Guinée : TTRE OUVERTE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
18 juillet 2005
Monsieur le Président,
Permettez-moi de me débarrasser de cette charge qui m’accable et qui me culpabilise devant ma conscience en vous exprimant humblement ce que nombre de vos concitoyens pensent.
Avant tout, je m’incline devant Allah, l’Unique souverain, pour implorer son pardon et sa miséricorde pour notre vaillante nation qui, depuis un certain temps, survit…..
Qu’Allah vous soigne, ainsi que tous les malades de Guinée, d’Afrique et du monde car, ma foi et mon éducation m’obligent à compatir à la souffrance humaine quelle que soit sa victime.
Monsieur le Président,
L’heure est grave, très grave !
Notre pays se meurt et encourt un risque majeur de déstabilisation car votre excellence persiste dans la dérive et l’autodestruction.
Vous le savez aussi bien que moi, notre armée n’est plus celle qui peut faire face à des évènements majeurs : n’est-il pas alors plus sage de prémunir votre pays contre le pire pour éviter que ne se glissent entre les lignes de notre histoire des parenthèses indélébiles?.
Monsieur le Président,
Votre armée est divisée d’une division dangereuse, le niveau de vie de votre peuple est au plus bas, le chômage connaît son apogée dans votre pays, votre monnaie continue sa descente aux enfers, l’insécurité est d’une ampleur inimaginable, des gouvernements successifs ont échoué dans leur tentative de remettre les choses sur les rails, bref, la Guinée va au plus mal. Pourquoi ?
Seuls le laxisme, l’impunité et la mauvaise gestion peuvent en être des explications.
Monsieur le Président,
Vous nous avez fourni la preuve que la faute n’incombe pas au gouvernement, mais à vous et à vous seul, tout simplement parce que vous êtes hostile au dialogue et à tout changement en Guinée.
Parce que vous avez fondé un régime insouciant et corrompu axé sur une gestion médiocre et opaque des deniers publics ainsi qu’un mépris grossier des aspirations légitimes de votre peuple.
Vous voyez dans la démocratie une arme redoutable dressée contre votre personne et destinée à vous détruire.
Je vous prie de lire sagement entre les lignes de votre conscience, la preuve du contraire y réside.
Monsieur le Président,
Les jeunes de votre pays, désemparés, ne savent plus où accrocher leur espoir car, ils ont attendu, trop attendu votre départ.
Votre santé vous demande du repos, beaucoup de repos !
Le pouvoir use, vingt ans de règne sans partage vous ont certainement usé, mais assagi ; nous comprenons très bien vos inquiétudes, mais celles-ci s’annulent face à l’énigmatique équation de la stabilité de votre pays après vous.
Monsieur le Président,
La justice de notre pays est une exception dans la sous-région, je ne parlerai pas de l’indignation que provoque le système éducatif sachant que la maîtrise délivrée par les universités guinéennes n’est même pas reconnue par les paires de la sous-région, notamment le Sénégal.
Vous avez ôté à votre peuple sa dignité et sa personnalité ; pourquoi ne rêvons-nous pas d’un siège permanent au conseil de sécurité ? Sommes-nous moins méritants que le Sénégal ou l’Afrique du Sud ? Si non, pourquoi ne sommes-nous pas candidats ? Si oui, pourquoi ? Etant donné que la Guinée est l’un des tous premiers pays africains à hisser son drapeau aux Nations Unies ?
Devant ce constat alarmant d’échec, résultat de votre règne pluri décennal, c’est encore une fois la destinée de notre pays qui se trouve remise en question.
Monsieur le Président,
Ce ne sont pas les raisons qui vous manquent pour abdiquer ; encore une fois, je joins ma modeste voix à celles des multitudes de guinéens qui m’ont précédé dans cette logique pour vous exhorter fraternellement à la démission, ne serait-ce que pour satisfaire les exigences de votre santé.
Le pays n’attend que vous pour renouer avec les impératifs du développement.
Pour finir, monsieur le Président, je prie Allah le tout-puissant, de vous soigner et de vous donner une bonne compréhension de ce message qui n’est pas une manifestation de haine ou d’hostilité, mais une volonté patriotique de mettre un terme à la souffrance humiliante qui s’est inscrite dans la durée sur la riche terre de nos ancêtres.
Qu’Allah protège la Guinée et les guinéens contre la guerre, la haine et la maladie ; Qu’il substitue à nos souffrances, sa miséricorde et sa santé et guide nos pas vers l’accomplissement de nos vœux orientés vers les intérêts supérieurs de notre pays. AMEN !
M. MAMADI KABA
DEPUIS DAKAR
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