Guinée : Déclaration de l’Action de la Jeunesse Guinéenne pour l ’Alternance Démocratique et la Prospérité (A.J.G.A.DE.P)
jeudi 24 août 2006
DECLARATION
Chers compatriotes,
« … Dans la vie d’une nation, il arrive des moments où le cours normal de la vie est perturbé qu’on craint même pour le destin de celle-ci… »
Ayant fait ce constat sérieux dans notre pays avec pas mal de regrets, nous jeunes de Guinée, préoccupés par le devenir de notre chère patrie et surtout aussi animés par le même idéal : « vivre dans une Guinée démocratique et prospère » sommes condamnés à conjuguer nos efforts dans le grand espoir d’apporter des mutations indispensables pour la réussite de la Guinée. Patriotisme oblige.
Aujourd’hui force est de reconnaître que la république de Guinée, notre pays, malgré ses innombrables potentialités naturelles est loin de prendre place dans le concert des nations africaines tournées vers le progrès. Le pays brille par une médiocrité sans précédente et une carence de gestion qui ne dit pas son nom, et cela, dans plusieurs secteurs, matérialisées par des faits et pratiques dégradants dont entre autres :
LA DICTATURE DU PARTI AU POUVOIR :
(Aveuglement soutenue par l’armée, l’administration et autres mains invisibles).Elle se caractérise par une politique contraire aux vertus démocratiques. Les partis politiques et leurs militants sont victimes de toutes sortes de menaces, d’intimidations, d’arrestations arbitraires, de persécutions, de condamnations injustes où ils subissent parfois des traitements inhumains et dégradants et même des assassinats. Pire, l’ethnocentrisme, le régionalisme, le trafique d’influence et l’exclusion qui constituent entre autres de sérieux menaces pour une nation et l’intégrité d’un pouvoir sont monnaies courantes.
Ils sont instaurés, encouragés et soutenus par le pouvoir pour asseoir sa suprématie au détriment de la nation.
LA CONFISCATION DES LIBERTES, DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN
Elle n’est pas un phénomène caché en Guinée. Le pouvoir Guinéen s’oppose catégoriquement à l’ouverture et à la libéralisation des ondes (radio et télévision). L’unique radio et télévision nationale (R.T.G), au lieu de servir le peuple en l’informant objectivement en tant que patrimoine national, reste malheureusement un instrument de propagande au service du parti au pouvoir et de son premier responsable en l’occurrence le chef de l’Etat. Aucun parti d’opposition ou association de la société civile ne peut y avoir accès pour communiquer au peuple ses critiques, ses visions, son programme exceptés les rares cas occasionnels. La liberté d’associations est très réduite et nombreux sont des Guinéens qui payent cher leur volonté de créer ou de militer dans des associations ou mouvements, aux idéaux contraires à la logique du P.U.P (au pouvoir). Ils sont automatiquement taxés de tout : rebelles, ennemis du pays, manipulés, aventuriers, reclameurs de lune etc.…
Ils sont victimes de répressions sévères au préjudice de leurs vies et de leurs dignités humaines et citoyennes (interdictions injustifiées, arrestations arbitraires, tortures voire des assassinats commandités par les dignitaires au pouvoir). Dans la plupart des cas l’armée n’hésite pas à tirer avec des balles réelles sur des manifestants pacifistes non armés. D’où pour certains compatriotes de choisir par contrainte le chemin de l’exil (hommes politiques, syndicalistes, étudiants, journalistes, militants des droits de l’homme, écrivains, etc. …)
BLOCAGE DES INSTUTIONS REPUBLICAINES
Jusqu’ici aucune véritable séparation entre les trois pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire). Une violation flagrante des règles élémentaires de la démocratie ainsi ressortie. Un semblant de démocratie est hypocritement entretenu pour gagner le soutien des pays étrangers et autres institutions, mais en réalité tout est concentré dans la main du chef de l’exécutif. L’assemblée nationale est tout juste une chambre d’enregistrement pour ne pas dire ornements, car en réalité elle n’a aucun pouvoir, ses «Honorables » députés en sont conscients.
La justice du pays est sous le même joug de l’exécutif, rendant ainsi sceptiques voire pessimistes les bailleurs de fonds et autres investisseurs potentiels pour des raisons de garanties non fiables. Pour preuve, la constitution actuelle du pays est spécialement taillée et périodiquement amendée pour servir les intérêts du parti au pouvoir et de son chef en excluant la volonté du peuple car jusqu’ici, c’est le pouvoir qui, seul, organise les élections. Donc il est en même temps juge et partie. Les cadres de l’administration sont contraints de battre campagne (dans leurs régions ou villes natales) au compte du parti au pouvoir sous peine de perdre leurs postes ou de se voir radier. Aucune transparence.
MANQUE DE REALISATIONS FIABLES
En parcourant aujourd’hui la Guinée, notre pays, il serait difficile de pointer du doigt une infrastructure méritant la satisfaction générale et faisant objet d’une fierté nationale au regard des potentialités naturelles dont dispose le pays.
