le régime actuel a fait des Guinéens des mendiants, des pauvres et des malheureux. Fria est une propriété du peuple, on ne peut pas la vendre à un prix dérisoire.
À suivre…
Lansana Kourouma Gouza, New-York
RPG États-unis
Contact : Lansana_kourouma@yahoo.fr
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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