Guinée: Serrer la ceinture pendant que nos dirigeants pillent notre économie
vendredi 22 septembre 2006
Chaque fois que la vie économique d'une nation devient incertaine, aléatoire ou précaire, les gouvernants sont contraints d'assumer des responsabilités supplémentaires dans l'intérêt général du pays.
Ils doivent mettre au point des programmes minutieux pour faire face à une situation critique impliquant la vie de tout un peuple, imposer des restrictions plus sévères encore aux méthodes de gestion des deniers publics. Mais cela demande l’application des codes de bonne conduite et de bonne gouvernance.
Aculée par l’incertitude et l’appréhension des agitations politiques, de la psychose, de la catastrophe, voire d’un soulèvement populaire contre son régime, le Général Lansana Conte opte pour une solution de façade et de propagande.
Que le Général Lansana Conte nous dit où va tout l’argent issu de la vente des ressources minières du pays ?
La Guinée est sans nul doute un pays aux vastes ressources naturelles, un véritable « scandale géologique », alors pourquoi les Guinéens sont les plus misérable et pauvres sur cette planète terre ?
Depuis son accession à la souveraineté nationale, les Guinéens n’ont, cependant, jamais bénéficié des ressources du pays particulièrement sous le régime du Général Lansana Conte.
Il y a donc lieu de se demander où va alors l'argent de ce pays ?
Comment expliquer que la capitale Conakry et les villes de l’intérieur du pays, après plus de 40 années d'indépendance, offrent ce visage caricatural de villages victimes de désastre ?
Comment expliquer que dans un pays reconnu comme le « Château d’Eau » de l’Afrique occidentale avec plus de 1200 rivières, l’eau potable est un luxe au delà de la portée des Guinéens et que tout le pays sombre dans un noir de cimetière par manque d’électricité ?
Pourquoi est-il trop facile de trouver l'argent pour les voyages « ultra-expensives » du Général Lansana Conte, des membres du gouvernement alors qu’il est impossible de trouver l'argent pour réparer ou équiper nos écoles et universités, construire et équiper les hôpitaux ?
Soyons sérieux et surtout les Guinéens ne doivent pas tomber dans ces pièges propagandistes empoisonnés de « Serrer la Ceinture » ou de « Dialogue National ». C’est une pure distraction car le problème guinéen c’est le général lui même et sa politique irrationnel et de tâtonnement dans la gestation des affaires du pays.
Retirer les voitures 4x4 aux ministres c’est comme retirer un sceau d’eau dans l’océan atlantique. Cela ne solutionne en rien la complexité et la gravité de la misère des Guinéens. S’il est sincère dans son nouvel engagement politique à résoudre la misère des Guinéens, il n’a qu’à démissionner pour son incompétence dans la gestion des affaires du pays et retourner les milliards de dollars qui remplissent ces comptes en Suisse, au Maroc et ailleurs à travers le monde. Ce serait la plus évidente expression de vouloir montrer son intention d’être concerné par l’état de dilapidation qui caractérise le niveau de vie des guinéens.
La Guinée dérive et chavire comme un bateau ivre …, à quand le naufrage ?
Le pays connaît actuellement une des périodes les plus sombres de son histoire. Aujourd'hui, vingt deux ans après son accession au pouvoir, la Guinée est un pays ruiné, où sa capitale Conakry vit sans eau, ni électricité malgré que le pays est le « Château d’Eau » de l’Afrique Occidentale avec plus de 1200 rivières et fleuves officiellement recensés. C'est la descente continue aux enfers pour tous les Guinéens. Il y a une pénurie de tout pour tout le monde. Tout le monde manque de tout. S’assurer un repas par jour est devenu un luxe pour les familles. L'exode rural s'est amplifié à cause de l'abandon du reste du pays. Les tentations pour l’exile sont les démarches quotidiennes des jeunes qui ont perdu tout espoir. Conakry est devenu un gros village sale avec une expansion anarchique, où il n'y a ni eau ni électricité et où l'anarchie est à chaque coin de rue. Il n’y a pas de réseau d’égouts. Conakry offre l’image d’une ville sinistrée et abandonnée à son triste sort. Ce qui a vraiment caractérise le régime du Général Lansana Conte pendant ses vingt deux années de pouvoir, c'est sa formidable capacité à tout détruire sans construire.
Malgré cette pauvreté indescriptible des Guinéens, paradoxalement, une certaine élite au pouvoir tire grand profit de tous les trafics en tout genre, de tous les fruits de multiples bradages des ressources naturelles et trésors public du pays.
