Guinée : Rapport Préliminaire du Consortium 2006 a New York
vendredi 4 août 2006
La situation actuelle de la guinee est si alarmante qu’un changement de regime ne saurait etre suffisant pour amorcer un developement socio-economique et politique durable.
Aujourd’hui, l'Etat guineen se confond a la personne de Lansana Conte et son clan tribaliste.Ceci est due au fait que nos institutions republicaines sont illegitimes. N’ayant aucun mandat souverain du peuple, Nos institutions republicaines sont issues des elections frauduleuses et boycotees par la majorite de l’opposition democratique.
D'autre part, le militantisme politique a toujours privilegie le culte de la personalite. Nous avons sovent voulu avoir confiance a un seul homme pour diriger les destinees de notre pays. Nous nous sommes souvent entretues au nom d'une personne et cela bien
avant l'independance en 1958 pour defendre nos convictions politiques, regionalistes ou ethniques.
Malgre tout ce sacrifice, nous avons ete humilies, appauvris, et assujetis par notre classe dirigeante, et nous sommes toujours a la case de depart.
Le reexamin de notre activisme politique s'impose pour redefinir non seulement nos objectifs politiques mais aussi la strategie qu'il faudrait adopter pour atteindre ces objectifs. Notre militantisme politique ne doit plus etre aveugle ou mute. Au contraire, elle doit etre un contrat de societe avec nos leaders politiques.
Le consortium 2006 de New York est organise a cet effet avec la volonte des participants d'offrir aux guineens une structure politique engagee pour combattre la dictature en guinee et en meme temps apporter une alternative plus credible pour defendre la democratie. Etant conscient du fait qu’une permutation de regimes ou de personnes a la tete de l’Executif ne saurait etre suffisante pour instaurer un Etat de droit en guinee, notre combat privilegie un changement radical de systeme politique.
Nous conviendrons avec le constat general que notre systeme de gouvernement a regime presidentiel, calque de celui de la metropole francaise, est archaique et completement inadapte aux realites geo-politiques et socio-culturelles de la guinee. Cependant, nous refutons l’enthousiasme selon lequel la presidence de la republique doit tourner entre les quatre regions naturelles. La reduction de 47 partis politiques a 3 serait aussi anti-democratique et ne represente la solution aux multiples problemes de bonne gouvernance dont la guinee se trouve confrontee aujourd'hui.
La guinee, comme la pluspart des pays de l'Afrique sub-saharienne, se trouve aujourd'hui prise en otage par son propre systeme de gouvernement institue apres son accession a l'independance. Ayant tous les pouvoirs concentres au niveau du chef de l'Executif, le systeme est depourvu de tout contrepoids et garde fous permettant une balance de pouvoir entre l'Executif, le Legislatif, et le Judiciaire.
Voila les causes fondamentales des dictatures, autocraties et mauvaise gouvernance dans les pays du sub-sahara en general, et en guinee en particulier.
L'idee que le changement doit attendre la fin du regime de Lansana Conte, ou encore doit se faire par l'incitation a la violence, la haine, la rebelion ou par coup d'Etat provenant d'une intervention de l'armee, semble non seulement etre naive, irrealiste, mais aussi irresponsable.
Aujourd’hui l’homme fort de la guinee, Lansana Conte, est non seulement malade mais aussi depourvu de ses capacities mentales acause des differentes maladies qui le secouent depuis des annees. En consequence, autour de lui gravitent des clans tribalistes et affairistes ayant des objectifs differents mais nuisibles a l’epanouissement socio-economique et politique de la guinee. Ce faisant, toutes les decisions politiques et economique du regime de Lansana Conte produisent des effets dont l’impact sur la vie socio-politique et economique de nos populations est catastrophique.
Les differentes reformes engagees par l’ancien premier ministre, Cellou Dalein Diallo, pour redresser l’environment socio-economique et politique de la guinee se sont soldees a l’echec. Cet echec lamentable est due a la lutte acharnee entre les different clans gravitant autour de Lansana Conte pour defendre des interets personnels et machiaveliques .
I. Elaborer une strategie commune de sortie de crise en republique de guinee:
La rencontre de New York le Samedi 29 juillet 2006 a permis aux participants de debattre tous les problemes de la guinee et situer les responsabilites des uns et des autres. A la fin de la rencontre, les participants se sont entendus sur la necessite d’avoir une plateforme commune de combat pour le changement democratique en guinee.
Un large consensus est apparu sur les 4 points suivants :
1. Les participants à la réunion ont proposé à l’unanimité Madame Aïcha Bah Diallo, ex-ministre de l’education nationale et sous directrice générale de l' education à l'UNESCO, comme personnalité consensuelle pour diriger la période de transition prévue par la concertation nationale des forces vives de Guinée tenue au Palais du Peuple les 17, 18, 19 mars 2006. Sa formation, son expérience, son passé et sa neutralité vis-à-vis du jeu politique constituent un atout majeur qui doivent lui permettre d’organiser les premières élections libres et transparentes dans la Guinée indépendante.
