Guinée : Complot contre le Peuple de Guinée - A propos d’un Projet de Gouvernement
jeudi 14 septembre 2006
Pour paraphraser le vieux général français, c’est un quarteron de politiciens assoiffés de pouvoir et sans foi ni principes qui tentent, encore une fois, de négocier avec le pouvoir en place pour partager une parcelle de pouvoir en concoctant un tel Projet de Gouvernement au mépris des intérêts sacrés du peuple de Guinée et cela de façon insidieuse et discrète en marge des travaux de la Concertation des Forces Vives de mars 2006.
Face aux désaveux de certains partis politiques et, surtout de la plupart des participants de la Société civile, nos initiateurs du Projet ou comploteurs ont tenté de faire adopté leur document sans y parvenir. C’est pourquoi, point de Déclaration ou de bruit n’a été fait à ce sujet. Mais aujourd’hui, ils pensent qu’avec la situation actuelle de Dialogue, dont ils sont encore les champions, il est opportun de faire connaître, au grand jour, leur papier dans l’unique but d’influencer la caste militaire et certains éléments de clans au pouvoir et qui sont en délicatesse avec les véritables tenants que sont l’équipe Fodé Bangoura.
Une simple analyse de ce Projet de Gouvernement nous éclaire sur l’attitude opportuniste de ses initiateurs dont l’objectif est évident. Il s’agit pour eux de composer avec la caste militaire qui est le bras armé du régime actuel, un régime de dictature. Non seulement, on donne généreusement la fonction de Chef d’Etat à l’armée qui a la latitude de choisir une personnalité consensuelle qui ne sera, bien sûr, autre qu’un militaire et sans préciser les conditions et critères de sélection de cette personne idoine.
Quelle hérésie quant on connaît le rôle et la position actuelle de la hiérarchie militaire. Quelle naïveté de croire qu’elle recèle d’un homme à la trempe d’Ely Val de Mauritanie et surtout capable de respecter scrupuleusement aux engagements souscrits selon l’échéancier pré-établi.
D’ailleurs, aucune précision n’est faite sur les points fondamentaux des engagements et du Programme de Gouvernement. Cerise sur le gâteau, on octroie 4 postes ministériels à l’armée pour montrer, si nécessaire et par peur, que nous sommes toujours en régime militaire.
Pourtant, la Guinée actuelle a un besoin crucial de technocrates de haut niveau, compétents et intègres pour faire redémarrer la machine administrative et mettre notre économie sur les rails au cours de la période de transition.
Encore une fois, nos initiateurs montrent leur peur bleue des forces armées ainsi que leur opportunisme de droite tout en oubliant que seul le peuple peut imposer des rapports de force susceptibles de contraindre l’armée à respecter le deal qui lui sera proposé de façon consensuelle. Mais ici, le peuple ne compte pas et on préfère l’ignorer et concocter de sordides plans pour participer à la gestion des affaires au détriment de ses intérêts.
Voilà pourquoi, on fait la part belle à la caste militaire mais pas aux soldats dont l’armée regorge.
Dans le même ordre d’idée, il faut amadouer une Société Civile embryonnaire et encore faible structurellement mais néanmoins de plus en plus active et courageuse dans certaines de ses prises de position politique notamment à propos de son refus de cautionner le Dialogue actuel en cours. Pour cela, on lui octroie 3 ministères pour obtenir son adhésion.
On n’oublie pas de faire un clin d’œil aux guinéens à l’Etranger en leur proposant 3 ministères sans autre précision. Pourtant, le fait de faire cette distinction montre déjà un certain état d’esprit sans pourtant créer un ministère spécifique chargé de l’Intégration nationale et sociale. Peut-être comptent-ils sur l’appétit et l’opportunisme de certains de nos compatriotes résident à l’extérieur pour obtenir un soutien au Projet.
Par ailleurs, il semble que des contacts timides ont été pris avec des promesses par certains des initiateurs au cours de leurs différents séjours à l’étranger.
Quant aux partis politiques même, ils s’octroient, seulement, 11 postes pour montrer leur désir d’équilibre (10 contre 11 en dehors du Premier ministre). Mais, ils n’indiquent pas quels sont ces postes ni la modalité d’attribution aux partis qui ne sont pas d’égale importance sur le terrain. Peut être, l’égalité sera requise. Mais le hic est de savoir sur quel programme ce gouvernement va travailler et sur quelle base le poste de Premier ministre sera attribué. C’est sûr qu’ils ont déjà leur idée sur la question connaissant leur machiavélisme.
Alors le clou de cette fête de distribution de prix est la création du Conseil National de la République – C.N.R. En fait, c’est un organe qui remplacera le Parlement. Mais on ne dit mot sur son Rôle, ses Attributions mais on se contente de donner sa composition tellement les initiateurs sont obnubilés par les problèmes de postes de responsabilité.
Quelle sera sa véritable place dans le système surtout son éventuelle prédominance par rapport au Chef d’Etat militaire ?
A-t-il des pouvoirs réels de contre poids face aux dérapages éventuels de l’exécutif ?
Ce sont autant de questions qui se posent et dont le Projet brille par excès d’opportunisme et de confusion. Bien sûr, on rétorquera que ces points seront élaborés ultérieurement, à moins qu’ils ne le soient déjà et gardés sous le coude en attendant.
Au niveau de sa composition, on constate encore une fois, que l’armée enregistre 10 membres (16%), la Société Civile encaisse 20 postes au moment où les fameux Guinéens à l’Extérieur demeurent statique en position mineure avec 3 postes. On constate que dans une telle assemblée les partis politiques sont quasiment minoritaires (27/60) pour des raisons, encore, d’équilibre obséquieux.
Au niveau également de la CNI, on renforce l’Armée avec 5 membres sur 21 soit 25%. Alors que nos amis de l’Extérieur se voient exclus au profit de l’armée. Mais la Société qui doit y jouer un rôle majeur est crédité de 6 places.
Alors, chers compatriotes, nous demandons de lire attentivement ce Projet de Gouvernement afin de faire une véritable opinion, sans partie pris, sure les ambitions affichées de leur auteur qui sont prêts, aujourd’hui, à trahir le peuple guinéen pour des intérêts égoïstes et sordides de petits politiciens ambitieux qui veulent coûte que coûte jouer un rôle prépondérant aux destinées de notre pays, la Guinée.
Chacun doit réagir conséquemment pour définir et préparer le futur radieux de nos parents, les populations guinéennes.
Nous invitons à poursuivre la réflexion partout où vous êtes et le moyen est à jamais à l’action. Ne laissons pas la place aux opportunistes et n’oublions pas que la nature a horreur du vide.
Le combat pour le développement harmonieux de notre pays continue jusqu’à la victoire finale et totale de ses aspirations légitimes.
Conakry, le 13.09.2006
Libre Opinion de M Abdoulaye Bangoura
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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