Guinée : La confession de « M X » dans la triste affaire du « Coup Diarra » ne tient pas la route
15 juillet 2005
Un adage africain qui dit : «tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse donneront toujours raison aux chasseurs»
Déculpabiliser Conté dans cette tragédie humaine, la plus gigantesque par son ampleur et par son sens ethnique, dans l’histoire de notre pays martyrisé, est un autre crime contre l’humanité : «le silence devant le crime a son implication de responsabilité dans le crime commis».
Il faut préciser que l’un des bourreaux des 32 escaliers de camp Alpha Yaya, tristement célèbre, Alhouseiny Fofana, est un agronome de formation, soussou de Moria qui est l’un des cadres à avoir bénéficié de la dictature de Sékou Touré.
En effet quand un groupe de militaires qu’il commandait dans les plantations à Foulaya (Kindia), ont refusé, «qu’ils n’accepteront pas être commandé par un civil», c’est ainsi que le responsable suprême de la révolution Ahmed Sékou Touré a décidé dans un seul décret son recrutement dans l’armée et l’officier supérieur pour commander et faire taire les soldats grondeurs.
Et après la mort de Sékou Touré, il est un des officiers à planifier la mort de la famille de ce dernier ainsi que ses compagnons de CMRN mais aussi de simples civils, commerçants diamantaires, enseignants etc.
Et l’auteur de certains propos qui n’est plus beau à reprendre au risque de réactiver la haine nationale, celui d’autre tel que Jean Kolipe Lama, les phrases malsaines…
Quand Monsieur X nous apprend : «En plus le 22 Décembre 1985, le Président a ordonné le Ministre de l’Information d’écrire un discours dans lequel il voulait dénoncer nommément les commanditaires du Crime.»
Donc l’année même du crime (1985), les coupables étaient déjà connus et continuaient à partager le privilège avec le premier magistrat du pays, pour quel service rendu à ce peuple ? Plutôt au général Conté?
Huit (8) ans après les faits Conté a tenu les mêmes propos pour opposer les malinkés et les forestiers en Guinée Forestiers, le bilan est connu.
Dix ans (10) après les faits Abdourahmane Diallo fût ministre de la défense… Il bénéficiait la confiance du général Lansana Conté.
Dix ans après les faits Facinet Toure est toujours chevalier de l'ordre de mérite pour quel mérite?
Treize (13) ans après les faits, Herve Vincent Bangoura, est chargé par le général de faire les enquêtes sur certains détournements financiers appelés «la liste A» et la «liste B» ; le président Conté le confiait en ses termes : «j’ai vraiment confiance en toi, et c’est toi seul qui peut me faire ce travail même si tu étais à l’étranger j’allais t’appeler».
Quinze (15) ans après, Sama Panival a règné sur la grande sphère.
Après cette prise de conscience peu tardive, peut-on savoir enfin la version réelle de cette histoire de notre pays ?
Qui a empêché Lansana Biavogui, le successeur constitutionnel de présider à la destinée de notre pays après la mort de Sékou Touré ?
Ce premier coup d’état est pour nous le premier crime de Conté. Inutile d’essayer de le dédouaner car en tant que premier magistrat de la Guinée, il lui appartient de veiller au bon fonctionnement des institutions.
Monsieur X, en tant que proche de Lansana Conté comme vous l’avez dit vous-même, sachez que le peuple de Guinée a besoin de connaître la vérité, toute la vérité pour l’amour de la patrie et de l’unité nationale.
Nous voulons la vérité car l’avenir ne peut pas se construire avec la confusion.
Et je vous rappelle que l’Afrique du Sud a connu pire que ça mais il a fallu «VERITE ET RECONCILIATION», nous comptons sur votre bonne volonté.
Réaction de M. KABA Lamine
E-mail: laminekaba10@yahoo.fr
Dakar (Sénégal)
|