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Guinée : Interview de Monsieur Madikaba Camara, Ministre d’état chargé du développement économique, Ministre de l’économie et des finances

 jeudi 3 août 2006   

Monsieur le Ministre depuis quelques années, on note une nette amélioration du dialogue entre la Guinée et la Banque mondiale. Après trois années de rupture du programme guinéen avec les institutions de Bretton Woods, comment appréciez-vous le niveau actuel de la coopération entre votre pays et la Banque ?

Je voudrais tout d’abord me réjouir de cette initiative prise par le bureau de la Banque Mondiale - Guinée de mettre en place ce magazine. Il permettra j’en suis sûr, d’informer le public guinéen et étranger sur la conduite de notre politique économique et financière et la mise en œuvre des projets et programmes dans lesquels la Guinée bénéficie de l’appui de la Banque mondiale.
Pour revenir à votre question relative au niveau actuel de la coopération entre notre pays et la Banque, je voudrais d’abord rappeler que nos relations ont toujours été bonnes. Il faut noter que malgré la rupture du programme guinéen, la Banque a toujours accompagné le gouvernement dans les domaines de l’assistance technique, conseils et le financement des projets et programmes vitaux de notre pays.

À ce jour pouvez-vous faire le point de la situation des négociations avec les principaux bailleurs de fonds de la Guinée ? Notamment avec le Fonds monétaire international ?

Je peux vous dire qu’un accord de principe a été obtenu avec la mission du FMI qui avait séjourné en Guinée du 23 février au 10 mars 2006, pour donner à la Guinée un programme formel appuyé par la FRPC (Facilité pour la réduction de la pauvreté et de la croissance). Ce programme couvrira la période avril 2006-mars 2009. Le premier arrangement annuel au titre dudit programme pourrait démarrer en avril 2006 et s'achever en mars 2007. La mise en œuvre satisfaisante du programme permettra à notre pays d'atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE en décembre 2006. Si tel était le cas, la Guinée bénéficiera de l'annulation d'une part importante de l'encours de sa dette extérieure pour environ 800,0 millions de dollars EU.

Concernant le programme, il est important de souligner qu’un cadre macroéconomique a été convenu avec le FMI. Les objectifs fondamentaux de ce cadrage étant de réaliser un taux de croissance du PIB en termes réels de 5,0% en 2006, 5,4% en 2007, 5,9% en 2008 et 5,1% en 2009; de limiter le taux d'inflation à 24,3% en 2006, à 9,4% en 2007, à 6,0% en 2008 et 5,0% en 2009 et de reconstituer les réserves de change de la Banque centrale à hauteur de 1,6 mois d'importations en 2006, à 2 mois en 2007, à 2,5 mois en 2008 et 2,7 mois en 2009.

Les préalables à la conclusion de cet arrangement annuel sont :

i) le respect de tous les repères du SMP à fin mars 2006 ;
ii) l'adoption d'un budget de l'État pour 2006 conforme au cadrage économique proposé ;
iii) l'adoption d'un mécanisme d'ajustement automatique des prix intérieurs des produits pétroliers assorti d'un remboursement des créances des compagnies pétrolières sur l'État sur une période de trois ans ;
iv) la publication journalière du taux de change de référence ;
v) l’audit des avoirs extérieurs de la BCRG ;
vi) la mise en place des comités de trésorerie et de liquidité.

Quelles sont les mesures prises par le Gouvernement pour l’amélioration de la situation macroéconomique du pays ?

Je commencerai, par vous dire qu’après la dégradation du cadre macro-économique entre les années 2003 et 2004, le Gouvernement a été amené à concevoir et à mettre en œuvre un programme d’urgence dont les résultats jugés satisfaisants à la fin du premier trimestre de l’année 2005 ont conduit à la conclusion d’un programme de référence suivi par les services du FMI, couvrant la période avril 2005 – mars 2006.
Ce programme d’urgence s’articulait autour des mesures ci-après :

- la mise en place d’un budget de rigueur accompagné par une politique monétaire restrictive qui s’est traduite par une limitation du taux de déficit budgétaire et du niveau de la masse monétaire ;
- la poursuite des réformes dans le secteur des entreprises publiques : eau, électricité, télécommunications dont les faiblesses techniques et de gestion continuent d’être des contraintes majeures pour l’économie nationale ;
- le renforcement de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption par la mise en œuvre de mesures structurelles touchant la gestion des dépenses publiques, l’administration de la justice, la moralisation des activités économiques et financières qui de toute évidence, doivent passer par le développement des capacités institutionnelles et humaines des structures chargées du contrôle et de l’audit ;
- le développement des infrastructures économiques et sociales nécessaires à l’amélioration de l’environnement des affaires dont dépend l’émergence d’un secteur privé dynamique.