2. Les participants à la réunion ont recommandé la mise en place d’un haut conseil de médiation pour la Guinée. Ce haut conseil pourrait être dirigé par un Chef d’Etat d’un pays de la sous région. Des hauts cadres Guinéens et des représentants de l’ONU, de l’Union Africaine et de la Cedeao, de l’Union Européenne, de la France et des Etats Unis pourraient être membres de ce haut conseil de médiation pour la Guinée. En matière de conflits, ne dit on pas il vaut mieux prévenir que guérir ?
3. Les participants à la réunion ont noté que le régime dictatorial de Lansana Conté repose en grande partie sur la division de l’opposition. La division des leaders Peuls est considérée par de nombreux participants comme la principale contrainte qui affaiblit l’opposition démocratique en Guinée. Il a été établi que la tenue d’élections primaires constitue la seule voie démocratique qui devrait permettre de renforcer l’unité de l’opposition, départager les leaders Peuls entre eux et la présentation d’une candidature unique aux élections présidentielles et une liste unique pour les législatives.
4. Les participants à la réunion ont recommandé une sorte d’amnistie pour le Général Lansana Conté, sa famille et certains gouvernants dans l’éventualité où ils acceptaient de rendre le pouvoir.
Les differentes commissions de travail etablies a cet effet ont recommande les points suivants:
1- Changement immediat de regime:
A notre avis, le changement immediat de regime politique et de systeme de gouvernement est bien possible et doit etre une responsabilite de tout un chacun de nous guineens et guineennes. Aucune personne messianique ne tombera du ciel pour nous apporter le changement. Nous devons des maintenant ingenier le changement, independamment de notre ideologie ou conviction politique, jusqu'a l'institution finale des institutions republicaines basees sur des valeurs democratiques.
Loin de minimiser l'importance des autres secteurs de la vie socio-politique de notre pays, Nous pensons que la priorite doit imperativement etre le depart immediat de Lansana Conte et son groupe, l’instauration d’un gouvernement de transition nationale, la revision de la constitution suivie d’elections libres et transparentes.
Pour faciliter le depart immediat de Lansana Conte et accelerer la transition, il sera etabli un haut conseil de médiation pour la Guinée. Ce haut conseil pourrait être dirigé par un Chef d’Etat d’un pays de la sous region, en occurrence ATT ou Olusegun Obasanjo. Des hauts cadres Guinéens et des représentants de l’ONU, de l’Union Africaine et de la Cedeao, de l’Union Européenne, de la France et des Etats Unis pourraient être membres de ce haut conseil de médiation pour la Guinée.
Le haut conseil de la mediation etudierait les possibilites d’accorder une sorte d’amnistie pour le Général Lansana Conté, sa famille et certains gouvernants dans l’éventualité où ils acceptaient de rendre le pouvoir.
2- La constitution d'un gouvernement de transition nationale
A l’etat actuel des choses, la guinee ne peut atteindre ses objectifs de democratisation et de developement socio-economique et politique durable sans la constitution d’un gouvernement de transition nationale devant servir de base pour assoir les piliers de la democratie pluraliste.
Nous insistons sur le fait que ce gouvernement de transition nationale doit etre representative et consensuelle avec la majorite des acteurs issus de la societe civile. Il sera constitue d’un Conseil Transitoire d’Etat, d’une Cour Transitoire d’Etat, et d’un Premier Ministre et Chef de Gouvernement.
Les 100 membres du Conseil Transitoire d’Etat se chargeront d’elire les membres de la Cour Transitoire d’Etat et du Premier Ministre et Chef de Gouvernement. La Cour Transitoire d’Etat sera composee de 10 membres dont un president de la dite cour. Avec l’approbation du Conseil Transitoire d’Etat, le Premier Ministre se chargera de nommer les membres d’un gouvernement de transition et d’union nationale pour une periode de deux ans.
Cette equipe de transition aura la tache lourde de revoir de facon systematique notre constitution pour creer un equilibre entre les differentes institutions de l’Etat egalien. Elle doit aussi nettoyer l’environement economique pour permettre a notre economie nationale de retablir son equilibre macro-economique.
Pour des raisons de rigueur, de neutralite, et de competence, Madame Aïcha Bah Diallo, ex-ministre de l’education nationale et sous directrice generale de l’education a l’UNESCO, pourrait etre une personnalité consensuelle et eventuellement la presidente du Conseil Transitoire d’Etat pour diriger la période de transition. Elle assumera aussi le role de Presidente Interimaire, et Chef des forces armees de la republique.
Les 99 autres membres du Conseil Transitoire d’Etat viendront des differents goupes qui constituent les forces vives de la nation. A la suite d’une concertation serieuse, un pourcentage de participation sera etabli pour chaque groupe membre.
