France : Journée internationale de la liberté de la Presse Un tableau très sombre de la liberté de la presse en Guinée
04 mai 2005

Ce mardi 03 mai 2005, j'étais sur RFI notamment dans l'émission ''appels sur l'actualité'' de Juan Gomez, pour célébrer la journée internationale de la liberté de la presse .Après avoir évoqué de façon substantielle les conditions dans lesquelles je suis partis de la Guinée en 2001, voici le résumé de mon intervention:
Depuis maintenant quinze ans les professionnels de la communication célèbrent chaque 3 mai , la journée mondiale de la liberté de la presse. L'occasion est donc mise à profit toute cette journée pour faire donc l'état des lieux. L'organisation Reporters Sans Frontières publie dans une brochure, les noms de tous les journalistes tués, persécutés, et emprisonnés dans les différents pays du monde. Une liste des prédateurs de la liberté de la presse est y aussi dressée. Nous profitons pour rappeler que la Guinée du Général Lansana CONTÉ constitue un pays de deuil en matière du respect de la liberté de la presse, tout y est fait pour réduire au silence les journalistes indépendants.
Cette année nous avons constatés avec regret que le 14 février 2005 de Lansana SARR, reporter au quotidien '' HOROYA'' a été brutalisé puis interpellé par la police nationale alors qu'il était venu couvrir une négociation au sujet d'une grêve à l'hôtel "RIVIERA''. Dans la nuit du 16 au 17 février 2005, la police nationale a procédé à l'arrestation de Mohamed Lamine DIALLO alias Ben Pépito, rédacteur en chef de l'hebdomadaire '' LA LANCE'', son crime était d'avoir comparé la situation Togolaise au décès de EYADÉMA, à celle de la république de Guinée.
Le 25 février 2005 un autre journaliste du nom de Sotigui KABA du satirique '' LE LYNX " a été molesté par la police ,obéissant à l'ordre personnel de la soeur du ministre Kader SANGARÉ ; le journaliste enquêtait sur la grêve des chauffeurs d'une société de transport et de terrassement minier.
Mercredi le 27 avril 2005 fut l'une des plus grandes violations flagrante de la liberté de la presse en Guinée, ce fut la saisie, puis le rachat et l'incinération du numéro 2311 de Jeune Afrique L'Intelligent parce que l'hebdomadaire international parlait de '' L'agonie du pouvoir'' de CONTÉ rongé par la maladie.
Nous n'oublions pas aussi la confiscation des dictaphones des journalistes par le ministre de l'administration du territoire Kiridi BANGOURA lors de sa prise de fonction. Il avait dit qu'il allait mettre une commission susceptibles de dénicher tous les cadres qui vont critiqués le Général Président Lansana CONTÉ. Il a fallu que tous les directeurs de la publication de la place lui assène des coups de fil pour qu'il libère les appareils saisis Nous profitons donc pour dénoncer le refus du pouvoir de CONTÉ de libéraliser les ondes en Guinée malgré l'insistance des bailleurs de fonds bi et multilatéraux y compris l'union européenne. En fait le pouvoir pense que libéraliser les ondes équivaut à la fin de son régime parce que qu'il y aura de la contestation et de la multiplicité des pôles d'informations.
Enfin nous lançons un appel pressant à tous les épris de justice et de la liberté de la presse de tout mettre en oeuvre pour obtenir du gouvernement , non seulement la libéralisation des ondes, mais aussi l'exonération de tous les intrants qui entrent dans la fabrication du papier journal. Aujourd'hui, nombreux sont les journaux qui ont du mal à paraître à cause du flambé du prix des intrants et les frais d'impression. A bon entendeur salut.
Aboubacar SAKHO
Depuis les Pays-Bas, directeur de la publication du site de '' L'Observateur''
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