Guinée : LES ÉVÈNEMENTS DE KANKAN : DES SANCTIONS EXEMPLAIRES S'IMPOSENT
26 juillet 2005
L’attaque, après le regrettable meurtre accidentel du jeune Ibrahima Kalli Cissé (Paix à son âme) perpétré par Moussa Barry, contre des magasins appartenant à des commerçants peuls qui ont librement choisit de s’établir dans la cité ‘’Nabaya’’ de Kankan, est un dangereux précédent pour le fragile tissu social guinéen. Les ethnistes de Kankan, qui ont, malheureusement, pu manipuler, mobiliser et drainer un grand nombre de jeunes malinkés contre les ressortissants peuls établis dans cette ville méritent des sanctions exemplaires, publiques voire extrêmes.
Inciter à la vindicte populaire contre les ressortissants d’une communauté et le piller ses biens est un crime contre l’unité nationale et qui porte les germes de la déchirure sociale et des conflits que les guinéens, depuis toujours, cherchent à éviter. A ce titre, les pouvoirs publics, les leaders d’opinion, les guinéens, eux-mêmes, dans un même élan de fermeté, doivent se mobiliser contre cette grave dérive que, sous d’autres cieux, on assimile à du terrorisme.
Les communautés étrangères établies à Kankan ( tout comme des millions de ressortissants de la Haute Guinée intégrés dans les autres régions naturelles du pays) n’ont été poussés et encouragés que par des principes de fraternité, de solidarité et d’amitié avant de choisir la cité de ‘’Nabaya’’ . Il faut que les guinéens, les natifs de la Haute Guinée en premier, refusent que les extrémistes ne bafouent ces valeurs culturelles léguées par ancêtres comme l’enseigne l’histoire du Mandingue.
De quel droit s’arrogent les extrémistes pour designer les ressortissants d’une communauté comme responsables du regrettable meurtre d’un jeune avec lequel ils n’avaient, à priori, aucune espèce de rapport encore moins conflictuel ? C’est une attitude irresponsable grave qui mérite d’être combattu avec la plus grande sévérité. Nul doute aussi que la grande majorité parmi les kankanais qui avaient été manipulés et instrumentalisés ne connaît ni la victime, ni l’auteur présumé du meurtre.
Les ressortissants vivant à Nabaya se considèrent, à juste titre, comme des citoyens de Kankan et participent, selon les moyens de chacun, au développement de la ville. Ils vivent, comme les autochtones, la vie de Kankan et pas une autre. Comme les natifs, ils sont riches ou pauvres. La tendance étant forte pour la seconde catégorie, les ressortissants sont aussi soumis à la précarité de Kankan. Dans une telle situation d’extrême pauvreté, il est aussi absurde, sous prétexte de ‘’vengeance’’, de piller le peu de richesses existant et de décourager les rares personnes qui acceptent de se livrer à l’activité économique.
Il est louable que les notables des deux communautés se soient employés pour ramener la paix, mais ils doivent, surtout les autochtones, inlassablement continuer de cultiver les valeurs morales chez jeunes très vulnérables à la manipulation. La radio rurale de Kankan, les forces de l’ordre de la ville, le préfet Sékou Béca Bangoura, les autorités communales, les sages et les religieux se sont fortement investis pour ramener la paix et réconcilier les deux parties.
Selon le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, qui a suivi de près les efforts pour le dénouement de cette crise, l’Etat veillera à l’application de la loi dans toute sa rigueur. Enfin, il faut rendre hommage au Foutah. Cette région et ses natifs, face à une situation qui provoque des guerres ailleurs, ont fait preuve d’une maîtrise de soi et d’une sérénité exemplaire.
Source: Nouvelle Tribune, visitez la nouvelle tribune au "http://tribune.radio-kankan.com/"
M. Abdoulaye CONDÉ
Directeur de la Publication et de la Rédaction de la Nouvelle Tribune
NLSGUINEE se joint à toutes les bonnes volontés pour condamner ce genre d’agissements souvent orchestrés par des minorités extrémistes.
Les peuples de Guinée sont frères et amis, ils vivent ensemble dans l’harmonie depuis longtemps, malgré les difficultés économiques. Tous les enfants du pays doivent faire attention à ce qu’ils disent ou écrivent pour éviter que cette situation difficile ne se transforme en un chaos indescriptible et généralisé.
|