Guinée: Où va la Guinée ? (Suite)
mardi 19 septembre 2006
Après avoir brièvement parcouru la Guinée sous Sékou Touré, il est utile de retenir que sous l'obsession du pouvoir, le père de l'indépendance de la Guinée a été contraint au suicide politique et idéologique. Du communisme mal planifié à l'endoctrinement des populations et à la culture du désespoir, il a terminé sa course là où il devait la commencer.
A sa mort le 26 mars 1984, l'euphorie s'est emparée de notre peuple pour être débarrassé de celui qu'il considérait comme le principal artisan de sa souffrance.
IRONIE DU SORT, IRONIE DU SORT, IRONIE DU SORT
Le pays va tomber aux mains d'un colonel qui se fera d'abord remarquer par son franc parler, sa proximité avec le bas peuple pour n'avoir jamais connu le luxe.
Et bien, la partie apparaissait gagnée pour la France qui orchestra de machiavéliques mises en scènes pour inciter le colonel à conserver le pouvoir en dénonçant toutes les pratiques de son prédécesseur et en promettant la lune et les étoiles à son peuple lors de son discours-programme de 1985: désemparé, le peuple le prit aux mots et attendit désespéré ment de recevoir du miel dans la bouche. Très vite, un nouveau jeu s'organisa à la satisfaction de la France qui avait longtemps attendu ce moment historique qui devait redonner un nouveau visage à l'histoire tumultueuse des relations franco-guinéennes.
Le général se débarrassa tout bonnement de son premier ministre Diara Traoré qui était estimé trop encombrant pour le projet qui devait aboutir à la destruction de tout ce qui avait été acquis sans la France et objet de fierté nationale pour la Guinée.
Le pays est alors gouverné indirectement par la France pendant que nos nouveaux maîtres s'adonnaient sans regrêt à la belle vie ( entendez par là l'alcool,les belles femmes, les voitures de luxe, etc...); ainsi, le pillage systématique de nos ressources fut planifié et le peuple commença à réaliser qu'il était désormais pris dans un piège qui va devoir le conduire à la mort.
CE FUT ALORS LE DESENCHANTEMENT ABSOLU.
Tout ce que le guinéen réfléchi reprochait à Sékou Touré a persisté sous d'autres appellations et dans d'autres endroits du pays. Pire, ce qui permettait aux pro-Sékou de s'enorgueillir a été détruit. Le vrai visage du chômage se fit voir, la misère s'accentua, le corruption fut encouragée sous toutes ses formes, le pays, désormais abandonné à lui-même sombrit dans un état de délabrement déconcertant.
Cette situation profite à la France et à ses dirigeants pour ces quelques raisons:
-le pays qui a défié la puissance française est aujourd'hui le plus misérable de la sous-région;
-l'histoire lui donne raison pour avoir estimé en 1958 que les pays africains n'étaient pas suffisamment mûrs pour s'autogérer
-la Guinée, pays rebelle, retourne à son maître.
Le vrai perdant dans tout cela n'est ni le pouvoir en place, ni la France, mais bien le peuple martyr de Guinée et lui seul.
Aujourd'hui, chers compatriotes, que reste-t-il de notre patrie?
Je ne m'apesantirai pas sur la situation économique qui est connue de tous, je vais plutôt vous dépeindre la situation sociale, socle de la société humaine.
Le fossé est devenu impensablement profond et large entre les pseudo riches et les vrais pauvres qui représentent plus de 80% de note population. Pendant que Sékou Touré s'est battu pour une Afrique unie,le Mali est en train d'étudier la possibilité d'empêcher les chauffeurs guinéens d'entrer sur son sol; les raisons étant que les services d'assurances n'existent que de nom car ne couvrent en réalité aucun dommage lié aux accidents. En effet, quand un véhicule guinéen fait un accident, on n'a recours qu'à soi-même car aucun interlocuteur en territoire guinéen, aucune structure de prise en charge des problèmes de ce genre.
N'est-ce pas une nième humiliation pour notre peuple?
Les bars prolifèrent dans le pays et constituent des nids pour les mineurs de 13 à 18 ans qui s'y livrent à la prostitution artisanale pour aider leurs familles à vivre et parfois pour pouvoir aller à l'école avec tout ce que cela comporte en termes de maladies graves, de délinquance et de démoralisation de la vie publique dans un pays à forte majorité plongée dans le monothéisme. Au "carrefour transit", au bar "Marceline" à Yimbaya, etc… des enfants de moins de 15 ans se livrent à la prostitution ( vous pouvez le vérifier); dans leurs regards,on lit encore l'innocence dont elles n'ont jamais pu jouir.
Ne faudrait-t-il pas légaliser la prostitution pour au moins en limiter les dégâts?
Par ailleurs, la mendicité est devenue un phénomène de honte nationale; dans les rues, les vrais mendiants font la loi. Parallèlement, les chefs de famille ne se gênent plus de recourir à des inconnus pour arrondir les angles, les amis et autres connaissances étant fatigués de les aider. Les femmes mariées ont tout simplement enterré la dignité féminine et les règles sacrées du mariage pour privilégier les problèmes de survie des enfants; les chefs de famille frappés de chômage de longue durée ne savent plus à quoi s'en tenir. Contraints donc à la démission dans les foyers qu'ils ont laborieusement fondés, ils assistent à la débauche de leurs filles et de leurs épouses.
Les familles n'exigent plus de maris, mais au moins un qui pourra aider à résoudre une partie des problèmes pour livrer leurs filles. Ainsi, notre pays est devenu un eldorado pour les pédophiles et les propagateurs du virus maudit.
Dans ce sombre tableau figure en bonne place l'insécurité qui est devenue monnaie courante. L'on se fait tuer dans la plus grande banalité à Conakry et les meurtres sont relégués au rang du vol de petit pain.
Mes chers compatriotes, où va la Guinée?
A SUIVRE…
Par KABA Mamadi
Contact: gouv5@yahoo.fr
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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