Niger : « Un ministre nigérien mis en accusation pour détournement de fonds ! » - Quand est-ce que nous allons assister à un tel scénario en Guinée ?
samedi 07 octobre 2006
L'Assemblée nationale du Niger a mis en accusation, mardi soir à Niamey avec
95 voix pour et 7 contre, Ari Ibrahim, ancien ministre de l'Education de
Base et de l'Alphabétisation de 1999 à 2004 pour malversations dans la
gestion des fonds destinés au Programme décennal de développement de
l'Education (PDDE).
Le Parlement nigérien a pris cette décision à la clôture des travaux de sa
session extraordinaire au cours de laquelle, il a été reproché à Ari
Ibrahim, ministre de l'Education de Base et de l'Alphabétisation de 1999 à
2004 d'ordonner sur les fonds PDDE des dépenses par entente directe avec des
fournisseurs sans appel d'offres ni concurrence et sans autorisation de la
Commission centrale des marchés.
M. Ibrahim est également accusé de surfacturation, de violation de Code de
marché public, de complicité de détournement de deniers publics.
L'accusé avait, pendant son audition, soutenu la thèse de "la responsabilité
collective", indiquant avoir agi sur les instructions du Premier ministre,
chef du gouvernement.
"Il ressort de son audition, qu'il a demandé et obtenu du cabinet du Premier
ministre toutes les autorisations écrites pour passer les contrats objets de
la présente affaire", indique le rapport de la Commission parlementaire qui
a traité de cette affaire.
Selon le rapport, M. Ibrahim a, en outre, souligné que ses rapports avec le
Premier ministre sont des rapports écrits, qu'il n'a jamais été de
connivence avec celui-ci dans l'octroi d'un marché; en substance, il estime
avoir agi en toute légalité dans le respect des procédures en la matière.
Les éléments de cette audition ont donné lieu à des débats sur la thèse de
la responsabilité collective dans la gestion de ce dossier avec en toile de
fond une implication prétendue du Premier ministre, chef du gouvernement.
Cependant, selon le Commissaire du gouvernement, ministre de la Justice,
Matty El Haj Moussa, dans le cas d'espèce et sur la base des informations
disponibles et des textes en vigueur, "on ne peut pas parler de
responsabilité collégiale" ou de "responsabilité pénale" du Premier
ministre.
Le vote de cette mise en accusation du ministre Ari Ibrahim marque la fin de
la session extraordinaire de l'Assemblée nationale ouverte depuis le 18
septembre.
On rappelle que dimanche, le Parlement nigérien avait mis en accusation
Hamani Harouna, ancien ministre de l'Education de Base et de
l'Alphabétisation de 2004 à 2006.
M. Harouna est aussi accusé de malversation dans la gestion des fonds du
Programme décennal de développement de l'Education (PDDE).
Suite à cette affaire, les partenaires techniques et financiers du secteur
de l'Education avaient suspendu leurs financements avant d'accorder par la
suite une période transitoire de trois mois (septembre à novembre) aux
autorités nigériennes pour finaliser le dossier relatif a cette affaire.
Des montants importants estimés à plus d'un milliard de FCFA destinés au
financement du Programme décennal de développement de l'Education (PDDE) ont
été détournés selon les résultats d'un audit commandé par l'Union européenne
en juin et juillet derniers.
Outre les deux anciens ministres démis de leurs fonctions au lendemain de la
publication des résultats de l'audit par l'hebdomadaire indépendant le
"Républicain", des députés et 47 autres personnes (cadres de
l'administration et opérateurs économiques) sont poursuivis dans le cadre de
cette affaire.
C’est un exemple pour un pays comme le Niger... qui n’as comme ressources que L’URANUIM 235 : 92 !
La Guinée doit se servir de cet exemple pour faire trembler ses dirigeants
souffrant de l’anémie morale et intellectuelle…
M. Kalil Camara, Depuis Dublin, Irland
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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