Guinée : Conseil National de la Communication (C.N.C) - Un plaidoyer maladroit
lundi 28 août 2006
La suspension de journaux se multiplie en Guinée. Depuis le mois d’août 2005, elle a connu un rythme impensable, jamais égalé dans un passé récent. Tous les journaux ainsi sanctionnés ne sont pas forcément des modèles de qualité. Leurs propriétaires ou rédacteurs en chef ne sont pas toujours des parangons de vertu journalistique. Leur conception de la déontologie est souvent à géométrie variable.
Le principe d’une sanction lorsqu’il y a faute professionnelle est légitime en soi. Si une fausse information est diffusée dans l’intention manifeste de nuire à autrui, il y a plus qu’une faute. Il y a un délit de type criminel. Le journal Libération parait relever de cette qualification, pour ce qui concerne l’U.F.R. et son Président.
D’ailleurs, les intéressés ont entrepris une démarche judiciaire appropriée. Faisant cela, ils font confiance aux magistrats de leur pays, tout en administrant implicitement à une certaine classe politique, une leçon sur ce que doit être un Etat de Droit.
Reste le problème du C.N.C. et de son Président, lequel se trouve être un ami. Pour défendre maladroitement selon moi- cette Institution et son président, Mr. GALBERT, s’il existe réellement, invoque les rôles de « régulation, déontologie… », qu’aurait le C.N.C... Et la reconnaissance d’un Droit Constitutionnel, la liberté d’expression, y compris sous sa forme audiovisuelle est attribuée à mon ami Yacine DIALLO. Il conclue que « c’est comme cela qu’on aide un pays à s’en sortir ».
Surprenant comme raisonnement. Ainsi donc, un individu, fût-il Mr. Yacine DIALLO serait à l’origine d’un Droit naturel, à savoir, disposer ou créer ses propres moyens audiovisuels d’expression. L’action des citoyens, des hommes politiques et de tous les autres acteurs sociaux n’aurait eu aucune incidence sur l’ambigu décret de libéralisation des ondes. Comme méthode de défense, il y a mieux !
Je rappelle néanmoins que Elhadj BA Mamadou a imposé de fait la liberté de la presse écrite, il y a de cela quelques années. Il n’en revendique même pas la paternité. Il considère avoir fait pour son pays, ce qu’il avait à faire et comme il savait le faire. Il n’attend aucune gratitude de personne.
Mr GALBERT, s’il existe met à mal Mr Yacine DIALLO qu’il croit pourtant défendre. Exemple : le C.N.C. présidé par Mr Yacine DIALLO s’occuperait de déontologie et de régulation dans la presse. Le président du C.N.C. est lui-même propriétaire d’un journal. Autrement dit, il dispose d’un pouvoir administratif pour en imposer à ses concurrents. Il y a comme un conflit d’intérêt que Mr. GALBERT ne voit pas ou ne veut pas voir. On ne peut pas être le juge d’une profession ou d’une affaire dans laquelle on a soi-même des intérêts. C’est cela la déontologie.
Décidément, le plaidoyer de Mr. GALBERT est plutôt une mise à mort symbolique de mon ami Yacine.
Deuxième exemple : le journal Libération a commis un DELIT, car il y a intention délibérée de nuire à autrui. Un délit ne relève pas d’une sanction administrative, mais d’une sanction pénale, c’est-à-dire judiciaire. (Je dis cela sous le contrôle des juristes). La suspension administrative d’un journal par un autre journaliste, même Président du C.N.C. n’est rien d’autre qu’une concurrence déloyale. Je pourrai prendre d’autres exemples dans le plaidoyer maladroit de Mr.GALBERT.
Pour terminer, je souhaite qu’on ne trompe pas nos compatriotes. Ce n’est pas de cette façon qu’on peut aider le pays à s’en sortir. Le C.N.C. n’a aucune utilité collective dans la configuration médiatique actuelle de notre pays.
Dans un avenir lointain, il est possible que le besoin d’une telle institution se fasse sentir.
Mamadou Billo Sy Savané, (Rouen), France
Mon contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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