Guinée : Suppression du Concours d’entrée à l’Université
mardi 12 septembre 2006
Instauré dans les années 90 par les autorités compétentes en charge de l’enseignement supérieur par manque d’infrastructure et de personnel enseignant, le concours d’entrée à l’université, ironiquement appelé par les étudiants et leurs parents baccalauréat 3ème partie, sera supprimé dès la rentrée académique prochaine.
A en croire les autorités compétentes de l’éducation nationale, le concours d’accès aux institutions d’enseignement supérieur qui est de rigueur pour tout étudiant venant d’obtenir le baccalauréat deuxième partie sera définitivement supprimé. En attendant que le décret ministériel l’entérine, nombreux sont les observateurs qui doutent de l’applicabilité de cette décision puisque ce n’est pas la première fois que la suppression de cet anachronique examen soit annoncée.
Entaché de fraude (substitution des copies, trafic de notes, fuites de sujets, achat de place par les bacheliers de parents nantis dans les facultés qui attisent la convoitise,…), cet examen national fait depuis quelques années l’objet de sujet à controverse. Certains responsables ont fait de ce concours leur source d’enrichissement. Les places sont vendues à prix d’or aux plus offrants et ce sont les plus démunis qui en pâtissent. Une situation qui crée ainsi la frustration et décrédibilise le système éducatif.
L’enseignement supérieur, qui est l’un des principaux facteurs d’accession à un niveau de vie supérieur, s’ouvre difficilement aux bacheliers qui ont franchi les portes des deux baccalauréats. Tenez ! L’année dernière, ils s’étaient 7.500 bacheliers à concourir pour seulement 2.500 places disponibles. Ils sont donc aujourd’hui des milliers ces bacheliers à errer dans les rues sans la moindre qualification pouvant leur permettre de s’insérer dans la vie professionnelle.
Il est à préciser que le recrutement des bacheliers pour l’enseignement supérieur se fera dorénavant sur la base des moyennes obtenues au baccalauréat 2ème partie. Une chance pour ceux dont les parents n’ont pas la possibilité de payer les frais de scolarité demandés par les quelques rares universités privées du pays.
M Touré Fodé Saliou
Président Fondateur du mensuel universitaire « Gamal Info »
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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