Guinée : Mendicité à Conakry : Quand la Guinée bat tous les records
lundi 18 septembre 2006
« Ce matin encore le journal en a parlé ; ces mendiants, ces talibés, ces lépreux, ces démunis physiques, ces logues constituent des encombrements humains. Il faut débarrasser la ville des ces hommes-ombres d’hommes plutôt déchets humains, qui vous assaillent et vous agressent partout et n’importe quand. (…) La ville demande a être nettoyée de ces éléments. » Cet extrait du roman la grève des battus de la sénégalaise Aminata Sow Fall, illustre bien la situation actuelle des mendiants en Guinée.
Dans tout le pays en général et à Conakry en particulier, la mendicité est devenue de nos jours, un véritable problème de société, auquel se trouve être confrontées les autorités à tous les niveaux.
Dans toutes les rues de Conakry, les grands carrefours, devant les grandes mosquées, des grands hôtels, les hôpitaux, les bureaux et autres lieux de rencontres, on retrouve des personnes handicapées comme les aveugles, les lépreux, les imputés, des paralytiques et autres déshérités de toute nature. Sur ces endroits, ils empêchent quelque fois le passage, en demandant 100 à 500 GNF aux passants. Mais, aussi paradoxalement que cela puisse paraître, cette pratique rétrograde de notre société n’est plus l’apanage des personnes infirmes comme par le passé. Maintenant on voit très souvent des personnes valides, des femmes avec, une ou deux paires de jumeaux, des enfants albinos, sur les trottoirs entrain de mendier toute la journée. Ce spectacle désolant et honteux, laisse indifférent et insensible nos responsables et autorités compétentes, plus particulièrement le département en charge des affaires sociales, de la promotion féminine et de la protection de la petite enfance.
Or, sous le régime défunt Sékou Touré, l’Etat avait crée en mars 1978 une cité de solidarité dénommé Jean-Paul II à Ratoma, pour réunir et abriter tous les déshérités et des personnes handicapées. Là, plus d’une centaines de pensionnaires recevaient régulièrement de l’aide de l’Etat, des ONG, telle Guinée Solidarité, des bonnes volontés, de l’UNICEF et autres institutions arabes ayant des structures d’orphelinats. A cette époque, la ville n’était pas aussi envahie par des personnes infirmes à la recherche du pain quotidien. C’est pourquoi selon les spécialistes en démographie, la réduction de la pauvreté devrait nécessairement tenir en compte des nombreuses familles qui, dépourvu de toute ressources, sont contraint de mendier à longueur de journée pour survivre : « Je suis là avec mon mari devenu aveugle à l’âge de 25 ans. A notre arrivée à Conakry, je pensais que tout allait finir par s’arranger un jour. Mais les situations obligent, nous avons fini par élire domicile sous ce manguier, malgré les intempéries de la nature. » Témoigne avec un air pitoyable, l’épouse d’un jeune aveugle, extrêmement pauvre.
Actuellement hors mis les discours prononcés ça et là par les autorités à l’occasion des manifestations sociaux, aucune structure d’aide, d’assistance quelconque ou d’ONG n’œuvrent pour limiter, à défaut d’y mettre fin, ce fléau qui continuent de gangrener notre société.
Au dire de certains observateurs africains et spécialistes en matière de protection sociale, à y voir de près, la capitale guinéenne tend à battre tous les records, tellement le nombre de cette classe sociale extrêmement pauvre ne cesse de progresser, au vu et au su de tout le monde.
Lansana A. Camara
Correspondant permanent de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06
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