Apres les deux ans de periode transitoire, le President du Conseil Transitoire d’Etat, le Premier Ministre et Chef de Gouvernement ne vont plus assumer ni le poste de President de la Republique ni encore le Poste de Premier Ministre.
3- L'organisation d'elections libres et transparentes
Le gouvernement de transition nationale doit imperativement creer un environement politico-juridique permettant la tenue des elections libres et transparentes au niveau communautaire, legislatif, et presidentiel.
Nous devons aussi reconnaitre que la legitimite de ces elections dependra de plusieurs conditions de transparence qui sont entre autres:
• La constitution d'une Commission Electorale Independante
• La revision effective des listes electorales sur une base participative de tous les partis politiques et de la societe civile;
Ce premier acquis servira de base aux elus de l’institution legislative de proceder a une serie de reformes constitutionnelles permettant a une redefinition radicale de notre systeme politique.
4- La revision systematique de la constitution:
Notre constitution basee sur le systeme presidentiel constitue un obstacle majeur a l’avenement de la democratie en guinee. Un systeme mi-presidentiel et mi-parlementaire semble etre la solution pour repondre a la complexite de la configuration geo-politique de la guinee. Ce systeme de gouvernement doit etre renforce par une grande decentralisation des pouvoirs de l’Etat au niveau des 4 regions naturelles. La representativite de toutes les entites socio-culturelles de la nation doit aussi etre renforcee par des lois reglementaires dans le code electoral.
Les points prioritaires de la revision constitutionelles sont entre autres:
• La reduction du nombre de mandats presidentiels a deux avec une duree de 5 ans par mandate
• La creation du poste de Premier Ministre avec un mandat de chef de gouvernement
• Le choix de nomination au poste de Premier Ministre devant revenir a la majorite absolue d'une coalition de partis representant 70% des voix de l'assemblee nationale
• La reduction des pouvoirs du president de la republique se limitant seulement a la representation de l'Etat a l'exterieur, a la veuille de l'integrite territoriale et a la defense nationale. Le president doit aussi avoir le pouvoir de dissoudre l’assemblee nationale au cas il n y aurait pas de consensus sur le choix d’un Premier Ministre pour une duree de 3 mois
• L'election au suffrage proportinel des gouverneurs de region
• L'institution d'un conseil d'elus locaux au niveau regional
II. La promotion de la democratie participative et inclusive en republique de guinee
La democratie demeure sans doute la seule methode de gouvernement capable de produire la justice, l’equite, et le developement socio-economique et politique durable en guinee.
La promotion de la democratie doit etre la priorite fondamentale pour permettre a la guinee de rompre radicalement avec les methodes du passé.
La democratisation d’une societe etant un processus dynamique et lent, il faudrait absolument la participation resolue de toutes les sensibilites socio-culturelles et politiques de la guinee.
Le processus doit commencer par la liberte d’expression et l’impartialite des medias, la constitution d’une commission electorale independante, la tenue des elections libres et transparentes. Il se consolide a l’aide du renforcement de l’independence et l’impartialite des autorites judiciaires, la decentralisation des autorites de l’Etat au niveau regional, la protection des droits des femmes, des enfants, et des entites minoritaires, la protection des institutions sociales du marriage et du divorce.
III. La lutte contre l'ethnocentrisme et l'exclusion en republique de guinee
L’experience des deux regimes qui se sont succedes depuis l’independence de la guinee en 1958 nous a prouve a suffisance que l’ethnocentrisme et l’exclusion sont sans doute les obstacles majeurs au development harmonieux de la guinee.
Les deux dictatures qui se sont succedees depuis 1958 ont non seulement accentue les clivages ethniques et regionales mais aussi se sont servis des tensions ethniques pour se maintenir au pouvoir.
La lutte contre l’ethnocentrisme et la marginalisation doit etre institutionaliser sous forme de commission parlementaire ayant le mandat et l’autorite d’examiner les violations des droits des minorities et des femmes, au sein de toutes les institutions publiques et privees de la republique.
Cette commission se chargera de proposer au parlement des lois anti-discriminatoires severes contre toute entite socio-culturelle de la guinee. Elle aura aussi le mandat de promouvoir l’emancipation des couches defavorisees.
IV. Conclusion:
Ce document etant un rapport preliminaire du “Consortium 2006 a New York”, un document final et plus detaille sera publie ulterieurement. Le document final sera aussi distribue aux differentes entites nationales et internationales ayant de droit.
Il a ete constitue une commission de travail et un clandrier de suivie.
Une autre rencontre est prevue a New York dans les semaines a venir.
Un communiqué sera publie a cet effet.
Le Comite d’Organisation
Alpha Diallo, Tennessee, USA
Email: adiall01@yahoo.com
Tel: 901-3878621
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com
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