Il convient de préciser que toutes ces mesures ont été mises en oeuvre dans un contexte économique difficile et un climat politique sous-régional, certes apaisé, mais encore incertain, notamment en Côte d’Ivoire.

Au regard de ces résultats pensez-vous aboutir à la conclusion du programme formel négocié avec le FMI d’ici à la fin de l’année 2006 ?

Sans nul doute, je vous dirai oui. En effet, c’est au vu des résultats très satisfaisants de la mise en œuvre par le Gouvernement des mesures de politiques budgétaire, monétaire et structurelles, que les services du FMI et de la Banque mondiale ont entamé et finalisé les discussions avec nous sur un programme formel appuyé par la FRPC. Il prévu si tout se passe bien, que le dossier de notre pays soit examiné par le Conseil d’administration du FMI avant la fin de l’année 2006. Bien entendu, son examen par le Conseil d’administration est subordonné à la mise en œuvre par le gouvernement des mesures préalables que j’ai évoquées plus haut et qui sont en cours de réalisation.

Monsieur le Ministre, si le programme est acquis qu’est-ce que vous attendez de la Banque mondiale et des autres partenaires au développement ?

Après le passage de notre dossier au conseil d’administration du FMI, notre pays attend de la communauté des bailleurs de fonds des appuis non seulement financiers mais aussi techniques. Il s’agit :

• d’aides budgétaires prévisibles et décaissables à temps, y compris au titre de l’allègement de la dette extérieure dans le cadre de l’initiative PPTE ;
• d’une assistance à la Guinée pour améliorer sa capacité d’absorption des nouveaux flux financiers à travers le renforcement des capacités humaines et institutionnelles ;
• de la poursuite du financement des projets et programmes en cours et l’appui dans l’identification et le montage de nouveaux projets susceptibles de réduire la pauvreté ; et
• d’une assistance à la Guinée en vue d’améliorer la coordination des interventions des différents partenaires au développement. A cet égard, il s’avère indispensable de s’assurer de la cohérence entre les politiques sectorielles, le DSRP et les OMD qui constituent le cadre de nos différentes interventions.

À ces aides budgétaires et autres assistances, le Gouvernement guinéen attend de la Banque mondiale, le financement de certains projets notamment dans le secteur de l’électricité, des pistes rurales. Il faut dire aussi, que le gouvernement souhaite vivement la relance du programme de renforcement des capacités institutionnelles (PRCI) qui a fait l’objet d’un audit. Il important de rappeler que le PRCI et le Programme d’appui aux communautés villageoises (PACV) constituent les instruments clés de la mise en œuvre de notre stratégie de réduction de la pauvreté.
Enfin, je n’insisterai pas assez pour dire que plus jamais la Guinée n’a besoin de ses partenaires pour la relance de la dynamique de croissance économique indispensable pour la réduction de la pauvreté.

Envisagez-vous rencontrer les créanciers du club de Paris ?

Bien sûr, nous comptons rencontrer les créanciers membres du club de Paris (CDP) dès le passage de notre dossier au Conseil d’administration du FMI. Dans le cadre de ces prochaines négociations, nous avons envoyé des courriers à tous les créanciers du CDP, hors CDP et les créanciers multilatéraux pour une réconciliation des données avec les services de mon département. Naturellement, au moment venu, nous allons prendre contact avec les responsables du secrétariat du club de Paris pour échanger avec eux sur les mécanismes et traitements de la dette avec les différents créanciers du CDP dans le cadre du point d’achèvement.

La Guinée a-t-elle pris ou est-elle en train de prendre des mesures pour une flexibilité des prix des produits pétroliers ?

Je voudrais indiquer que la stabilisation des prix des produits pétroliers est un système qui a été arrêté depuis le 31 mars 2006. Elle constituait à prélever sur la TSPP tous les écarts de prix entre les prix fixés par le gouvernement et ceux découlant de la structure des prix des produits pétroliers qui prend en charge les coûts réels à l’importation, au stockage et à la distribution.