Le manque d’eau potable et d’électricité dans les grandes villes notamment à Conakry ( la capitale) reste très inquiétant pour un pays qualifié de château d’eau de l’Afrique de l’ouest. Le barrage hydroélectrique de Garrafiri sur lequel la population fondait espoir fut une grande déception.. Ce grand ouvrage construit avec la contribution des citoyens, même les plus démunis, dans le bricolage, n’a rien apporté.
CHERTE DE LA VIE PILLAGE ET DETOURNEMENT DE DENIERS PUBLIQUES
L’inflation galopante aidant, le coût de la vie est très cher aujourd’hui en Guinée et il va de mal en pire. Le riz, première denrée alimentaire du pays, est presque introuvable sur le marché compte tenu de son prix : 60 000 fg pour un sac de 50kg = 15 000 fr.cfa = 23 euro ; tout juste le salaire moyen du travailleur guinéen. Ce qui constitue un véritable calvaire.
Ainsi, il est donc établi à suffisance que le guinéen moyen est pratiquement incapable de s’offrir le repas quotidien. Et, c’est le minimum de conditions qu’un pouvoir digne doit remplir pour son peuple ; faire en sorte qu’il ne soit pas dans l’impossibilité de satisfaire ses besoins vitaux.
Aussi l’un des cas déplorable de la Guinée, notre pays est la course aux gains matériels illicites orchestrée par les agents et commis des services publiques et administratifs à tous les niveaux. Et il n ‘est pas rare d’entendre en Guinée des nouvelles faisant cas de détournements se chiffrant parfois à des milliards. Et aucune sanction correctionnelle à la hauteur n’est prise contre ces fameux voleurs aux cols blancs d’où la légitimation de la corruption et de l’impunité, encourageant ainsi les malversations financières contre les intérêts de la nation.
Pire encore, c’est la mise sur pied des puissantes sociétés PRIVEES-PROTEGEES grâce aux fonds publiques détournés enrichissant d’avantage les dignitaires du régime. La création de ces SUPERS SOCIETES vise deux objectifs primordiaux : blanchir l’argent sale et agenouiller les opérateurs économiques du pays. Ces SUPERS SOCIETES bénéficient toutes les largesses de l’Etat au détriment des dignes opérateurs économiques.
Aujourd’hui, ces derniers ne savent plus où se donner la tête face à ce monopole instauré par l’Etat fonctionnant comme une véritable machine à destruction économique sauvage. Le moins qu’on puisse dire c’est la ruine de nos commerçants. Et le peuple est le premier à payer les frais de cette situation catastrophique.
Et dire que la politique économique de la Guinée est libérale, il y’ a alors de quoi s’inquiéter !
SABOTAGE DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION
L’école guinéenne doit mériter l’attention de tout le monde dans la mesure où elle constitue la pépinière des cadres pour son développement. Elle est aujourd’hui abandonnée dans un état de délabrement total par le fait que les dignitaires du pouvoir soustraient soigneusement par égoïsme et favoritisme leurs progénitures pour les prestigieuses écoles et universités étrangères au grand détriment de la majorité des jeunes du pays.
Aucune transparence dans les examens et dans l’attribution des bourses d’études offertes par les pays amis. Il en est de même dans l’armée où le recrutement et la promotion s’obtiennent ou s’achètent par négociation. C’est pourquoi on dit en Guinée : « pour réussir il faut avoir les bras longs » .
Dans les universités et autres institutions d’enseignements publics les professeurs sont en nombre insuffisant et la majorité avec la maîtrise comme diplôme. Les équipements font défaut pour les travaux pratiques pour ne pas dire qu’ils n’existent presque pas. Au grand étonnement jusqu’ici, pour la grande majorité des élèves et étudiants du pays l’ordinateur reste un outil inconnu.
En ce qui concerne le droit à l’expression et à la revendication légitime, il n’est pas garantie pour les élèves et étudiants du pays d’où leur exclusion dans les prises de décisions concernant la gestion de leurs établissements.
Nombreux sont les élèves et étudiants en Guinée qui payent cher leur syndicalisme : emprisonnements, tortures, humiliations, radiations pures et simples, assassinats, …. ce qui contraint beaucoup d’étudiants et élèves guinéens à prendre le chemin de l’exil pour sauver leur vie et aussi renouer avec leur études, chose qui n’est toujours pas certaine.
Le plus alarmant dans tout cela, chaque année, des milliers et des milliers de jeunes bacheliers, après treize ans d’effort, sont déversés dans la rue sans suivi ni autres orientations à cause du fameux concours d’accès aux institutions d’enseignement supérieur sans oublier les enfants et autres qui n’ont pas eu l’accès à l’enseignement de base.
Conséquences immédiates de ces situations, la médiocrité des futures cadres, la fuites des cerveaux compromettant l’avenir de la nation car la jeunesse d’un pays reste son trésor.
