Guinée : En dépit des apparences, ces événements n’ont pas de fondement raciste ou ethnocentrique
27 juillet 2005
Mal intégrés en Guinée Forestière, au Liberia, en Cote d’ivoire, le peuple malinké, intègre par tradition, n’est pas violent. Les événements de Kankan, le pays de Nabaya, interpellent l’État. D’autres défis l’attendent. En Guinée forestière, éleveurs et agriculteurs s’affrontent (Guéckédou, Kassadou, Yombori, Banama Fermassadou, Pompo kissi). A Boké, l’État et la société civile ne doivent pas attendre que ça pète pour réagir.
Les peulhs et les malinkés ont recommencé à fraterniser (vendredi 22 juillet), comme s’il ne s’était rien passé la veille, 21 juillet. La communauté peulhe a une présence multiséculaire à Kankan. Cela date de Alpha Ibrahima Sambégou, le premier Almamy du Foutah. Elle y est parfaitement intégrée. Sous la révolution, les appels au programme anti-peulhs de 1976 par Sékou Touré, avaient été repoussés avec mépris par le peuple de Kankan. Il faut placer ces remous sous le sceau de la compétition économique et de la revanche.
Premier point, les peulhs occupent l’espace économique de la base au sommet : secteur informel, depuis le cireur, le vendeur à la sauvette, les artisans de tous bords, même les prostituées. Le secteur formel : grands commerçants, bâtiments. Déjà en 1989, 49% des boutiques de Kankan étaient tenues par les peulhs. De quoi faire jaloux et des aigris, surtout parmi les jeunes sans emploi dans une ville sans la moindre industrie et qui sont tentés par le moindre trouble de piller les magasins.
Pour le second, c’est-à-dire la revanche. Une façon de talion. Notons qu’en 1993 déjà, un malinké avait tué un peulh pour exiger qu’on livre l’assassin. L’assassin avait été livré par le préfet d’alors, qui avait été suffisamment irresponsable. On l’a livré pour brûler vif. Ce qui fait qu’aujourd’hui, on est tenté de penser qu’il y a une part de revanche dans les événements actuels. Signalons pour terminer que ces événements n’ont aucune coloration politique, contrairement à ce que certains ont tendance à croire. Ils n’ont rien à avoir avec l’arrivée prochaine d’Alpha Grimpeur, le leader du RPG.
Un comité composé du maître, du préfet, du gouverneur, des autorités religieuses, des journalistes, a permis de juguler la crise. Ceci grâce aux nouvelles technologies d’information et de la communication NTIC. Comme quoi, ceux qui s’opposent à la libéralisation des ondes, sont des ennemis de la Guinée.
BMI in Le Lynx N*696 25 juillet 2005
Source JMJNewsroom/Guinée actualités
|