A compter du 1er avril 2006 il a été mis en place un système de flexibilité des prix à la pompe qui consiste dans son principe à ce que les prix à la pompe ne varient pas tant que la variation des prix sur le marché international se trouve dans les limites de + ou - 4%. Dès que la variation des prix sur la marché international dépasse ces limites, les prix à la pompe sont revus conséquemment. Ainsi, ce système garantit les revenus de l’État (TSPP et autres droits) et les marges des distributeurs.
Ce qui est important de dire, c’est que dans l’application de cette flexibilité, le Gouvernement a pris des mesures relatives à la fixation des prix officiels à la pompe sans que cela ne nécessite un arrêté du Ministre du commerce. Ainsi, les prix de vente des produits pétroliers aux consommateurs pour tous les régimes douaniers et sur toute l’étendue du territoire national est établi par le comité paritaire de suivi du secteur pétrolier.

Le pays a connu deux grèves largement suivies il y a quelques semaines avec une forte pression pour l’augmentation des salaires des travailleurs des secteurs public et privé. Quelle sera l’incidence de cette nouvelle demande sociale sur la loi des finances 2006 et quel impact sur le programme formel avec le couple FMI-BM ?

Le projet de loi de finances 2006 que nous avions déposé à l’Assemblée nationale courant janvier 2006 et avant le déclenchement de la première grève, prévoyait des traitements et salaires pour 400,42 milliards de GNF. Les revendications des syndicats portaient sur quatre points dont celui relatif au soutien du pouvoir d’achat des travailleurs qui a constitué l’élément essentiel de la négociation. À ce titre, de l’augmentation de la valeur du point d’indice des travailleurs de la fonction publique de 210 à 240, la réduction de 10% de la RTS pour l’ensemble des travailleurs de secteurs publique et privé et enfin, l’application intégrale des dispositions du protocole d’accord avec l’Éducation (déblocage des primes, prise en charge des admis aux différents concours et migration des contractuels vers le FGA).

Au terme d’âpres négociations entre le Gouvernement, le Patronat et l’Inter-centrale syndicale, on a abouti à la signature, le 3 mars 2006, d’un protocole d’accord.

La prise en compte des dispositions contenues dans le protocole d’accord a fait passer les traitements et salaires de 400,42 à 410,00 milliards.

L’impact immédiat de la grève a été une réduction des prévisions de la RTS pour 3,18 milliards et une augmentation des traitements et salaires pour 9,58 milliards soit au total 12,76 milliards.

S’agissant de la deuxième grève les négociations ont portées sur quatre [4) points ci-après : des salaires et accessoires de salaires, du soutient au pouvoir d’achat des travailleurs, des conditions spécifiques de l’enseignant, et du relèvement de l’âge de la retraite.
Les négociations entre les trois parties ont abouti à la signature d’un protocole d’accord le 16 Juin 2006.

Les premières estimations de l’impact financier du dernier protocole d’accord s’élèvent à 27,0 milliards de francs guinéens pour les traitements et salaires. À cela il faut ajouter d’autres charges directes ou indirectes, je veux parler de l’indemnisation des différentes victimes d’actes de vandalisme et de pillage dont les évaluations sont en cours avec les services spécialistes.

Face à ces nouvelles contraintes, une loi de finances rectificative est en cours d’élaboration. Ce projet de loi qui vise à maintenir les objectifs macroéconomiques du programme déjà négocié, fera l’objet de discussion avec les partenaires avant d’être soumis à l’Assemblée nationale.

Quels sont les défis auxquels le pays est confronté ?

Malgré les efforts fournis par le gouvernement dans la mise en œuvre de sa stratégie de développement axée sur la croissance et la réduction de la pauvreté, force est de reconnaître que des défis importants nous interpelle. Il s’agit :

1. de la lutte contre l’inflation ;
2. de la réduction du chômage surtout des couches vulnérables (jeunes et femmes en âge actif) dû au ralentissement de la croissance et de la faiblesse des investissements privés ;
3. de la protection de l’environnement ;
4. de la lutte contre le VIH/SIDA et le paludisme ;
5. du développement des services socioéconomiques de base que sont l’eau, électricité le transport et les télécommunications ;
6. du renforcement de la qualité et l’accessibilité des services sociaux de base : éducation, santé, et eau potable ;
7. du problème de sécurité notamment au niveau de nos frontières ;
8. de la lutte contre la corruption ; et
9. de la coordination de l’aide extérieure.

Tous ces défis sont au cœur des programmes et actions du gouvernement dans le cadre de sa stratégie de réduction de la pauvreté.

Pour terminer, je voudrai insister sur les efforts fournis par le gouvernement et les sacrifices immenses consentis par nos populations au cours des 3 dernières années sans appuis conséquents des partenaires. En guise de soutient et d’encouragement, ces populations méritent davantage de la solidarité de la communauté financière internationale.

Je vous remercie Monsieur le Ministre d’état

C’est à moi de vous remercier.

SOURCE : Le Bulletin d'Information de la Banque Mondiale


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