Aujourd’hui, Général Lansana Conte miné et affaiblie par sa maladie est pratiquement en cessation de ses fonctions présidentielles. Le pays est dans une impasse totale, le régime quant à lui survit grâce à la perfusion de la Communauté Internationale, à la mendicité étatique et surtout grâce à l’argent expédié par les Guinéens vivant en dehors du pays.
Après vingt deux années de pouvoir sans partage, le Général Lansana Conte, malgré son incapacité manifeste de mener une politique de paix, de dialogue, de stabilité et de développement, continue à se cramponner au pouvoir malgré qu’il est rendu grabataire, physiquement diminué et mentalement incohérent et incompétent.
Depuis son accession au pouvoir en le 4 Avril 1984, il considère l’État Guinéen comme sa propriété privée, et comme tel, il n’a de compte à rendre à personne. Jamais dans l’existence de la Guinée, le désordre, la pagaille administrative, la violence, la répression, l’impunité, l’injustice, l’arbitraire, la corruption, le détournement des deniers publics, le favoritisme, le tribalisme, le clanisme, la médiocrité et l’incompétence, et la crise de confiance entre les Guinéens n’ont atteint un tel paroxysme. ls sont érigés en méthodes de gestion de l’État. Jamais la fracture sociale n’a été aussi grande et aussi dangereuse pour l’unité nationale et la cohésion sociale en Guinée. La paix des cœurs n’est plus au rendez-vous entre les Guinéens.
Quelque soit les formules que préconise le général Lansana Conte et son entourage, ce n’est qu’une question de propagande et gain de temps. Il ne pourra délivrer que l’enfer aux Guinéens. Au lieu d’instaurer la démocratie, la paix, la justice et le bonheur économique et social comme il avait promit au lendemain du 4 Avril 1984, en lieu et place, les Guinéens vivent dans l’enfer soumis à une dictature familiale cruelle et barbare, avide, humiliante et méprisante.
Il a introduit une nouvelle forme de responsabilité administrative en Guinée fondée sur la médiocrité dans la gouvernance, la déresponsabilisation, la corruption érigée en système de gestion, l’institutionnalisation du rançonnage et de la médiocratie, la désorganisation totale de l’administration, le favoritisme à tout azimut et la course à l’enrichissement illicite. Conséquence de cette débandade administrative, les Guinéens sont victimes de la recrudescence du grand banditisme et de la criminalité sur l’ensemble du territoire national, de l’aggravation de la misère des masses populaires et d’une justice embrigadée, corrompue et partisane et surtout d’une unité nationale mise à des rudes épreuves. En bref, la Guinée est devenu un Etat «derépublicanisé», inexistant où ne règne que la loi de la jungle, la raison du plus fort, la raison du plus riche, la raison de celui qui possède plus de connexion, le désordre, la délinquance….
L’homme de Wawa, sa famille et ses différents groupes militaro mafieux ont introduit et encouragé la culture de l’intolérance, de la répression, de l’exclusion, de la haine, du mépris, de la corruption et du gain facile rendant ainsi la Guinée invivable à cause de la misère. A Guinée donne l’image d’un pays victime de catastrophe naturelle mais, le pays est plutôt victime de calamite humaine élaborée et exécutée par le Général Lansana Conte et ses acolytes qui s'accrochent plus que jamais au pouvoir. La Guinée est gouvernée par un régime politique qui n'a d'État que le nom. La démocratie promise s’est transformée en escroquerie.
La Guinée est aujourd’hui une bombe à retardement qui va exploser à tout moment. Un régime qui opprime, déprime, asservit et fait ployer son peuple sous le joug de la dictature, est constamment à la merci des contestations, des insurrections, des jacqueries, des mutineries, des soulèvements et, dans le pire des cas, d'un putsch militaire. Malheureusement, le Général Lansana Conte, aveuglé par la folie du pouvoir, ne s'en apercevra cela que tardivement.
Il ne fait pas de doute que le Général Lansana Conte ne laissera pas le pouvoir en douceur et toutes les transactions politiques (dialogues, conférences nationales, forums, etc.,) n’ont qu’un seul objectif : se maintenir coûte que coûte au pouvoir même au risque de voir le pays à feu et à sang.