LA CORRUPTION, LE CHOMAGE ET L’INSECURITE
Conséquences d’une mauvaise politique, d’éducation, de formation mais surtout de vision politique du pouvoir.
Les universités et autres institutions d’enseignements supérieurs sont réputées comme des fabriques de chômeurs ouvrant ainsi largement la voie à la pauvreté, à la misère mais surtout à la violence et à l’insécurité.
Faits déplorables les forces de l’ordre et de sécurité censées protéger les personnes et leurs biens sont tombées dans la marre de la corruption elles y nagent avec plaisir en connivence avec les gangs, ces bandits de grands chemin qui sont prêt à tout pour se trouver fortune.
Ainsi un climat de peur et de terreur règne dans les grandes villes du pays à la tombée de la nuit ou dès fois en pleine journée ; le cas de Conakry la capitale est très criard.
Ainsi ce modeste constat ne signale que quelques faits parmi tant d’autres dans le grand lot pour simplement donner une physionomie générale de la situation Guinéenne et il est loin, très loin d’une analyse crypto-personnelle. Et, ne s’aurait être à aucun cas, une campagne de dénigrement contre notre chère patrie.
Il est et demeure une contribution pour des millions de Guinéens et ami(e)s de la Guinée face à une situation pourrie et insupportable.
Pour combattre ces phénomènes qui minent la société Guinéenne en compromettant largement sa prospérité, il faut nécessairement :
- DE LA BONNE GOUVERNANCE qui nécessité l’implication de toutes les forces vives de la nation. Et surtout la jeunesse et les femmes ;
- LA RECOMPOSITION DE LA CLASSE POLITIQUE du pays dans sa totalité sur des valeurs démocratiques car force est de reconnaître que les formations politiques en Guinée (Pouvoir comme Opposition) sont, à des degrés variables, toutes gagnées par des phénomènes rétrogrades qui ont pour noms : ethnocentrisme, régionalisme, conflits de personnalités, chicaneries, crises de confiance, manque de stratégies etc.…
Néanmoins, il existe certains partis politiques et leaders aux moralités et idéaux irréprochables en qui le peuple de Guinée et sa jeunesse fondent espoir pour son développement.
- PROMOUVOIR A TOUS LES NIVAUX : le patriotisme, le civisme, en mettant par dessus tout « L’INTERET NATIONAL ».
POUR CELA, L’ACTION DE LA JEUNESSE GUINEENNE POUR L’ALTERNANCE DEMOCRATIQUE ET LA PROSPERITE, demande :
- Au pouvoir actuel qui ne bénéficie d’aucune légitimité majoritaire et qui se dresse comme une bande de pillards de l’économie et de l’unité nationale, de quitter le contrôle des affaires le plus rapidement que possible pour L’INTERET SUPERIEUR DE LA GUINEE en organisant des élections libres et transparentes anticipées en toute responsabilité. Les sept années dont il vient de s’offrir sont trop longues.
- Aux formations politiques et autres organisations de la société civile de prendre leurs responsabilités, d’être conséquentes pour l’instauration d’un véritable Etat de droit.
- A l’armée Guinéenne de restaurer son image d’antan et de défendre la souveraineté nationale sans parti pris pour le bonheur du peuple de la Guinée.
- Aux pays amis de la Guinée ainsi qu’aux sages africains et la communauté internationale d’être prévoyants, prévisibles et surtout sensibles à la misère du peuple Guinéen, en intervenant à temps auprès du pouvoir actuel avant que la situation ne dégénère autrement.
Depuis l’indépendance obtenue en 1958 jusqu’à nos jours, le peuple de guinée est toujours pris en otage par ses dirigeants et la misère du Guinéen ne fait que s’empirer tuant aux honnêtes citoyens tout espoir de vivre heureux.
Alors il est temps, grand temps pour le peuple de guinée, de prendre conscience, de refuser catégoriquement la fatalité et la résignation pour sauver en toute responsabilité son pays des mains de ses destructeurs afin de parvenir à une ALTERNANCE DEMOCRATIQUE viable, respectable et durable à l’instar des autres pays Africains qui jouissent des bienfaits de ce noble acquis.
Dans le grand espoir que cette déclaration puisse réveiller la conscience de chaque Guinéen d’où qu’il se trouve et soit une sage alerte pour l’opinion publique nationale et internationale pour répondre, chacun en ce qui lui concerne au rendez-vous de l’histoire ; veuillez recevoir mesdames et monsieur et chers compatriotes nos salutations et nos considérations les plus sincères.
« ENSEMBLE DEBOUT ET UNIS NOUS VAINCRONS ! »
« VIVE LA JEUNESSE GUINEENE ! »
« VIVE LA DEMOCRATIE ! »
« VIVE LA GUINEE ! »
ET LE COMBAT CONTINUE !
Fait à Dakar, le 15 juillet 2004
Le Bureau Exécutif de l’AJGADEP
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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