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Guinée : L’enseignement guinéen sacrifié : La Guinée s’écroule !!

 mercredi 11 octobre 2006   

Les dirigeants guinéens sont sourds et aveugles au monde réel, ils gouvernent et tranchent en fonction de principes et de visions à priori, et nous maintiennent dans des débats de pure rhétorique.

Il convient de reconnaître que la politique scolaire et universitaire de la Guinée est dépassée, et ceux qui prétendent l’incarner timidement sont en retard sur elle.
Notre pays semble crouler sous des problèmes : Montée du chômage, massacre et répression des jeunes, crises politique et sociale, corruption bureaucratique, inflation, démagogie,…etc.

De plus en plus des tensions naissent de l’absence de perspectives sociales dans « une Guinée » où l’Etat est défaillant et n’assure pas ses missions.
Partant de tous ces constats, on constate que les campus sont les plus touchés, c’est pourquoi les étudiants ont désormais décidé depuis longtemps de durcir le ton.

Depuis les années 90, les campus guinéens s’enfoncent dans la crise, à mesure que l’Etat leur principal soutient essuie des échecs de toute sorte ; les rectorats, leurs traditionnels interlocuteurs sont foncièrement contestés à cause de leurs gestions calamiteuse et clanique.
Les dirigeants guinéens, obnubilés par les instructions de « bonne gouvernance » données par les institutions financières, ignorent sciemment l’enseignement, considéré comme improductif.

Force est de reconnaître que les universités ont joué un rôle déterminant dans le processus de démocratisation en Guinée et demeure incontestablement un lieu où se cristallise un désir de changement inassouvi.

En effet, l’aspiration au renouveau, révélée depuis une quinzaine d’années, est telle que, consciemment ou inconsciemment, les scolaires et les étudiants ont rejoint le combat politique, structuré autour de la conquête du pouvoir en vue de bâtir une société créatrice des libertés et de bien être.

Leurs revendications corporatistes, habituellement dominées par l’exigence d’une amélioration matérielle de leurs conditions d’existence – jamais exaucées d’ailleurs – se muèrent en revendications politiques.

Quoi de plus normal qu’ils ne sont jamais écoutés !

Plusieurs grèves, souvent pacifiques, ont été conduites plus ou moins avec succès, organisées soit par la coordination des étudiants de Kankan (CEK), soit par le conseil des étudiants de Gamal (Université de Conakry), ont fortement contribué au réveil de la conscience politique. La dernière en date, une manifestation pacifique, orchestrée et soutenue par toutes les organisations syndicales du pays fut durement réprimée et s’était soldée par la mort et la blessure de plus d’une dizaine de personnes.

Il n’est toujours pas aisé de revenir sur ces évènements douloureux, c’est pourquoi je profite, dans ce bref passage, adresser mes encouragements à tous les étudiants, particulièrement à ceux qui sont aujourd’hui contraints de vivre en exile.

Je ne me plais pas de rappeler cette situation, mais il est évident que l’enseignement guinéen est dans une impasse totale : Amphithéâtres exigus et vétustes, besoin récurant d’enseignants compétents, sous-équipements des laboratoires et bibliothèques, le problème majeur de la restauration et hébergement des étudiants, bourses de misère, marchandage des notes, et j’en passe.

La crise de l’Etat – crise d’autorité, de légitimité et d’identité – s’est traduite par un désengagement notamment financier, vis-à-vis des universités. Toutes les actions de l’Etat s’inscrivent désormais dans la logique du profit et du gain rapide ; et certains secteurs tels que l’enseignement, sont considérés comme non prioritaires pour les investissements, déjà très aléatoires de l’Etat guinéen.

Pour redonner vie et sens à « leur combat », pour cette nouvelle entrée et même pour les prochaines années, les étudiants doivent multiplier des plates-formes revendicatives, prévoir des rencontres avec les autorités de haut niveau, initier des journées de discussion et de sensibilisation, dans le seul dessein de sédimenter et de matérialiser la reconnaissance de leurs droits jusqu’ici bafoués.

Il revient conjointement à tous les guinéens de sauver les acquis du pays, car si l’enseignement se dégrade, c’est simplement la Guinée qui s’écroule. Désormais capables d’êtres adultes, il est temps pour nous de redescendre sur terre et d’exiger une politique saine pour un Etat moderne, au service d’une société plus libre, plus active et plus riche.

Mr Soumah Alseny
Juriste, président fondateur du MEDI-SE
Contact : onealseny@hotmail.fr
Membre de la Rédaction de Guinea-forum
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