Il oublie que le sort d'une marmite sur la braise, longtemps restée hermétiquement fermée, est de voir le couvercle sauter, ce qui s'accompagne par des d'éclaboussures et des projections, qui font mal au contact du voisinage. Autrement dit, un peuple qui tourmenté, éprouvé et amer finit par se livrer à toutes les formes d'expression de son mécontentement. Et les coups de force apparaissent bien souvent comme l’ultime solution et le dernier rempart pour sortir de l’enfer avec des conséquences inutiles dont on aurait pu se passer, s'évitant ainsi bien des situations dommageables, si la vision politique et le raisonnement humain guidaient les analyses politiques au sommet de l’Etat.
En vingt deux années de pouvoir, il a bâillonné la presse, désinformé l’opinion, asphyxié les vrais partis politiques et la société civile, fraudé les élections, tordu la constitution, humilié les adversaires politiques, refusé le dialogue avec l’opposition et la société civile. Il a privé les Guinéens de leurs droits de regard et construction de leur propre destin. En vingt deux années de régime sans partage, les bilans de ce cocktail de criminalité économique et politique, volontairement instaurée en Guinée par le Général Lansana Conte, est inestimable. Le pillage des deniers publiques est devenu le mode d'enrichissement de prédominance du Général Lansana Conte et autour duquel sont organisés, structurés et hiérarchisés les divers clans militaro-mafieux avec comme corollaire la précarisation du droit et des institutions du pays, la violence et autres cruautés de tout genre, etc.….
Les Guinéens ne doivent pas oublier qu’en vingt deux années de pouvoir dictatorial du Général Lansana Conte toutes les formules et combinaisons d’hommes, ont été essayées pour tenter de trouver les solutions à la crise qui ronge la guinée.
Combien de ministres ont servi ce régime clanique ?
Combien de Premiers Ministres ont été nommés pour diriger les différents gouvernements, pour se retrouver les mains attachées derrière le dos ?
Au sommet de l’État, se sont succédés différents gouvernements de « sortie de crise » et différents Premiers Ministres, mais rien à bouger pour meilleurs. Tout à bouger à reculons car le Général Lansana Conte, sa famille et les mafias qui tournent autour de lui, ont constamment mis les bâtons dans les roues et le Général Lansana Conte les renvoie systématiquement selon ses humeurs.
Tout a été essayé au sommet de l’État sauf le départ pure et simple du Général Lansana Conte, le virus du cancer guinéen. Tant et aussi longtemps qu’il présidera aux destinées de la Guinée, le pays ne connaîtra ni changement politique, ni paix, ni stabilité, ni réconciliation nationale et encore moins une véritable démocratie. C’est la raison pour la quelle, le salut national ne viendra que de son départ à la tête du pays. C’est l’option unique pour sauver la Guinée. Toute autre tentative qui s’associerait avec le Général Lansana Conte à la tête du pays ne constitue qu’une perte de temps, ne sera jamais viable et ne ferait que prolonger l’agonie des Guinéens.
Aujourd’hui, la majorité des Guinéens connaissent le diagnostic de la maladie dont souffre la Guinée : Le pays est infecté par le «Virus Conte», un virus dévastateur et mortel, et le seul remède reste son éradication. Toute autre expérimentation de solution ménageant le Général Lansana Conte à la tête du pays ou tout autre forme de «Conteisme sans Lansana Conte » ne fera qu’empirer une situation déjà intenable.
Certes, il est vrai que les Guinéens dans leur majorité sont ravagés et hypnotisés parce que assommés ces moments de découragement, de désenchantement, de désillusions, de déceptions causées à la fois par la faillite du régime en place, mais aussi par l’absence de solution de rechange à cause du débâcle et de la banqueroute de l’opposition traditionnelle. Tout ceci obscurcit l’horizon et la tentation de sombrer dans le défaitisme reste élevé. Mais, les Guinéens n’ont pas droit au découragement ni à l’abandon de la lutte sous prétexte que le Général Lansana Conte est indéboulonnable, indéracinable ou sous le prétexte que l’unité de l’opposition tarde à se pointer.
Le temps du changement arrive à pas de géants. Il suffit seulement d’être vigilants et ne pas succomber aux tentations fatalistes. Ne dont pas universellement que : «quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs» ?
Les Guinéens doivent prendre leurs responsabilités et leurs devoirs patriotiques pour combattre la dictature familiale imposée sur eux par le Général Lansana Conte. Il ne faut jamais se mettre à l’idée que quelqu’un d’autre viendra lutter à leur place.
Mamadou Diallo, MD
Membre Fondateur de l’ANDD
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