Guinée : Maison centrale : Que sont devenus les évadés ?
16 juillet 2005
Depuis le 15 mai, on est sans nouvelles des évadés de la Maison Centrale de Coronthie. L’élève officier Misbaou Sow et ses compagnons de cavale ont été vus, pour la dernière fois, dans l’enceinte de la radio télévision guinéenne. Seule la BMW rouge, immatriculée RC-7113-G à bord de laquelle ils avaient pris place a été retrouvée vide, non loin du pont des pendus. Aucune trace des occupants. Et l’on continue de s’interroger : Se sont-ils volatilisés dans la nature, ou bien sont-ils tombés dans un piège fatal ?
Dans les familles des militaires évadés, l’inquiétude a viré à la psychose, et au désespoir. Et pour cause. Aucun évadé n’a donné signe de vie depuis l’évasion. Ce qui paraît bizarre, aux dires de certains, compte tenu de tous les canaux de communication dont dispose la police. La femme d’un des évadés, qui vit en exil ne cesse de pleurer «Mon mari a mes coordonnées. S’il était vivant ou libre, c’est sûr qu’il m’aurait contactée. J’ai peur!» a-t-elle confié à des proches. La cavale du 15 mai a été lourdement préjudiciable aux militaires détenus à la Maison Centrale.
Commandant Dianfoula Camara,
Lieutenant Amadou Diallo,
les Adjudant Mamady Condé,
Cécé Balamou,
les Sergents Hamzatta Bah, Frédéric Haba et le Sergent Naroumba Keita (l’évadé repris, au niveau du marché du Niger) croupiraient dans la misère. Ils ont tous été disséminés dans des cellules surpeuplées au milieu de bandits, condamnés pour crimes. Ils se plaindraient notamment de leur inhumaines conditions de détention dans cette prison insalubre où les risques ’épidémies de choléra, de fièvre typhoïde, de paludisme et de tuberculose ne sont pas à écarter. Déjà, le lieutenant Amadou Diallo a contracté la fièvre typhoïde. «Quand nous leur envoyons à manger, nous ne sommes pas sûres qu’ils reçoivent les repas, tous les jours. On nous remet parfois, des bols vides, alors que nos maris se plaignent de n’avoir pas reçu les repas. Ils sont donc condamnés, parfois, à se contenter de repas de disette préparés pour le commun des prisonniers» déplore l’épouse d’un des détenus. Le seul voeu de ces malheureux, aujourd’hui, c’est qu’on les juge, afin de condamner ceux qui doivent l’être, libérer ceux qui sont innocents. Dans les familles des détenus, la vie est devenue plus que pénible. Certaines d’entre elles avaient subi des descentes musclées d’agents des forces de l’ordre dans les jours qui ont précédé l’évasion. Et, aujourd’hui, elles se voient purement et simplement privées de ravitaillement. Ce qui rend encore plus insupportable leurs conditions d’existence. « Nous nous tournons vers les autorités militaires pour les prier de libérer nos maris. Les enfants de certains d’entre nous ne vont plus à l’école, faute de moyens. L’équilibre de nos foyers est déjà fortement ébranlé par la détention de nos maris» fait remarquer une épouse de détenus, visiblement désespérée.
Abou Bakr
Source : La Lance, visitez La Lance au www.mirinet.net.gn/lynx/lce/
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